PARASITES VÉGÉTAUX
11 existe trois maladies bien distinctes de la peau qui sont causées par le développement de parasites végétaux au sein des tissus qui la constituent. Ce sont la teigne faveuse {Tmea Azma),la trichopbytie cutanée (T. trichophytina) et le pityriasis versicolor (T. versicolor).
Les productions qui sont la cause de ces maladies appartiennent à l'ordre le plus infime des végétaux, les champignons ou moisissures, et consistent, au moins pendant cette phase de leur existence, en filaments fins, allongés, cylindriques, filiformes, désignés sous le nom de mycélium^ en cellules très petites, ovoïdes ou sphénques, appelées spores ou conidies, et en corps bien plus petits encore, les micrococcus ou 5(roma. Ces formes végétales sont douées du pouvoir de se reproduire si on les porte, dans des conditions convenables, sur la peau d'autres individus. De quelle source procèdent-ils
(1) Stirling, Saint George's hospiial Reports, vol. X«.
pour devenir des parasites de l'homme et quels sont leurs rapports botaniques réels avec les moisissures vulgaires 7 c'est ce dont nous n'avons aucune notion positive (1).
TEIGNE FAVEUSE.
Le favus, comme on l'appelle d'ordinaire, est la moins fréquente de ces affections.
Elle est caractérisée par la production, sur le cuir chevelu ou sur la peau, de croûtes jaunes à contour circulaire ou elliptique, concaves à la partie supérieure. Leurs dimensions varient de celles d'un tout petit point jusqu'à un diamètre d'un à un demi-centimètre; leurs bords s'é-
(1) Voy. Ch. Robin, Histoire naturelle des végétaux parasites, gui croissent sur Vhomme et sur les animaux vivants, Paris, 1853. — Moquin Tandon, E/éments de botanique médicale, 3° édition. 187G. — Cauvet, Nouveaux éléments d*histoire naturelle médicale, 2« édition. Paris, 1877.
JAMES C. WBITE. — MALADIES CHIRURGICALES DE LA PEAU
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lèvent de plusieurs millimèlrcs au-dessus de la surface générale de la peau. En se réunissant par confluence, les croules peuvent constituer, toutefois, de larges plaques de forme irrégulière, dont les caractères particuliers dépendent du siège qu*elles occupent et de leur mode de développemgnt. Les très petits éléments du fongus pénètrent dans les tissus de la peau par les orifices des follicules pileux et, de ce point comme d'un centre, se propagent, de haut en bas, dans le canal du follicule, puis de dedans en dehors dans toutes les directions, au sein des couches épidermiques. Une très petite masse globuleuse se forme d'abord, mais à mesure que la production augmente elle se trouve retenue à son centre, où elle enserre le cheveu, tandis que, sur des tissus épidermiques libres, elle peut se développer à la fois en hauteur et par la périphérie. Sur le crâne, où les poils sont le plus développés, la forme concave de la croûte se conserve plus longtemps, tandis que, sur le reste de la surface du corps, la croûte perd sa forme caractéristique dès qu'elle est un peu grande et devient beaucoup plus haute.
Si Ton enlève une de ces petites croûtes arrivée à l'état parfait, ce qui est très facile au moyen d'un inslrment mousse quelconque, on constate que la face inférieure est convexe et qu elle est en rapport avec une surface lisse, luisante et déprimée, formée par des cellules épithéliales sur lesquelles 'une nouvelle croûte se reproduit immédiatement.
La couleur des croûtes, dans leur portion centrale, ou dans toute leur étendue si elles sont petites, est d'une teinte orange vif, passant, quand elles sont grandes, au jaune citron pâle, dans les portions périphériques, c'est-à-dire les plus anciennes (l). Leur odeur est désagréable et rappelle celle de la souris ; elles sont de consistance molle.
Leur aspect peut être modifié par les mauvais traitements que peut leur infliger le malade, ou par leur mélange avec les produits liquides de Tinflammalion, le pus, le sérum ou le sang.
Il y a cependant dans le favus une période, antérieure à l'apparition des croûtes, qui sur le crâne passe en général inaperçue, à cause de la présence des cheveux et qui, souvent sans doute, est confondue avecla teigne tonsurante. La meilleure manière d'en faire l'étude, c'est d*observer les effets d'une inoculation pratiquée
(1) Voy.'. de belles planches de Teigne dans V Iconographie jthotogrûphique des maladies de la peau de G. H. Fox. Paris, 1882, pi. 40, 41 et 42.
sur quelque autre partie de la peau. C'est ce qu'on peut faire avec un succès constant, en élargissant, au moyen d'une aiguille, les orifices des follicules pileux et en appliquant sur ce» piqûres quelque peu du fongus dissocié dans l'eau. Au bout de quelques jours, on aperçdt une tache rouge, un peu squameuse à la surface, qui augmente lentement de folume et qui paraît revenir à l'état normal au centre, tandis qu'elle s'étend à la circonférence ; elle est entourée d'un bord légèrement surélevé. On y peut voir quelquefois de très petites papules ou vésicules. Cet aspect, qui rappelle si fortement celui de la teigne tonsurante {Tinea trichophytina dans sa forme circinée), peut durer trois ou quatre semaines et disparaître, si la maladie n'a pas réussi à s'implanter dans le follieale pileux, sans que le vrai godet ou la croûte favique ait pu réussir à se former et quoique Tod puisse voir souvent de petites masses quiea présentent la coloration jaune caractéristique. L'erreurqui consiste à confondre cet état (qu'on a quelquefois appelé la période tonsurante du favus) avec la véritable Tinea trichophytina, et parfois la coexistence fortuite des deux mala* dies sur la môme portion de la peau, ont donné naissance à cette opinion de certains dermalologistes, que le fongus est identique dans les deux affections.
Les preuves cliniques de la non-identité des deux maladies sont contenues dans ce fait que la véritable teigne tonsurante se montre dans des milliers de cas où l'on ne rencontre pas une seule production faveuse, dans l'exceptionnelle rareté des cas où la véritable teigne tonsurante existe en même temps que le favus ou immédiatement après lui, dans la fréquence de la première affection et la rareté de la seconde au sein des collections d'individus et dans le rapport variable de leur fréquence relative, soit dans les différents pays, soit dans les villes et les districts ruraux ; dans la présence non interrompue, pendant de longues années, delà teigne tonsurante dans les orphelinats, sans qu'il y ait, parmi les enfants de l'asile, production ou transmission d'aucune autre affection parasitaire, dans la facilité de l'une et la difficulté de l'autre à se propager par communication et dans la transmissibihté de l'une et l'autre formes de l'homme aux animaux domestiques et vice versa, en passant par divers hôtes avant d'arriver à l'homme, sans que l'individualité de chacune d'elles s'altère dans aucun cas. Ces faits, et bien d'autres qu'on pourrait citer, seraient de nature à clore toute dlscus-
PARASITES VÉGÉTAUX. — TBIGNB FAVEDSE. .
M résultats de l'inoculalion et des culirtiffcielles viennent également h l'appui dindtulité spécifique de ces affections.
ti peau, le favua amène parfois un léger d'irritation, qui suffit quelquefois pour n une .îaflammatlon eczémateuse au )ù siège le mal et aux environs ; mais, en il, sa présence n'a que bien peu d'incou- U.
le cuir chevelu, au contraire, les effets en