SYMPTOMES. — TRAITEMENT
On soutiendra les forces avec le thé de bœuf, k cognac, les œufs môles au bouillon, et les
stimulants qui peuvent plaire au malade et convenir à sa situation.
ADÉNITE OU LYMPHADÉNITE
Après avoir étudié les maladies inflammatoites des vaisseaux lymphatiques, nous arrivons naturellement à l'étude des maladies analogies des ganglions lymphatiques. Quoique ceux-ci poissent être alTectés isolément, le fait le plus hakntnel est Tinflammation simultané^ des gan- ^ns et des vaisseaux.
Causes.
Tonte irritation peut produire une adénite; lue légère contusion du ganglion lui-même, i'uD doigt ou d'un orteil ; une piqûre du doigt, ilors même que l'instrument piquant est propte, peoTent conduire au gonflement des gan- ^ns, et la fièvre est en rapport avec la violence le rinflammation (1). Dans tous les cas d'adédte, il y a une tendance à la suppuration. En mminant un ganglion prêt à suppurer, on peut découvrir ou bien un ramollissement de la pifaii^hérie de la glande, ou un ramollissement ^foèial de tout le ganglion, ce qui indique la présence de pus au centre de la glande, cas le pins Mqaent. Tout le ganglion, avec sa structure ■éticolaire, se trouve obturé par le pus, et la cirddatiDn est arrêtée.
De là nous pouvons conclure qu'un ganglion Jbmé par cet obstacle mécanique ou qui a, anlènenrement, été obturé de la même façon, =)iot devenir un obstacle au passage de produits IMfiqaes on nuisibles. Lorsqu'une série ou un de ganglions se trouvent affectés de la les parties situées au-delà deviendront Iment œdémateuses, d'une façon permaon passagère. G*est ainsi que nous voyons ^ MMEvent l'œdème du membre inférieur succéder
(1) La lymphadénite accompagne régulièrement ka inflammations ; cela est dû à la propriété ivréter que possèdent les ganglions. Dans le réti- 9âua eeonral des ganglions, les portions solides de kljmphe séjournent, apportées là par les vaisseaux ■ilsdes. Ainsi les matières employées pour le ta- **Mge ont été retrouvées dans les ganglions (Virmm). Par là on peut comprendre comment les celliles de pus ou les bactéries peuvent rester dans le pAglioo. One stase en est le résultat, puis la lym- |be se coagule. C'est alors que Tinduration caractétÎKiqae se produit.
Eacyd. de chirurgie.
à l'adénite des ganglions de l'aine. Alors même qu'il n'y a pas eu de suppuration, les ganglions peuvent rester engorgés, et, suivant la santé générale de la personne, cet état peut contribuer à produire un œdème chronique de la jambe ou de la cuisse. J'ai observé récemment un cas de ce genre; un bubon syphilitique, remontant à plusieurs années, avait laissé les ganglions de l'aine dans l'état dont j'ai parlé, sorte d'induration chronique, et la jambe s'œdématiait facilement.
Symptômes.
Dans l'adénite simple ou l'adénite due à l'introduction de matières septiques, les symptômes sont les mêmes et ne diffèrent que par l'intensité. Dans la période aiguë, il y a du gonflement et de la douleur; des élancements exagérés par les mouvements existent en même temps qu'une fièvre dont l'intensité varie avec la nature de la cause et la nature du terrain sur lequel elle agit. Le tissu cellulaire voisin s'enflamme à son tour et la peau devient rouge et luisante. La résolution peut se faire, mais elle est rare dans ces conditions. L'abcès s'ouvre ou est incisé et, dans la plupart des cas, la guérison est obtenue. Mais parfois la suppuration devient chronique, la peau^st décollée, le pus se fait jour dans le tissu cellulaire et arrive aux ganglions voisins ; la cicatrisation devient très difficile et parfois la tendance à la guérison est nulle. Le bubon syphilitique à été déjà étudié (1).
Dans l'adénite simple, la première chose est d'obtenir un repos absolu; s'il y a lieu, on applique des sangsues sur. la région enflammée et on fait usage de fomentations chaudes ou de cataplasmes. S'il y a suppuration, on ouvre largement. Quelques auteurs vantent beaucoup les lotions antisepfiques faites de bonne heure. Après l'évacuation complète du pus, la plaie sera pansée avec la glycérine phéniquée (1 -8), et en- Ci) Voy. mX\c\e Syphilis in Enq^clopédie de chirurgie ^ vol. I, p. 635.
