‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 165 sur 452 · PLAIES CONTUSES DES AUTÉRES · texte numérisé non relu

PLAIES CONTUSES DES AUTÉRES

Les vaisseaux sanguins, de même que les téguments, les muscles et les os, sont souvent le siège de contusions. Les capillaires sont écrasés, leur contenu s'échappe, et il en résulte des ecchymoses. Quand des artères d*un certain volume sont contusionnées» il peut en résulter de larges gonQementssous-tégumentaires, par suite de l'irruption du sang dans le tissu connectif ; j'ai vu quelques exemples notables de ce fait dans les plaies confuses des artères temporales et fémorales. Les grosses artères sont pourtant, dans une certaine mesure, protégées : i<* parleur situation, en général profonde et abritée ; 1^ par leur facilité à s'aplatir, qui résulte de l'élasticité de leurs parois et de la fluidité de leur contenu ; 3* parla solidité des gaines artérielles et la laxité

(1) Gotbrie, Commeitaries, etc., p. 475.

du tissu connectif qui les enveloppe et leur permet une grande liberté de mouvements dans le sens latéral; et 4<* par la situation proéminente des muscles ou des autres organes contigus, qui servent à recevoir ou à réQéchir les actions vulnérantes. Les plaies contuses des artères peuvent être produites par des chutes oa des coups portés par des instruments mousses; je puis me souvenir d'au moins deux cas de cette catégorie ; mais la cause la plus commune de ces plaies se trouve dans les armes à feu.

Les meurtrissures des vaisseaux, sans écn* sèment des parois, peuvent pourtant être très dangereuses. Boyer affirme que la conhidoo des grosses artères est quelquefois suivie de leur rupture et de la formation d'un anévrTso» traumalique diffus; si la violence n'est pasasseï forte pour rompre leurs tuniques, elle peut les affaiblir à un degré tel, qu'elles céderont ensoiti à la pression du sang et donneront naissance i un anévrvsme vrai.

Les meurtrissures des artères par coops de feu, qui ne les ouvrent pas immédiatement, 8't^ compagnent pourtant d'ecchymoses de leor gaine. Les vasa-vasorum sont déchirés, et Q peut s'extravaser du sang entre l'artère et si gaine en assez grande quantité pour rétiédr considérablement le tube du vaisseau. Un tnd* tement approprié peut faire résorber ce sang, la stase sanguine et l'irritation locale peavent disparaître, et la partie meurtrie peut revenir I . l'état normal. Mais si, d'autre part, on n'instiloe aucun traitement, ou si on en institue un mauvais, le sang épanché dans la gaine n'est pas absorbé, l'inflammation s'allume, l'artère est encore rétrécie par le gonflement inflammatoire, et il peut en résulter Tocclusion de l'artère avec gangrène de la région correspondante; envoie un exemple :

Un soldat fat atteint, le 27 novembre 1863, par aiN balle Minié, qui pénétra dans la cuisse gauctiepara face antéro-externe, à six pouces au-dessous de TépiM iliaque, plongea au-dessous des téguments etdesfasda profonds et émergea de sa faèe interne à quatre ponces au-dessous du pubis, passant de là dans l'autre cniiae Le pied gauche se gangrena bientôt. Le 14 décembre, la jambe gauche ftit amputée à la jonction de ses tien inférieur et moyen ; Tarière fut comprimée pendant Topération par le pouce seul ; Hiémorrhagie tût trii peu abondante; les tissus étaient flasques an nireu de la seciion. De la pyémie se développa, et le 14 jtnvier 1861, le blessé mourut, quarante-huit Jours après l'accident et trente et un après l'auscultation.

Autopsie. — Les deux orifices de la plaie à la partie supérieure de la cuisse gauche étaient fermés, naii le trajet de la balle était occupé par un abcès coo-

Page 1