‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 175 sur 452 · DÉCHIRURE DES ARTÈRKS DANS LES FRACTURES DES OS LONGS · texte numérisé non relu

DÉCHIRURE DES ARTÈRKS DANS LES FRACTURES DES OS LONGS

Quand l'artère a été liée au-dessus et audessous de la déchirure, s'il se produit une hémorrhagie secondaire, la plaie de Topération doit être rouverte promptement, le siège de rhémorrhagie mis à découvert, et la ligature refaite de nouveau.

L'amputation au voisinage de l'épaule, pratiquée sans délai, est le seul moyen de sauver le malade dans les cas de gangrène par occlusion de l'axillaire due à la rupture de ses tuniques internes. J'ai déjà cité les cas de Bérard et de l'inspecteur général Smart. La gangrène commence généralement alors par les doigts.

Quand les autres artères des extrémités de lûéme grosseur se rompent sans plaie extérieure, le traitement doit être dirigé de la même façon, car les principes restent les mêmes.

ùtCHinURE DES ARTÈRES PRINCIPALES DES EXTRÉM!TÉS DANS LES FRACTURES DES OS LONGS.

Cet accident se produit souvent à la jambe; 00 en rapporte de nombreux exemples. Dupuytren dit que, de 1806 à 1825, il a vu sept cas d'aoèfrysme diffus dus à une fracture de la itinbe. 11 ajoute : « Il est possible que les praticiens aient passé sous silence cette complication sérieuse des fractures et des plaies par armes à feu, parce qu'ils l'ont regardée comme tu-dessus des ressources ordinaires de l'art de gQérir; i» et il ajoute que « dans ces cas la recommandation universelle a été d'amputer ». Ibis ce traitement a donné lieu à une grande mortalité. Pelletan amputa la cuisse dans trois cil de cette catégorie, et perdit deux de ses opérés.

i.-L Petit, dans une fracture de la jambe sans plaie extérieure, vit l'artère qui passe entre les deux os (sans doute la tibiale antérieure) ooTerte par le bord aigu d'un des fragments du tibia. Toute la jambe et le pied se gonfla considérablement et s'ecchymosa ; la région se refroidit, changea de coloration et se gan-* frena. 11 ouvrit la jambe par une incision d'environ six pouces de longueur, s'étendant en bat et en bas de la fracture, et après avoir mis à découvert le vaisseau, il arrêta l'hémoritagie sans déplacer les os. La fracture fut Alors traitée comme une fracture compliquée ordinaire, et avec succès. Cette innovation fut Qn grand progrès. Boyer recommanda aussi l'opération qui consiste à découvrir l'artère déchirée et à en lier les deux bouts.

Dupuytren (1), en 1809, lia l'artère fémorale au milieu de la cuisse.

Une femme de 62 ans présentait on an évrysme diffus résultant d'une fracture simple des deux os de la jambe à la jonction du tiers moyen et du tiers inférieur. La fracture était oblique, il y avait un gonflement et une tension considérable des parties molles. En essayant la réduction, Dupuytren sentit dans le mollet une forte pulsation distincte à la vue et an toucher et synchrone aux battements du cœur, disparaissant par la compression de l'artère fémorale et reparaissant quand on cessait la compression. Le vaisseau déchiré était, selon toute probabilité, Tartère tibiale postérieure. La ligature supprima immédiatement toute pulsation dans la tumeur. Le sixième jour le volume do la tumeur était déjà diminué dun tiers. La femme guérit parfaitement.

Delpech (2), en 1815, se conformant à ce précédent, lia l'artère fémorale à la partie supérieure de la cuisse.

Un postillon, âgé de 30 ans, avait en une frac« ture comminutivo simple des deux os de la jambe à la partie moyenne ; la roue d'une voiture chargée lai avait passé sur le membre. La jambe avait changé de couleur et était excessivement distendue par le gonflement. La tuméfaction elle-même était le siège de pulsations bien nettes, surtout au niveau du mollet; les pulsations étaient synchrones à celles du cœur, et étaient suspendues par la compression de la fémorale. Le malade guérit.

Dupuytren, en 1818, dans un cas de fracture compliquée, employa la môme méthode.

Un offlcier avait reçu une balle de pistolet à travers la partie supérieure de la jambe droite. Elle était passée d'avant en arrière et en dedans, traversant l'espace interosseux et atteignant los deux os. Il se fit immédiatement par les deux orifices une hémorrhagie grave, qui fut arrêtée par des compresses. La jambe gonfla ot devint très douloureuse, puis insensible. Il n'y eut pas d'Iiémorrhagie externe avant le treizième jour ; mais pendant ce temps le sang s'était extravasé de façon à former un anévrysme diffus qui augmenta de volume de jour en jour, et était le siège de pulsations synchrones à celles du cœur et cessant immédiatentent par la compression de l'artère fémorale. L'hémorrhagio qui s'éuit produite le treizième jour se répéta plusieurs fols et affaiblit le malade considérablement. Dupuytren fut alors appelé : il trouva le pied et la jambe tuméfiés, pourpres, froids et insensibles ; il y avait une tumeur tendue à la partie supé-

(1) Dupuytren, Leçons orafes de clinique chinirgicale, 2* édition. Paris, 1839, t. II, p. 521.

(2) Delpech, Chirurgie clinique. Montpellier, 1823, t. I.

JOUN A. LIDELL. — PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS.

rieure de It jambe, qui présentait une pulsation à chaque battement du cœur; cotte tumeur était surmontée do deux ouvertures, l'une antérieure, l*autre postérieure, produites par la balle ;« ces ouvertures avaient, dans les dernières heures, été fermées par dos caillots que chaque pulsation menaçait de chasser. Encouragé par son succès antérieur, Dupuytren lia la fémorale au milieu de la cuisse. Avant de poser U ligature, il s'assura que la compression de Tartèro mise à nu arrêtait les pulsations dans la tumeur. Au bout de trois mois le malade était parfaitement guéri (I).

