PLAIES DES VEINES. — TRAITEMENT
mostatiques favorisent Tarrét du sang. Quand les veines cutanées saignent d'une façon persistante, c'est ordinairement qu'il y a quelque obstacle à l'écoulement du sang vers le cœur. Dans un de ces cas que j'ai observé à la bataille de Ball's Bluff, l'obstacle était dû à un tourniquet improvisé placé par un soldat autour du bras de son camarade ; quand on l'eut enlevé et qu'on eut appliqué une bande, l'hémorrhagie cessa. Dans les hémorrhoïdes externes la contraction du sphincter détermine souvent une perte de sang abondante en quelques minutes, qu'on peut facilement arrêter en dilatant le sphincter et en refoulant les tumeurs dans le rectum. Des hémorrhagies des branches de la Teine porte sont dues quelquefois également à certaines cgnditions morbides du foie qui mettent un obstacle à la circulation porte ; l'indication causale est de guérir le foie. Les plaies des petites veines causent rarement de l'embarras ; Ihémorrhagie peut toujours être arrêtée par la disparition de l'obstacle qui les détermine. Mais les plaies des gros troncs veineux peuvent amener la mort en quelques minutes.
L'écoulement du sang par les veines du cou est influencé d'une manière très remarquable pir les mouvements respiratoires. Pendant Finspiration, quand le thorax se dilate, et que mil obstacle ne s'oppose à l'écoulement du sang itrs le cœur droit, la veine ouverte s'efface sans Idsser couler une goutte de sang ; mais pendant l'expiration, quand le thorax se contracte et que les gros canaux veineux de la racine du cou se trouvent comprimés, il se produit un iRèt momentané du courant sanguin vers le csor, et le sang s'écoule de la veine comme d*ODe fontaine.
Les i^ies des veines profondes, même quand dles ne sont pas volumineuses, sont toujours graves quand le sang peut s'épancher dans une cavité naturelle, comme celle de l'abdomen, de la poitrine, du crâne ; il peut se produire une hènoirhagie mortelle, une hémorrhagie sur laqndle l'art a peu de prise.
Les plaies des veines, comme celles des artères, peuvent, pour la facilité de l'étude et de la des^ption, se classer comme il suit :
1* Plaies par instruments tranchants et piquants; S^ Plaies contnses ; ^ ^ Déchirures et ruptures ; ^ 4* Haies par armes à feu.
\ Utaisseau, dans toutes ce^ plaies, peut être 1^1 divisé incomplètement ou complètement ; dans \ ^ piqûres il l'est toujours incomplètement ; 1 Eneyd. de cbimrgie.
dans les contusions la veine ne s'ouvre que lorsque l'eschare se détache.
Quand une veine est divisée complètement, les extrémités se contractent, moins pourtant que celles d'une artère; elles se rétractent également dans la gaine. L'hémostase naturelle est favorisée par ces mouvements ainsi que par la formation d'un caillot autour de l'oriflce. Mais ces différents phénomènes se produisent lentement, et sont insufBsanls, au moins pour les grosses veines. Aussi quand de grosses veines sont ouvertes et qu'on n'intervient pas, l'hémorrhagie est rapidement mortelle.
Dans les divisions incomplètes l'hémorrhagie donne souvent beaucoup de mal, à moins que le vaisseau ne soit superficiel et n'appartienne à un muscle, car, en ce cas, en élevant le membre et en y appliquant des compresses, on peut presque toujours arrêter le sang et obtenir la réunion en trois ou quatre jours.
Traitement.
L'hémorrhagie une fois arrêtée, les plaies des veines guérissent en général très vite. Elles se réunissent souvent par première intention et si parfaitement, qu'elles ne laissent pas de cicatrices. Le processus de cicatrisation est le même que dans les artères. La pression du sang pourtant n'est pas assez forte pour écarter les lèvres de la plaie pendant le travail de cicatrisation par première intention. Sous ce rapport il y a une grande différence entre les deux ordres de vaisseaux. Tandis que les artères s'oblitèrent presque sans exception, même après les piqûres, les veines peuvent se réparer sans diminution de leur calibre. On sait combien rarement s'oblitère la veine après l'opération de la saignée; il en est de même dans presque toutes les divisions incomplètes des veines. Dans un cas de Guthrie d'incision de la jugulaire interne, la guérison était si complète au bout de huit jours, que le vaisseau était nonseulement perméable, mais ne présentait même plus trace de la plaie.
L'exemple suivant montre comment les veines blessées guérissent après la ligature :
Le professeur Langenbeck, en enlevant un cancrr épithélial, blessa la veine Jugulaire interne et lia le bout cardiaque seulement : il ne se fit pas d*hémorrhagie par le bout pôriphérlque. La carotide primitive étant comprise dans la tumeur fut liée avec deux fils et divisée. Le malade eut une bronchite, dont il mourut le douzième Jour. A Vautopsie on trouva la veine complètement guérie comme par première