PUUBS DES ARTÈRES PAR INSTRUMENTS TRANCHANTS EN PARTICULIER
Plaies de l'artère poplitée.
Les iocisipps de la poplitée ne sont pas fréqaeales- Qescbamps en a rapporié un cas :
Etienne Repasses, domestique, âgé de 4i ans, entra à l*h6pital, le 9 mai 1791, pour un coup de sabre qui avait divisé complètement la poplitée. Il se forma 10 aoévrysme traumatique. Le 30 juin, on flt une incion enleva les caillots et on posa une ligature ebaenn des bouts. U se forma un abcès profond de la Jambe qui se vida dans la plaie. Le malade ■oonU le trente-buitième jour après Topéraiion, frebablement de pyémie ^2). Le résultat n'aurait pu lue pire si on avait lié la fémorale d'nprès la méthode 4e Hunter ou même si on avait fait Tamputa-
ttm.
Deuf le cas suivant on flt l'opération de Huiter:
D. Jonee, soldat au 4* régiment d'infanterie, reçut, le T mars l8ee,à Fort Sully, un coup de couteau dans Iseoisee, à trois pouces au-dessus du condyle interne de fémur, qui coupa les vaisseaux et le nerf popliiés. Qe St la compresaiun et on ne jugea pas à propos de Kv Tarière dans la plaie. Lo quatrième jour, hé- ■orrhagie secondaire; on ne différa plus et on lia la faerale à son tiers moyen. Les parties situées au- ^nsoos de la plaie étaient froides, le sang ne cir- «liait plus, et ao moment de Topération il y avait
{\)Brit med, Journ,, 13 févr. 1875, p» 211.
P) Oeacbamps, Obs, sur la ligature des principales ^éres des extrémités, à la suite de leurs blessures et ^ ks anévrysmes, particulièrement dans celui de ^^oière paptiUe, Paris, 1193, p. 25.
des signes de gangrène. Lo malade mourut le septième jour après Topération, 16 mars (1).
Bien que dans ce cas la cause de la mort ne soit pas expressément indiquée, cependant on peut admettre qu'elle fut causée par la gangrène. Quand la gangrène est probable, le mieux est d'amputer tout de suite. Quand la poplitée est ouverte, il n*y a pas de traitement qui convienne à tous les cas. La ligature dans la pluie, Topéralion de Hunter, Tamputalion sont indiquées selon les circonstances. Chaque cas doit être jugé en lui-môme. La gangrène nécessite toujours l'amputation.
Plaies des artères tibiales.
Les incisions des artères tibiales doivent être traitées de même. Leisrinck a une fois appliqué heureusement la compression élastique d'Esmarch.
Un homme avait reçu un coup de couteau dans la Jambe, il se produisit sur le trajet de la tibiale antérieure une tumeur bleuâtre et pulsatile du volume du poing. La compression élastique permit à Leisrinck de faire l'opération ancienne, c'est-à-dire d'ouvrir le sac anévrysmal, de le vider et de lier l'artère au-dessus et au-dessous (2).
On peut, dans les cas de plaies des tibiales, employer la ligature élastique comme moyen provisoire. Boyer affirme la supériorité du procédé de ligature ancien dans ces cas :
Un jeune homme reçut une blessure à la partie inférieure de la jambe, près do la malléole interne ; la tibiale postérieure fut coupée. Dans d'auires cas, les artères malléolaires et tarsiennes furent également divisées. Tous ces malades moururent ; ils auraient pu être sauvés, si, au lieu de tamponner et d'employer les slyptiques, on avait fait la double ligaiure (3).
Plaies de Vartère dorsale du pied.
Dans l'observation suivante, Tartère dorsale du pied fut liée de celte façon avec succès :
J. Lasby, soldat au 23« régiment d'infanterie, âgé de 33 ans, se donna le 15 décembre 1868, sur le pied droit, un coup de hache, en coupant du bois. Les tendons fléchisseurs du piod, l'artère pédieuse et
(;i) Circular n» 3, S. G. O., pages 241, 242.
(2) Nouv. Dict. de mid. et de chir, pratig.i t. XIX.
(3) Boyer, Op, ctï., vol. I.
JOHN A. LIDËLL. — PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS
le métatarsien du gros orteil furent divisés. L'artère pédieuso fut liée et la plaie suturée ; elle ne guérit pas par première intention; le ^0 décembre on enleva la ligature. En mars 1809* le blessé avait repris son service (1).
De môme que les plaies des artères de la main et de ravant-bras, celles du pied et de la jambe nécessitent la double ligature, à cause des anastomoses par inosculation de leurs branches terminales. Les hémorrhagies du pied et de la jambe donneront peu de mal au chirurgien, s'il fait la ligature double en suivant les préceptes classiques.
