‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 161 sur 452 · PLAIES DES ARTÈRES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS · texte numérisé non relu

PLAIES DES ARTÈRES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS

konebt reitrémité aigaS d*ane ombrelle. La pointe alla pmsqne jusqu'à trayeraer la peau du côté gauéhe du eoo. n sa produisit tout d*im coup une hémorriiigie considérable qui repamt le soir. Vers le sepllAflM on le huitième Jour une eschare sortit par la tsoche, suivie d'une hémorrhagie de cinq onces de fiog; elle Tut arrêtée par la compression faite exté- Hearement; Tenfant fut transporté à Thôpital Saint- Georges. On trouTa au-dessous de Toreillo gauche une tuméfaction du Tolume de la moitié d*an œuf de poule ; la peau tout autour était ecchymosée Jusqu'à une certaine distance. Cette tuméfaction éuit fluctuante à son sommet ; on l'oufrit, il s'en échappa du pus mêlé à du sang caillé, mais il ne s'ensuiTit pas d*héaiorrhagie. Deux Jours après un jet de sang artériel suiTÎt un accès de toux; la carotide primitive fut aussitôt liée par Johnson. Les deux plaies ne tardèrent pas à se cicatriser, et le garçon guérit (1).

Dan» Texemple suivant la carotide interne fut blessée par la pointe d*un couteau; Thémorriiagîe fut arrêtée par la compression digitale, jnsqu'aii moment où le vaisseau put être lié de diaque c6té de la plaie ; le blessé guérit :

Le 31 Juillet 1869, un meunier fut blessé au cou, à l'angle de la mâchoire inférieure, par la lame d'un krge couteau de poche, qui pénétra à plusieurs pouces ie profondeur et ouvrit la carotide interne. Alarmé par rhémorrbagie artérielle, le D*" Denning, chez qui ràeddent éuit arrivé, saisit immédiatement l'homme au eou et comprima les carotides. Le D' Lee, qui par hasard éuit dans le voisinage, mit à nu l'artère, Innva l'orifice saignant et appliqua une ligature sur Isbont cardiaque.

Le blessé, qui avait eu une syncope, revint à lui, ■ais il se produisit de nouveau une hémorrhagie grive, le sang venant de la carotide et des vertébrales lacM opposé par le cercle de Willis. Une ligature ki placée sur le bout périphérique de l'artère, et Moiorrhagie par régurgiution cessa. Le blessé était lu» pouls, et la mort semblait imminente ; mais grâce à une stimulation prompte et énergique au moyen de «Msky et d'ammoniaque, la circulation se réublit Ueotôt, U respiration redevint régulière et profonde, et quhue mhiutes après l'opération, la parolo revint. Le blessé garda le lit cinq semaines, mais finit par gaèrir; neuf ans après il vivait encore et menait une tieietive (2).

Cette observation donne le meilleur traitement à suivre pour sauver les blessés qui ont aoe plaie d'arlère par instrument piquant ; il liQt découvrir Tartère au point atteint en élargissant la plaie, ou en faisant de nouvelles incitons, selon le cas, puis appliquer deux ligatu-

(l) Holmes Syst. of surgery, vol. Il, p. 457. (î) American journal ofthe med. sciences, January, iSî9, pp. 142, lU.

res sur l'artère, une sur chaque bout. Cette observation montre pourquoi les plaies d'artères, dans lesquelles on se contente de lier le bout cardiaque, peuvent déterminer, et ont assez squvent déterminé la mort par un retour de rhémorrhagie, le sang revenant par régurgitation dans le bout périphérique.

Enfin cette observation a une importance historique ; c'est la première fois qu'on a lié les deux bouts de la carotide interne pour une hémorrhagie traumatique.

Le cas suivant a été observé sur un soldat pendant la guerre de Sécession. Il reçut un coup de baîonnetU dans la fesse droite à Milwaukee, le 18 mars 1864; le 12 juillet il rentra au corps. Le 29 avril il entra à l'hôpital de l'Université à la Nouvelle-Orléans, et reçut son congé le 19 septembre. Il entra à Thôpiul maritime de Chicago le 30 septembre et mourut le 11 octobre. 11 avait perdu au moment de la blessure quinze onces de sang. On le sonda pendant quatre Jours; l'urine était très sanguinolente. Il se produisit immédiatement un gonflement considérable de la fosse iliaque et de la fesse droite. Il fut renvoyé à son régiment dans l'Arkansas au bout de deux mois, pouvant à peine marclier à l'aide d'une canne. Il ressentait comme des coups do marteau dans la tumeur, qui éuit pulsatilo. Des topiques no procurèrent aucune amélioration. A ThôpiUl de Chicago il éprouvait de grandes douleurs dans la tumeur et l'extrémité inférieure droite. Il présentait tous les symptômes d'une anémie profonde due à des pertes de sang considérables. La tumeur éuit rouge et luisante, et s'étendait depuis la crête iliaque droite Jusqu'au pli fessier. La cicatrice du coup de baïonnette était presque au centre, et à côté de cette cicatrice on voyait la trace d'une ponction exploratrice faite par un chirurgien sur le bateau de transport. Le trou de la ponction avait pris la dimension d'un demi-dollar et éuit rempli de caillou ; c'est par cette plaie que le 2 octobre il sortit du sang artériel. La sensibilité du membre était obtuse, et il y avait de la dysurie. On percevait à l'ausculution un bruit de souffle. Le 2 octobre on eut recoure à une injection de percblorure de fer, qui arrèu temporairement rhémorrhagie; ces injections furent répétées chaque fois que l'iiémorrhagie se reproduisit. On décida de lier l'iliaque primitive. Le 7 octobre l'opération fut pratiquée par le D' Isham, le blessé chloroformé. Il fit une incision curviligne allant de l'extrémité de la douzième côte en bas et en avant jusqu'à la crête de l'os iliaque (fig. 838), et le long de la crête, se terminant près de l'épine iliaque antéro-supérieure ; les muscles et les fascias transversaux furent successivement divisés, et, le péritoine éUnt écarté au moyen de deux doigU, on donna à la plaie profonde l'extension de l'incision externe. Le péritoine et les intestins furent soulevés par un aide, et le vaisseau fat ainsi mis à nu, sans qu'une goutte de sang coulât. L'uretère fut écarté avec le péritoine. Une aiguille à artère Mott fut passée sous le vaisseau. Les liga-

