‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 204 sur 452 · SYMPTOMES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

SYMPTOMES GÉNÉRAUX

La perte d'une certaine quantité de sang produit dans l'apparence extérieure une altération frappante. L'individu paraît, comme on dit, exsawjue; le teint général, les oreilles, les lèvres, la muqueuse buccale, les conjonctives et le tégument externe prennent une pâleur de mort et se rident ; h) patient revêt une expression de langueur et d'indifférence, la surface cutanée se couvre d'une sueur froide qui peut former des gouttelettes. En même temps les fonctions cérébrales sont grandement troublées ; le malade entend des bourdonnements, des sons de cloche ou des mugissements dans les oreilles ; la vue se couvre ou s'éteint, et cette nuit est quelquefois traversée par des éclairs de lumière; la sensibilité s'émoussc ; le patient tombe dans un état d'inconscience, accompagné de syncope et de convulsions. La débilité devient extrême, la voix faible, la respiration suspirieuse ou insensible, le pouls petit, fréquent, faible, hésitant ou même à peine perceptible. Tels sont les symptômes généraux qui accompagnent et caractérisent les pertes excessives de sang, qu'il soit répandu à l'extérieur ou dans les grandes cavités du tronc. ~ Il existe cependant des différences considé-

(0 Mac Clellan, Op, cit., p. 187.

rables entre les symptômes des héroonliagies lentes et ceux des hémorrhagies secondaires. Dans les premières le malade est lentement épuisé ; & chaque retour de rhémorrhagie il défaille et est porté dans son lit, et Tapplication du froid et la syncope elle-même lai sauvent la vie. Au bout de quelques jours il se lève pâle, languissant et étourdi ; son pouls est ondalsnt et difficile & sentir ; sa respiration est rapide et anxieuse ;elle s'accompagne de soupirs et d'ooe grande oppression ; son cœur palpite au moindre mouvement; & la moindre inclinaison delà tête, ou s'il se lève brusquement il risque de tomber en faiblesse. Sa voix est faible, ses yen languissants, sans couleur, et d'un blanc nacré: ses chairs sont flasques, sa peau pâle et jaunâtre, gélatineuse et, pour ainsi dire, traotlucide comme de la cire. Après cette période de faiblesse le sang perd sa couleur ; à partir den moment ce n*est plus qu'un sérum sanguinolent qui sort des vaisseaux ; l'infiltration dei tissus apparaît et la moindre perte de sang se termine par la mort (John Bell).

Mais quand le malade meurt subitement par une hémorrhagie impétueuse provenant de quelque grosse artère, quand il succombe à la rupture d'un anévrysme fémoral, quand il reçoit une blessure dans la poitrine ou l'abdomen et que quelque gros vaisseau donne un flot de sang, le sang, au lieu d'être poussé par la contraction artérielle, se précipite du côté de U voie ouverte de tous les points du corps. Les artères ne font plus progresser le contenu des veines ; le sang cesse de gagner le cœur, la cœur lui-même cesse d'agir et le tégument toat entier prend une teinte livide, due à U stagnation du sang veineux, analogue à celle de l'asphyxie. La face prend tout d'un coup une pâleur mortelle ; un cercle livide se forme autour des yeux ; les lèvres sont noires et les extrémités se refroidisscnL Le blessé tombe en défaillance, revient à lui et s'évanouit de uouveau ; le pouls tombe et devient tremblotant; il a des nausées et la voix s'éteint. On obsem d'incessants soubresauts des bras, de l'agitation, ce qui est le signe le plus fatal. Le blessé s'agite continuellement, sa tête tombe, puisillt relève brusquement, cherchant de l'air pour respirer avec une anxiété inexprimable ; les mouvements des membres continuent, le blessé pousse de longs soupirs convulsife, le poQl> devient de plus en plus tremblotant et intennit' tent, et enfin la mort survient. Le corps n'a plus la pâleur translucide dont nous aroos parlé plus haut, mais la teinte plombée et te^

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