CONSÉQUENCES DES PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS
Nous étudierons successivement Vhémorrha' | gréne, la septicémie par plaies des veines et Yeth gie chirurgicale, Vanévrysme traumaHque^ la gan- I trée de Vair dans les veines,
HËMORRHAGIE CHIRURGICALE.
Toute effusion de sang hors des vaisseaux destinés à le contenir, qu^elle résulte d'une rupture ou qu'elle se produise sans rupture de leurs parois, constitue une hémorrhagie au sens large de ce mot. D'après son origine, cette effusion peut être spontanée ou traumatique. Les hémorrhagies spontanées appartiennent surtout au domaine de la médecine (i ), les traumatiques exclusivement & celui de la chirurgie. Mais toutes les extravasations de sang dues & des blessures et désignées par conséquent sous le nom de traumatiques ne doivent pas être rangées parmi les hémorrhagies chirurgicales. Ainsi une simple ecchymose de la peau ne mérite pas d'être dénommée hémorrhagie chirurgicale, bien que la coloration du tégument externe dépende exclusivement de l'extravasation du sang hors des vaisseaux déchirés par une violence extérieure. Nous en dirons autant de la plupart sinon de toutes les hémorrhagies traumatiques vulgaires qui ne réclament aucun traitement. Le terme d'hémorrhagie chirurgicale ne semblerait donc devoir s'appliquer qu'aux extravasations sanguines traumatiques qui, par elles-mêmes, sont assez importantes pour réclamer un traitement chirurgical ou qui détermineraient la mort en l'absence de ce traitement. Mais il existe certaines hémorrhagies non traumatiques qui demandent, pour être arrêtées, l'emploi de moyens chirurgicaux, tout comme les hémorrhagies traumatiques : ainsi les hémorrhagies nasales qui nécessitent l'opération du tamponnement, celles qui ont pour point de départ des ulcérations tonsillaires atteignant la carotide interne et rendent nécessaire la ligature de ce vaisseau ou de la carotide primitive, les hémorrhagies ducs à des abcès ayant ouvert des artères, les hémorrhagies provenant d'anévrysmes
(1) Voyez Després, Hémorrhagies in Dict. de médecine de Jaccoud, 1873, t. XVII, p. 390. — Bouchut, Nouveaux éléments de pathologie générale, \* édition, 1882, p. 610.
en voie de rupture, toutes hémorrhagies qm ne peuvent être arrêtées, quand la chose est possible, que par des moyens chinirgicaiix. De plus, il y a de bonnes raisons poar appeler également chirurgicales ces hémorrhagies, cir en fait elles sont des exemples d'affections chirurgicales accompagnées d'hémorrhagtes qui réclament une intervention chirurgicale.
La dénomination d* hémorrhagie chirurgiettk appartient donc proprement & toutes les héoMM*rhagies qui résultent de blessures, d'opéndons et d'affections chirurgicales réclamant un traitement chirurgical ; cette dénomination doit être strictement réservée & ces cas. Employée dans ce sens, elle est très juste et très atfla.
DES HEMORRHAGIES Elf GÉNÉRAL.
Importance du stijet.
Malgré l'importance du « choc » (1), Thémorrhagie est la plus sérieuse de toutes ks complications des plaies en général. Elle détermine plus souvent la mort, directement oi indirectement, que toutes les autres conséquences combinées des blessures. Je puis affirmer, d'après mon expérience personnelle pendant b guerre de sécession, qu'une très grande p^opo^ tion des cas de morts, la moitié je crois, et peut-être même davantage, furent causés ptf des hémorrhagies résultant de plaies des groi vaisseaux du cou, de la poitrine, de l'abdoinen, de l'aine, etc., ou de plaies atteignant des o^ ganes vitaux comme le cerveau et les poumons; dans ces derniers cas le sang épanché déte^ minait la mort par compression de ces orgtnes, avant qu'aucun secours ne pût être ^ porté.
Dans un grand nombre de blessures, It p^ mière chose à faire est d'arrêter rhémorrhagie' Dans les plaies généralement, le symptôme fV
(1) Voyez Mansell Moulin, Shok et etnbolie graisseiKe in Encyciopédie de chirurgie, 1. 1, p. 2ÎI.
