‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 180 sur 452 · TRAITEMENT DES DIVISIONS PARTIELLES DES ARTÈRES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES DIVISIONS PARTIELLES DES ARTÈRES

ment des plans musculaires et aponévrotiques, ce qui se produit quelquefois quand on change la position de la partie blessée, Thémorrhagie externe cesse, mais l'interne continue, et le sang s accumule dans le tissu conjonctif, en formant un anévrysme traumalique diffus, qui peut déterminer la mort par rupture, hémorrhagie ou gangrène, comme cela est arrivé dans le cas de Post cité plus haut.

Traitement des divisions partielles des

artères.

Les artères incomplètement divisées doivent toujours être liées dans la plaie, si possible; on place une ligature au-dessus et une au-dessous de l'ouverture, et on sectionne Tartère entre les deux ligatures. Dans le cas suivant la fémorale fat liée ainsi avec le plus grand succès :

Un eaporal, âgé de ?9 ans, fut blessé accidentellement à Fort Mac Intosh, Texas, le 18 décembre 1866, par une balle de pistolet conique, qui pénétra à deux ponces au-dessoaa du ligament de Poupart, et, 8*enfonçmnt en dedans, en bas et en arrière, sonit par la partie interne de la cuisse à trois pouces au-dessous de roriflce d*entrée, blessant la fémorale superficielle à «B demi- pouce au-dessous de la profonde. A son arrivée à IHiôpiul, 11 éuit épuisé par Thémorrhagie. Quatre heures après Taccident, la plaie lut élargie par «ne incision, le blessé étant endormi au moyen de Tétber ; un toarniquet fut appliqué, et la plaie de la fémonle fut comprise entre deux ligatures. La plaie de sortie fit élargie pour faciliter le drainage. Le 31 décembre le malade allait bien. Le 28 février 1867 il reprit son ierviee, gaéri (1).

Dans les plaies artérielles qui saignent largement, on doit toujours faire immédiatement Ift compression soit dans la plaie elle-même. Mit sur le bout central de Tartère blessée, soit lorle tronc dont elle provient, jusqu'à ce qu'on paisse faire la ligature. Quand de grosses artères, comme la carotide primitive, la fémorale, Tuillaire, etc., sont largement ouvertes par des Projectiles, la compression directe et immédiate ur l'ouverture du vaisseau, maintenue jusqu'à ce que la ligature puisse être fuite, constitue le Kol moyen de sauver le blessé. Dans ces cas un délai d*une ou deux minutes peut être fatal, ^ la mort peut survenir soit immédiatement Pv syncope, soit au bout de quelques jours par ^Nsement. Quand la double ligature dans la plAÎe n'est pas praticable, l'artère elle-même ou

le tronc dont elle provient doivent être liés aussi près que possible de la plaie. Dans ce cas, la méthode d'Anel est généralement préférable à celle de Hunter; par exemple, dans les plaies de la langue, il faut lier la linguale et non la carotide ; si la carotide externe est blessée, c'est cette artère qu'il faut lier et non la carotide primitive, etc. L'épuisement par anémie doit, quand il n'y a pas de complication, être traité par la transfusion. Dans les cas où, après l'arrêt de l'hémorrhagie externe, le sang continue à s'épancher dans le tissu conjonctif, et où il se forme un anévrysme diffus, le traitement chirurgical doit être en général exactement le même que si l'hémorrhagie externe avait continué; dans les deux cas, en effet, c'est la même lésion qu'on a à traiter, une plaie d'artère. Quand la gangrène survient, le seul recours est l'amputation; elle doit être faite sans délai, avant l'infection septicémique par résorption du sang et du sérum putride de la partie sphacelée.

Ces trois procédés opératoires, la ligature dans la plaie, la ligature par la méthode d'Anel et de Hunter, ramputation, ne doivent pas être considérés comme des movens extrêmes auxquels on ne doit recourir qu'après avoir tout essayé; au contraire, chacune de ces opératipns doit être exécutée dès que l'indication est précise.

Nous examinerons plus tard les plaies d'artères compliquées de fractures par armes à feu. Nous devons dire ici un mot des styptiques, comme le persulfate et le perchlorure de fer, dans les plaies d'artères par armes à feu. Quand de grosses artères sont ouvertes, les styptiques sont tout à fait insufûsants. Dans les plaies des petites artères ils sont, même employés concurremment avec la compression et le froid, souvent pires qu'inutiles. Nous trouvons dans l'histoire médicale et chirurgicale de la guerre civile américaine treize cas d'hémorrhagie mortelle des petites branches des artères du bras (t). Dans un certain nombre de ces cas, l'emploi des styptiques a largement contribué à l'issue fatale.

La mort, dans plusieurs de ces cas, doit être attribuée à l'imperfection ou à l'insuffisance des ligatures. Par exemple, quatre cas de ligature de la radiale se terminèrent par la mort, k Notons que dans ces quatre cas on ne posa de ligature que sur le bout central » {2). Tous les

(I) Circular n» 3, S. G. 0., Washington, 1 < août IITI.

(1) Second surg. vol., p. 4G0.

(^^ laid,, pp. 452, 453.