EDWARD BELLAMY. — VAISSEAUX ET GANGLIONS LYMPHATIQUES
suite, lorsque la suppuration a disparu, avec riodoforme (i partie pour 8 d'axonge); un spica exerçant une légère compression hâtera la guérison (Bradiey). Hueter parle avec éloges de rinjecLion, faite dès le début et dans le parenchyme même de la glande, d'une solution d'acide phénique (3 pour 100); je n*ai pas d'expérience personnelle à ce sujet. Dans certains cas, la peau est décollée et la tendance vers la guérison est presque nulle ; il faut fendre largement la peau ; et employer les caustiques et la méthode antiseptique qui hâteront la guérison des fistules et des foyers de suppuration. Il est souvent utile de gratter avec la cuillère de Volkman la membrane granuleuse qui tapisse les parois de l'abcès, et si la surface suppurante est vaste, on peut transplanter l'épiderme suivant la méthode de Reverdin (1). L'auteur s'est servi avec avantage de la térébenthine dans les bubons del'oiiio.
Dans les circonstances où la compression, les injeciions irritantes, etc., ont échoué, quelle conduite doit tenir le chirurgien ? Boyer (2) résume l'état de la science sur ce point de thérapeutique chirurgicale. Aujourd'hui encore, comme au temps de Boyer, l'indication consiste à inciser la portion de peau qui forme l'une des parois de la fistule, et à faire suivre Fincision de Yexcision si la peau est trop désorganisée.
Il se produit ensuite une cicatrice par seconde intention, cicatrice lente à s'eff'ectuer, désagréable avoir. Les traités les plus récents n'indiquent pas d'agents thérapeutiques plus parfaits (3).
Rendre la guérison plus rapide, la cicatrice plus petite et môme linéaire, voilà le but que M. le D' Legros (4) s'est proposé d'atteindre. Eh rapprochant par la suture les lèvres de la solution de continuité, il comble la perte de substance par une sorte d'autoplastie, et sa suture, en exerçant une certaine pression sur les téguments, offre un double avantage: {° maintenir en contact les lèvres de la plaie ; 2° exercer une compression limitée qui favorise le recollement avec les parties sous-jacentes.
M. le D^ Legros ne croit pas que des tentatives aient été faites déjà pour appliquer l'auto-
(1) Voy. Greffe cutanée^ in Encyclopédie de chir., t. II, p. 499.
(2) Boyer, Traité des maladies chirurgicales, 5« édit., t. II, p. 849.
(S) Voy. FolUn, Traité de pathologie externe, t. I, p. 135.
(4) Legros, Du traitement des adénites (Mém. de l'Académie de médecine, t. XXVII, p. 29e).
plastie et la réunion immédiate aux cas dont il est question. Quoi qu'il en soit, nous allons ftire connaître le procédé que M. Legros a cru devoir exécuter.
Obs. I. — M. C... B..., 23 ans, blond, lymplutique, contracte une uréthrite en Juin 1862. Un traitement approprié modère Técoulement ; en Juillet et août il n'y a qu'un suintement nréthral; mais en septembre les fatigues de la chasse déterminent une adénite inguinale, qui est traitée d*une mafiière ntionnelle.
Néanmoins, la suppuration ne peut être évitée; à la fin d'octobre, on pratique Touverture de raboèi ganglionnaire, à la partie la plus déclive, avec li lancette. L'ouverture reste fistuleuse ; les tégomesti prennent une mauvaise teinte violacée qui remonte Jusqu'à l'extrémité supérieure du pli inguinal. On essaye inutilement la compression, les injections, les frictions^ etc. Je suis consulté au commencement de décembre, et Je constate une adénite sappvrée suvie de décollement des téguments, dans presque toute l'étendue du pli inguinal. Je fais uns comlreouverture avec la lancette, à li partie supérlmrs, H Je donne issue, par cette ponction suivie de oompreision, à deux petites cuillerées de pus sanguinoleat; puis j'introduis un tube *à drainage de ciouichooc, selon la méthode de Chassaignac, par cette ouverture nouvelle et par l'ouverture ancienne que fagnodii un peu ; je réunis les extrémités de Tanse de esoil' chouc avec un fil. à la partie moyenne du -pU de l'aine. Le malade nettoyait chaque Jour rintériesrdi tube comme je lui avais appris à le faire.