JOHN A. LIDELL. — PLAIES DKS VAISSEAUX SANGUINS.

turei non Mnlement airStirent la circnlition dini l« membre, mai» Brent diminuer le volume de la tnmeur, dont U surface devint flaceide. La plaie fut fermde; le membre (ut enveloppé dani de la ouate et placé dini une tiloation commode ; on l'entoura de boateillea d'eau chaude ; an demi-grain de mor-

phine (ut adminiatré lu bloMé «Jnei que du boni- Ion d'holtre. Le bleiaé eut uue bonne nuit ; le dhbbra avait la température normale. PoaU IIS; qum goDttes de teinture de veratrnm viride rnrent tenéei h »ept henrea do matin ; fc huit benrei da agit le pouli éUit t 80. Le B octobre, ponli M; 1« jm

Fig. 838. — Indsion faite par le D' laham pour lier l'iliaque primitive droite daaa un cas d'an^nrame tr maiique du tronc antérieur de l'iliaque Interne, c«DBé par un coup de baïonnette. On voitl« conp de bal nette sur la fesse droite.

provenant de U poche tyant de l'odeur, on enleva loi caillots et on injecta du permanganate de potasse. 10 octobre, suppuration tréa fétide. Il octobre, mort \ 10 heure» du matin.

A l'anloptie on ne trouva pas de péritonite. Va caillot bien organiaé a'étendalt du siège de U ligature jusqu'à l'aorte. L'artère bleasée était le tronc antérieur de l'iliaque Interne en dedans de l'éehancmre tacrosciatique. Les pareil du mc énorme étaient spbacélées. Rien n'eipUquùt l'hématurie (I).

Dans le cas de ce soldat les choses se passèrent de la façon suivante .- 1" le coup de baîonnelle ouvrit le tronc antérieur de l'artëre iliaque interne; 2° il s'ensuivit la formation d'un anëvr^sme traumatique ; 3° l'anËvrysme, non soigné, atteignit une dimension énorme, le sac suppura, le sang s'y putréfia, les signes généraux de la septicémie se développèrent rapidement, et la mort arriva bientôt. Le D' Isham, d'après l'autopsie, pensa que la méthode qu'il avait employée était préférable à l'opération ancienne; le D' Olis, l'historien chirurgical de la guerre, ne souscrit cependant pas à cette opinion. Le fait est que ce cas présenta, depuis le commencementjusqu'à la fin, quelques-uns des problèmes les plus dirSciles de la chirurgie. Théoriquement, l'artère blessée aurait dû être

(1) L'biatoire de ce cas et la figure ont été prises dans TAe médical and lurgieal hisiory of the xoar of tht rébellion, second voL cbir. , p. 33S.

liée de chaque c6të de l'ouverture aussitôt qnt possible. Hais cette opération n'aurait pu (U pratiquée par une incision faile à la région f» sière. Comment fallait-il atteindre, découniret lier l'artère blessée T On aurait pu ; arriver ivee certitude en ouvrant la cavité abdominak, comme dansl'ovariotomieet en allant chercher l'artère dans le bassin ; mais le cliirurgieD est bien jusiifiable d'avoir différé et hésité avant d'entreprendre cette opération ; il l'est ég»lïment d'avoir hésité à lier plus t6t l'artère iliiqoa primitive, car cette opération n'o&e que p«i de chances de succès dans une région où 1m anastomoses sont si nombreuses.

Mais la temporisation prolongée de mars en octobre n'eut pas dans ce cas un bon résnlUL U est évident qu'à mesure que le temps s'écoulait, les chances de guérison diminuaient, et qu'elle ne fut jamais possible à aucun moment sans une inlervention radicale. Ces faits sont du plus haut intérêt pratique et ne peuvent s'imprimer trop fortement dans l'esprit dn chirurgiens. La ligne de conduite qui sembb avoir été adoptée an début et suivie plus de sil mois était fatalement défectueuse ; on ne reconnut pas l'absolue nécessité de lier l'artère blessée, ou à défaut de ligature, de déterminer li formation d'un caillot dans le canal de l'artère.

Que devrait faire aujourd'hui le chirui^ien appelé pour une plaie de la fesse pénétrant dam le bassin et ajant ouvert l'iliaque interne oa

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