JOHN A. LIDCLL. ^ PLAIES D£S VAISSEAUX SANGUIKS.

cas où Von fit les deux ligatures se terminèrent par la guérison. Sur cinq blessés chez lesquels on fit la double ligature de la cubitale, a deux des blessés succombèrent, dont Tun subit ensuite Tamputation; le troisième guérit après la ligalure consécutive de la brachiale » (1). Le chirurgien ne doit jamais oublier que « dans les plaies d'artères, près de 1 extrémité des membres, la double ligature es^iitidiapensable k cause des nombreuses anastomoses. » (Dupuytreii.)

L'expérience montre donc qu*il ne faut pas employer les stypiiques dans les plaies d'artères, quand la ligalure est praticable ; qu'il faut faire la double ligature.

Division complète des artères par armes à feu.

Dans presque toutes les plaies par armes à feu de petites artères sont sectionnées; mais cet accident donne rarement lieu à des hémorrhagies sérieuses et à aucune autre conséquence fâcheuse. Ces hémorrhagies d'habitude cessent Sfonlanément au bout d'un moment et ne se reproduisent pas.

Le petit plomb divise quelquefois complètement de grosses artères, mais beaucoup moins s(>uvcnt qu'il ne les entaille ou les perfore. Pour qu'une bulle de pistolet ou de carabine coupe une grosse artère, il faut que le projectile soit animé d'une très grande vili'sse. Le môme projectile, suivant le môme trajet, mais avec une vitesse moindre, ferait seulement une entaille à rarlère; avec une vitesse moindre encore il ne ferait qu'une contusion, et si sa force de projection était encore plus faible, il pourrait ne ]ai>ser aucune trace de son contact avec l'artère. Le docteur dis appelle avec raison l'attention sur ne point. Il dit (2): « Le lecteur remarquera ici, comme ailleurs, la grande proportion des plaies artérielles pur armes à feu dans les cas d'accidents, d'assassinats et de suicides, en comparaison de leur nombre restreint dans les blessures de guerre. En d'autres termes, il remarquera que les gros troncs artériels sont souvent divisés par les petits projectiles tirés de près, mais très rarement quand les projectiles ont été tirés de loin. >» La vitesse de ces projectiles est nauirellemcnl beaucoup plus grande à courte qu'à longue portée. Je mettrai en lumière les faits principaux de la division des artères par les petits projectiles par quelques exemples authen-

1 1) Ibid,, p. 452.

(2) Circulât-, n* a, S. (j. O., p. oô.

tiques. Dans les trois premiers la carotide a été sectionnée :

James Morrissey, da 84* régiment d'infaDterie, reçot une balle dans le coa le 28 mars 186S. Le projectile pénétra à deux pouces et demi aa-dostoni da lobe de l'oreille gauche, et aortit aa côté drott de U noqne k uQ pouce et demi des apophyaei épineuses. La csrôude fut divisée et la mort fut preaqae insuotania (1).

G. RobInHon, du 4u* régiment d'JnfknteHe« mit le 26 août I8U8, d'un ofBcier, pour ioeulx^rdliiatioo, no coup de revolver dans le coa ; la balle coapa la earotide. La mort par hémorrhagie fut preaqae ymm^H^if^ 13 septembre (2).

Le major Thompson, du 7« régiment de cavalerie, reçut une balle de pistolet en cherchant à faiterteair dans une émeute le 14 novembre 18S7. Le prafecifle frappa l'oa malaire droit, et sortit aa-desaoaa de féreille gauche après avoir coupé U carotide gaachs. B fut transporté à rambalance et moorai le leodesHlB d'hémorrhagie (3).

Dana le cas suivant la sous-davièn ftit iiti* sée :

James Smith, du 88* régiment diafanterle» refit |^ accident la décharge d*ane carabine Sprindeld (crilbre 5U). U balle pénétra derrière Tépaale di^ts, si, après avoir traversé Tomoplate, coapa les sous-claviers et fractura la clavicule. La motiDsti que immédiate (4).

Dans les trois cas suivants c'est Fili terne qui fut coupée.

John Gerhardt, da 2* régiment d'Iniknterie, âgé et 22 ans, reçut par accident, le 9 janvier I8e9, un etsp de feu dans Taine. Il fut reçu immédiatemeet I fMpiial et mourut une heure après d*hémorrliagie de niiaque externe (5).

Winny Abbott, dn 25* régiment d'infknterie, m nicida, le 8 aoùi 18G9, avec son propre fusil. La bsUe pénétra dans le ventre à trois pouces au-dessus du fskiii et à un pouce à gauche de U ligne blanche, à tnitn le muscle droit, coupant rinteatin, rilia<|ue eitsrae, et sortit en arrière par Tos innominé. Il mourut isusédiatem(.>nt ^6).

Le caporal R. A.) du 38* régiment d*infanterie,igé de 35 ans, fut admis à Tambulance le 21 octobre ll^i ivre et avec un coup de feu dans le ventre; pouls petit et faible, peau froide; agitation et vomisaeaieBtii^ péiés. Mort à deux heures du matin. Àuêùtitie:(^ trouva dans la cavité abdominale trente-sU oneeid'tf

Cl)Mid., p. 11.

(2) Jbid., p. 22.

(3) làid,, p. 2:j.

(4) Ibid., p. 23.

(5) Itid.y p. ôà.

(6) Ibid,, p. 56.

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