Il est certain que le drainage a diminué de mM le trajet flstuleux. Je le supprime, peut«4tre trop promptement, au bout de huit jours, pensant ^ne le recollement complet serait obtenu au moyen dos injections alternatives de vin aromatique et de teistore d'iode, aidées de la compression. Ces efTorts soni continués inTructueusement pendant trois senaiiiei. Le malade perd alors cette perspective de goériioB que le drainage lui avait fait un instant entrevoir; U tombe dans le découragement et dans cette propeo* sion au suicide que font naître parfois les affectieni des organes génitaux ou de leur voisinage.
Confident de ses tristes pensées. Je dus recourir au moyen le plus efficace pour déterminer noo prompte cicatrisation. Je proposai Tindsion de le poche purulente et Texcision des lambeaux aoiiodi et décollés, dans le but de transformer en uns plù* simple ce foyer de mauvaise etintarissablesuppnratiio* J'opère à la fin de décembre de la manière suivante.*
J'introduis une sonde cannelée par les deux otW" turcs, et je me sers de cette sonde comme do cisducteur pour le bistouri. Après l'incision, J'eiciioflS haut et en bas les lambeaux amincis et décollés, diis rétendue de quatre centimètres en longueur, ^ d'un centimètre en largeur; je badigeonne la l'^'^ de substance avec le vin aromatique, puis Je résv* les deux lèvres de cette plaie au moyen du mododi* suture que je vais décrire et qui me semble résU*^
TRAITEMENT
toates les conditions requises pour une réunion immédiate.
Soit A B la plaie inguinale (flg. 835). J'introduis à distance des bords de la plaie, parallèlement à celleci, et à aa partie médiane, deux épingles d'entomologiste, C et D ; j'opère cette introduction de manière à raser autant que possible la surfate dermique de
It peso et à ménager ainsi la sensibilité de cette nembnne, en faisant décrire aux épingles une sorte d'arc foos-épidermique (1). La figure 835 donne une idée ôm la longueur de cet arc. On voit sortir les épingle» en G' et en D'. ^obtiens ainsi deux excellents points d'appui pour un fil ciré double et graissé doot Je Cals passer le plein bous les extrémités D et V de répiogle inférieure ; Je croise les obefs au mi- Bra de la plaie, Je les ramène sous les extrémités C •1 Gf de l'épingle supérieure ; et Je fais un simple ÉOKid en rosette N, sur la peau, entre les extrémités ie celle dernière épingle.
Le il est graissé, on se le rappelle, pour que le niied soit plus facilement serré ou desserré selon les indieations qui se présentent.
Ob remarquera que ce mode de suture offre les SEfanlages suivants : !<> peu de douleur pour ie malade; 2* pas d^irritation des lèvres dç la plaie, puisfM les épingles passent à distance de celle-ci; 3* pas ieieclion possible des bords de la solution de conti- Milé; facilité de serrer ou desserrer, sans faire neffiir le malade, sans toucher la plaie; 5° possibiitf de Toir la plaie dans toute son étendue.
Km bout de trois Jours, la plaie de notre malade était réunie; les épingles n'avaient produit qu'une Ugèie irritation aux points d'entrée et de sortie *, Je ks enlerai le quatrième Jour et Je les remplaçai par des bandelettes de collodion. Le malade garda le repos, dans la position demi-fléchie, et au bout de (|stiq[iies Jours la guérison était complète. La cicatriee est linéaire.
Le second cas dans lequel le D' Legros a emploie la réunion immédiate, au moyen de la nlnre, après Texcision de lambeaux altérés, se ' npporte à Tobservation suiVante :
(1) Pal reconnu plus tard la nécessité d'enfoncer tt peu plus les épingles pour obtenir l'affrontement ■Cl des lèrres d'une plaie qui intéresse une ceriIm épiiwear éee tissus.
Obs. II. — Les bords étaient durs, comme enroulés, et Je les excisai. Après l'excision^ J'avais une plaie de forme losangique, d'une étendue de deux centimètres en longueur et d'un centimètre en largeur à la partie médiane du losange. — Cette plaie fut imbibée de teinture de myrrhe.