Yerneuil, en i859, rapporta uq cas d'anévrysme diffus par fracture simple de la jambe, dans lequel un nouveau mode de traitement beaucoup plus simple réussit également.

Le malade, étant à cheval, se frappa la jambe contre une voiture et se la fractura, mais la fracture fut masquée par le gonflement pendant quinze jours. La région tuméflée, cependant, était ie siège de pulsations Isochrones à celles de Tarière fémorale et disparaissaut par la compression de ce vaisseau ; l'existence d'un bruit de souffle fut toujours douteuse. L'artère pédieuso ne présenta rien d'insolite. La compression (intermittente) de la fémorale sur le pubis fut faite par le malade lui-môme ; on appliqua ensuite des sacs do plomb sur le trajet de l'artère fémorale, et la guérison devint complète. Verneuil évita ainsi l'amputation et la ligature avec un succès parfait.

Azam (2) a publié un cas d'anévrysme diffus avec pulsations et bruit de souffle, consécutif à une fracture simple de la jambe à sa partie inférieure, dans lequel la guérison fut obtenue par la compression de la fémorale sur le pubis. Le malade lui-même, au moyen d'un verre de montre, comprimait Tarière de six à huit heures par jour. Deux mois après l'accident, le cal était solide et la guérison complète.

Valette, de Lyon, a publié deux cas analogues dans lesquels la guérison fut également obtenue par la compression de l'artère fémorale (3).

Un homme, âgé de 50 ans, voulant arrêter un cheval attelé à une voiture, fut renversé et la roue du véhicule lui passa sur le tiers supérieur de la jambe.

Tout a marché régulièrement pendant quelque temps, mais, le vingt-deuxième jour de la maladie,

(1) Dupuytren, Leçom orales^ t. Il, pp. 531 et suiv. Paris, 1839.

(2) Azam, liulL de la Sociélé médicale de Bordeaux^ et Poncet, Nouveau Did. de méd. et de chir, pratiques, art. Jamdr. Paris, 1814, t. XIX, p. 550.

(3) Valette, Nouveau Dict, de méd. et de chiimrgie pratiques, Paris, 1872, t. XV, p. 497, et Clinique chirurgicnle. Paris, 18"5. p. 48S.

une hémorrhagie abondante s'est déclarée par U plaie.

Le malade s'est aperçu, dès le début, de TbémoN rhagie, et l'interne de garde s'est empressé d'eiercer la compression sur la plaie à l'aide de cbarpie imbi> bée d'eau de Pagliari. Le sang continuant à couler, il remplaça Teau de Pagliari par le perchlorure de fer h 30 p. 100, étendu d'un tiers d'eau. L'écoulement pirut s'arrêter, mais bientôt les tampons furent décollés, et le sang commença à couler avec une certaiee force. C'est sur ces entrefaites que J'arrivai auprès di malade. J'enlevai tous les pansements pour me readn compte de la situation; le sang sortit, non pas en jet, mais en nappe et avec abondance ; ai couleur roofe tranchait sur le fond de la plaie à laquelle le perchlorure de fer avait donné une teinte noirâtre. La eonpression de Tartère fémorale suspendit Técoolemeat sanguin, et celui-ci reparaissait dès que Ton ccisaii d'interrompre le cours du sang.

L'appareil à compression élastique que nous stooi appliqué est bien le plus simple et le plus ingénieax qui se puisse imaginer. Il présente encore l'iaimeoM avantage de pouvoir être construit partout et exteaporanément. Il a été imaginé par le D' Jacques Bonnet, qui a été affecté et guéri, à un an d'intervalle, dt deux anévrysmcs du creux poplité et qui a ftai pv être emporté brusquement par une rupture de Taortt. II fut traité de son premier anévrysffle par la eospression digitale, et c'est pendant les longues béons duHraitement qu'il imagina et construisit cet appareil qui fut appliqué la seconde fois avec succès sur même, et qui, jusqu'à présent, remplit à merviiOt toutes les indications chez notre malade.

Il suffit, pour le construire, d'avoir à sa dispesitlii deux anneaux de caoutchouc ; à la rigueur, quek|MI décimètres d'une bande de caoutchouc pourraient placer les anneaux.

L'appareil (fig. 8i5) se compose d*un biton AB, do 40 centimètres environ de longueur, et 2 centimètres et demi de diamètre. On arrondit hm extrémités si cela est nécessaire et, avec un p«u coton coiffé de caoutchouc, on a en A une douce et élastique, quoique résistante. Le bâton percé en C près de l'autre extrémité, et, suivant diamètre, d'une ouverture ou petit canal. A 2 mètres environ au-dessous en D, le bâton est peiM d'un second canal dont la^ direction est perpeodiei* lairo au premier. Une ficelle EF est passée dans Tôt* Tcrture C du bâton et attachée^ à chacune da 9â -extrémités, à un anneau de caoutchouc EF. Cas tf< neaux sont reliés, au moyen d'une ficelle, i àML points fixes pris sur le lit. Une troUième fieelia 18 est tendue à double d'un anneau à l'autre et les relifc L'appareil est construit et peut, à la rigaeor, foas* tionncr.

Le bâton est placé sur le point A du trtjetde fvtère, et la ficelle qui passe dans le trou C sera w* sammcnt tendue ; si cela est nécessaire, voos tordu* sur elle-môme la corde FG au moyen d'oo pe*^ ■; tonnet P introduit entre les deux cordons qoi i* ^^ tituent, TOUS rapproches ainsi Tun de rsotrele* ^^

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