CLASSIFICATION DES HÉMORRHAGIES.
plus les assistants, le malade luirop souvent le chirurgien également, norrhagie, et fréquemment elle réintervention immédiate. Mais pour ic succès, le chirurgien doit rester
toute crainte, et « apprendre à reirageusement les bouches ouvertes
». Cette jolie phrase de Robert Lisre gravée dans la mémoire de celui
à devenir chirurgien. Mais il faut 10US devons dire comment l'apprenti
peut apprendre & rester étranger & ite en présence de grandes hémorà regarder courageusement les boutes des grandes artères. Un tel specfait pour stupéfier et paralyser le
à moins que son esprit n'ait été fié et préparé par un entraînement ur considérer ces accidents comme iences toutes faites sur le vivant, observer avec intelligence et calme icement de son instruction. Par cet mt particulier le chirurgien peut acez d'assurance pour observer une ;ie quelconque sans malaise et pour 3S bouches béantes des artères en cession de lui-même. Mais pour qu'il i but, son éducation doit être contil'à ce qu'il ait acquis une connaisplète de l'anatomie chirurgicale des »anguins, des symptômes et du prohémorrhagie elle-même, des moyens [ues mis en œuvre par la nature, et qu'il soit parfaitement familiarisé émostatiques imaginés par l'art chi- Amussat pensait que, pour arrêter irrhagie, il était nécessaire d'avoir ptures d'artères sur l'animal vivant, préparé, le chirurgien doit avoir étus publiés d'hémorrhagies de toutes i, connaître les causes de succès ou
les avoir examinés en vue d'imagilible, de meilleurs procédés ;les exemlorrhagie déj& publiés peuvent en reproduire. Il doit avoir étudié tous c assez de soin pour être entièrement
avec les règles à suivre dans chaque ëmorrhagie et dans chaque région ; il rêt également pour tous les cas exs. Le D' Otis disait avec raison : « Il 16 possible de multiplier outre meixemples concernant les plaies des [i); » et sans doute, en écrivant ces
%l and surgical hisfortj of the war of the icond surgical volame, p. 324.
mots, il avait en vue l'usage que nous recommandons de faire de ces exemples.
En résumé c'est par une éducation spéciale, et en profitant patiemment de l'expérience des générations passées, que le chirurgien acquiert la hardiesse et la précision, la promptitude et la dextérité nécessaires dans le traitement des plaies des vaisseaux* Autrement l'anxiété et l'embarras que le chirurgien manifestera en présence d'une hémorrhagie montreront toute l'insuffisance de ses connaissances et de ses capacités chirurgicales & ce point de vue.
On voit donc combien les conséquences des plaies des vaisseaux ont d'importance pour l#a malades et pour le chirurgien, et qu'il est prèsque impossible de les étudier avec trop de soin et de détails.
Glassifleation des hémorrhagies.
Les hémorrhagies chirurgicales sont dites externes ou internes selon la situation ou la direction de l'épanchement sanguin, selon qu'il se produit à l'extérieur ou à l'intérieur du corps, mais la plupart sont externes. Les extravasations de sang internes sont pourtant, somme toute, plus dangereuses que les externes.
Les hémorrhagies chirurgicales sont dites pelviennes, abdominales, thoraciques, azillaires, cervicales, brachiales, fémorales, etc., selon la région où elles se produisent.
On décrit aussi des hémorrhagies uréthrales, rénales, épiplotques, gastriques, hépatiques^ pulmonaires, etc., selon l'organe blessé.
On distingue les hémorrhagies en : {^ artérielles; 2^ veineuses; et 3° capillaires, d'après les vaisseaux qui en sont le siège. Chacune de ces variétés a une grande importance pratique.
Toutes les hémorrhagies traumatiques, les internes comme les externes, celles qui ont pour origine les veines et les capillaires, comme celles qui proviennent des artères, se divisent naturellement en quatre groupes distincts, dont chacun a une grande importance pratique : 1« les hémorrhagies primitives; 2® les hémorrhagies intermédiaires ; 3® les hémorrhagies secondaires; et 4® les hémorrhagies parenchymateuses. Cette classification toute naturelle des hémorrhagies est très utile pour l'étude et la facilité de la description; elle se recommande donc à la faveur générale et doit être acceptée.
Cette division n'est donc pas une classification artificielle ; elle est fondée sur des distinctions naturelles importantes. Les auteurs qui con-
JOHN A. LIDELL. — PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS
fondent les hémorrhagies de la période réaction nelle avec les hémorrhagies secondaires reconnaissent eux-mêmes une différence essentielle entre elles. Le D' Mac Clellan l'exprime bien à propos des hémorrhagies qui surviennent au bout de trois ou quatre jours : « Ces hémorrhagies sont désignées par tous les auteurs sous le nom à* hémorrhagies secondaires; mais comme il existe une autre espèce d'hémorrhagies ultérieures, il vaut mieux qualifier les premières de première forme dChémorrhagies secondaires ou hémorrhagies secondaires par réaction (1). » La pathogénie de ces hémorrhagies différant complètement de celle des hémorrhagies après suppuration, il est bien préférable de les désigner sous le nom d*hé^ morrhagies intermédiaires. Cette appellation indiquera, dans la plupart des cas avec précision, non seulement la période à laquelle l'bémorrhagie se fait, mais sa pathogénie.
Nous aurons à étudier en détail chacune de ces diverses variétés d'hémorrhagie.
Signes constittttioniiels des hémorrhagies.