Le succès obtenu dans le fait qui précède m'a encouragé à renouveler ma tentative de réunion par suture. J'ai donc pratiqué un point de suture conforme aux règles générales do synthèse chirurgicale que J'ai observées dans le cas relaté plus haut, mais un peu différente dans l'application. Au lieu d'épingles. Je me suis servi de ces fils d'argent très fins que les Américains ont mis en honneur, et Je les ai introduits parallèlement à la plaie^ au moyen de Taiguilie de Simpson. Je m'explique.
Soit AB la plaie losangique résultant de Texcision (fig. 836).
J'introduis l'aiguille de Simpson sous les téguments tendus au point d'immersion I, et Je la fais sortir au
point d'émersion E; elle décrit une sorte d'arc le long de la lèvre supérieure et à distance de cette lèvre. Cette aiguille de Simpson, armée du fil métallique, livre passage aux deux chefs C et C qui me serviront de points de traction, et de moyens de contention, quand J'aurai fait la même manœuvre de l'autre côté de la plaie et dans une position correspondante. Effectivement, après l'introduction d'un nouveau fil avec l'aiguille de Simpson, J'obtiens deux nouveaux chefs IK et E'K'.
Cette manœuvre constitue le premier temps du point de suture : temps d'introduction des fils.
Le second temps comprend Vaffrontement de la plaie et la torsion des fils, A cet effet, un aide tient les lèvres de la plaie en contact, et retient en même temps les deux chefs opposés IC et l'K ; cependant le chirurgien réunit les autres chefs EC et E'K' en exerçant une traction modérée ; quand la plaie est suffisamment affrontée, les fils sont tordus au point P.
Je. réunis de même les autres chefs que l'aide a
EDWARD BELLAMY. — VAISSEAUX ET GANGLIONS LYMPHATIQUES
[iO
maintenuB jasqu^alors ; Je les tords au point p', et la sntare est terminée. La figure 837 montre le résultat de ce mode de réunion, après le second temps. AB, plaie réunie; EE', fil contentif passant sur la plaie, et formé de la réunion des deux chefs E G et E' K' tordus au point p ; II', autre fil contentif formé de la réunion des deux autres chefs opposés tordus au
Fig. 837.
point p\ On remarquera qu^un point de suture effectué par ce nouveau mode équivaut à deux poinU de la suture entrecoupée ordinaire, et n'a pas les inconvénients des anciennes sutures, tels que la présence d'un corps étranger dans la plaie, etc.
Des compresses d'eau fraîche ont été fréquemment renouvelées le premier Jour sur la plaie ; puis celleci a été pansée deux fois par jour avec un morceau d'amadou enduit de glycérine. Le repos au lit, la cuisse demi-fléchie, a été observé. Le cinquième Jour au soir, les fils sont retirés; Je recouvre la plaie de bandelettes collodionnées, et Je permets quelques mouvements. Toutefois, le malade ne s'est levé qne le douzième Jour, quand la cicatrice m'a paru assez résistante, et J'ai continué l'emploi du collodion. Aujourd'hui la cicatrice est linéaire.
M. Legros est loin de promettre que la réunion immédiate réussira dans tous les cas, comme dans les deux observations que nous venons de mentionner. Cependant les tentatives dans ce sens ne peuvent que servir les intérêts du mh lade et de la science. Le malade, en cas d'insuccès de la suture, ne perdra rien : la brèche qui restera n'aura point d'aussi grandes dimensions que la plaie primitive ; par conséquent elle sera plus promptement comblée. En cas de sa^ ces le malade gagnerait une cicatrice linéaire, régulière, rapidement établie, au lieu des cicatrices longues à s'accomplir, hideuses à voir, qui résultent de la méthode généralcmeot adoptée.
Quant à la science chirurgicale, elle devrait élargir le cercle des applications de la réunioD immédiate, au lieu de la restreindre. En s'élevant contre Vabus des sutures^ au milieu du siècle dernier, Pibrac et l'Académie royale de chirurgie dépassèrent singulièrement le but, et commencèrent une réaction déplorable dont les conséquences se font encore sentir.
Le meilleur traitement de l'infiltration ctséeuse des* ganglions est leur extirpation totale. Dans les cas d'induration chronique de ganglions restant douloureux, l'injection de quelques gouttes de teinture d'iode, à l'aide d une seringue de Pravaz, amènera souvent la disparition du ganglion ; un bandage compressif bien appliqué a aussi donné de bons résultats.