Plaies de Vai-tére brachiale.
Pendant la guerre civile américaine on a publié trois cent cinquante-sept cas de plaies des extrémités supérieures par instruments tranchants et piquants. U y eut quatre cas de mort, deux pur héniorrhagie, un par gangrène, un par une fièvre postérieure à la guéiison de la plaie (2). Les incisions de Tarière brachiale ont déjà été sufOsamnient étudiées. Voir les observations de piqûres de celte artère données plus haut.
Plaies de l'artère circon/lexe postérieure.
Les incisions de l'épaule donnent quelquefois lieu à une hémorrhagie considérable, quand une des branches de Tartcre axillaire ou de la sousclavière est atteinte; dans le cas suivant, c'est la circonûexe postérieure qui fut lice :
Th. Quigley, soldat au 17* régiment d'infanterie, reçut, le 2\ décembre 18G8, à Sulphur Springs, Texas, une blessure à Tépaule gauche. U fut porté à l'hôpital exsangue et sans pouls. On lia la circonflexe postérieure qui fut trouvée blessée ; on lit dus sutures à la plaie intérieure. Le 31 décembre, la plaie était en voie de guérison. En février 18G'J, le blessé reprit son service (3). Cette observation indicjue le traitement à suivre en pareil cas. Le tamponnement et remploi des siyptiques dans les blessures de ces petites artères ont souvent donné lieu à des conséquences désastreuses.
Plaies des artères radiale^ cubitale et interosseuse. Comment doit-on traiter les plaies par ins-
(1) Circular n" 3, S. G. O., p. 243.
(2) Med, and Surg. A/\v/., sec. surg. vol.. pages 436, 437.
^3) Circular n*3, S. G. O., p. 243.
trumenfs tranchants des artères radiait^ cubitale et interosseuse. Quelques observations vont nous l'apprendre.
Quand la radiale est complètement dinBée, la compression dans la plaie arrête asses souvent rhémorrhagie d'une façon permanente, comme dans le cas rapporté par le D' Frans(l). Mais cette pratique n'est pas toujours, n'est pas ipéme généralement la meilleure, et quand la plaie est enflammée et gonflée, elle n'est pas possible. Lu ligature par la méthode ancieooe est au contraire d'une application générale.
Un soldat de 24 ans reçut, le 22 septembre 18S8, une plaie sur le dos de la main droite, qai coupa U radiale. On lia les deux bouts. Le 30 septembre, il allait bien, en octobre il reprit son service (2).
Un cavalier à West- Point se coupa la radiale eo passant son poing à travers une vitre, le 31 mai 1869. Le D' Marsh lia les deux bouts de Tartère. Malgré un gonflement considérable, la plate guérit en sv|>purant très peu. Le 9 juin, les ligatures furent enlevées, et, le 18, le blessé reprenait son service (3).
L'observation suivante, dans laquelle on dot recourir à la ligature ancienne de la cabittle, nous montre la valeur comparative des différentes méthodes de traitement des suites de ces plaies.
Un ouvrier, âgé de 29 ans, entra, le 6 mars, k Yh^ pital Saint-Georges dans le service de M. Pict Douze jours auparavant il s'était enfoncé nn dseii dans le poignet gauche au-dessus de Tartère cabitite' H se produisit une hémorrhagie abondante, arrêtée provisoirement par un lien serré autour da bnii puis par une compression directe sur la plaie pendant deux ou trois jours; quand ou suspendit cette compression la plaie était guérie. Au bout de qoel* ques jours pourtant il se produisit une taméiîKtiei de forme ovale, de la grosseur d'une noisette et li' tuée au poignet sur le trajet de la cubitale. Elle était surmontée par la cicatrice. Elle était le siège de battements et d'un bruit de souffle. On fléchit fortement Tavant-bras sur le bras pendant vingt et aoe heures, mais sans succès. Ou appliqua deux ioaroiquets, l'un sur Tartère brachiale, Tautre sur laçabitale, qui furent maintenus tant que le blessé pvt les supporter, et jusqu'à ce que le membre denii œdémateux, mais sans succès. Le 15 avril, on fit de la galvanopuncture. Deux juurs après, la poche creva et il s'ensuivit une hémorrhagie abondante. On oovrit alors le sac, on le débarrassa do ses caillots, oo
{\) Med. and Surg. hist. of the war^ 2* Surg. fo'» p. 436. "3
^2) Circular u" ;j, S. G. O., p. 237. j
(3) Ibid., p. 237.