‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 205 sur 452 · SIGNES CONSTITUTIONNELS DES HÉMORRHAGIES · texte numérisé non relu

SIGNES CONSTITUTIONNELS DES HÉMORRHAGIES

relise que les peintres représentent dans les scènes d'assassinat et de bataille (John Bell). Je me joins à cet écriyain pour établir, d*après ma propre expérience, que Tagitation incessante des membres, qu'on donne communément comme le signe d'une blessure morlelle, est un signe de mort infaillible ; je n'ai jamais vu un blessé guérir d'une hémorrhagie après avoir présenté cet état d'agitation indescriptible.

Mais quelques-uns de ces symptômes doivent être complétés. Pendant la syncope la respiration est très faible et accomplie par le diaphragme seul. La syncope passée, des vomissements accompagnent souvent le retour de la conscience. En même temps que le cœur reprend ses battements, faiblement d'abord, puis avec fréquence et quelquefois même avec violence, le pouls devient rapide, saccadé, mou et dépressible, le tube artériel lui-même est large, non tendu et se contracte très imparfaitement après chaque petite ondée sanguine, constituant ainsi ce qu'on a appelé \e pouls hémorrhagique. Si, au lieu d'être bondissant, saccadé et vibrant, le pouls est faible et mou, peut-être à peine perceptible, une fois la syncope passée, il est presque certain qu'on pourra empêcher une perte de sang plus considérable.

FIÂVRB HÉMORRHAGIQUE.

Après de grandes pertes de sang il peut se produire une tendance à un mouvement fébrile avec une grande irritabilité du cœur et des arlères. C'est ce qu'on appelle la fièvre irritativCy combinée à de l'anémie. La quantité du sang qui reste étant faible, le cœur et les arlères font de violents efforts pour suppléer à cette insuffiiance en accélérant le cours du sang. La fièvre hémorrhagique est marquée par les symptômes d'une grande perte de sang alternant avec des périodes d'excitation vasculaire ; le pouls devenant rapide, bondissant et irrégulier en force et en fréquence, il se produit des bouffées à la face, accompagnées d'un aspect brillant des yenx, bouffées qui passent rapidement et font place à de la pftleur et & la syncope ; et si finalement l'hémorrhagie est mortelle, un délire et des convulsions ainsi qu'une extrême agitation précédent la fin (Erichsen). Les symptômes de la fièvre hémorrhagique sont ceux d'une excitation extrême et désordonnée au milieu d'une grande faiblesse ; ils ne doivent pas être confcodas avec ceux d'une inflammation, car ils ne s'accompagnent pas d'une élévation de la température. De la divagation ou du délire s'ob-

servent surtout dans cet état. Il n'est jamais violent, mais affecte ordinairement le caractère du marmottement ; le meilleur traitement de cet état nerveux est l'administration des aliments et des stimulants.

CONVULSIONS HÉMORRHAGIQUES.

Les animaux que l'on met & mort en les saignant présentent habituellement des spasmes bilatéraux ; de même chez l'homme les convulsions épileptiformes sont une conséquence directe des hémorrhagies soudaines et abondantes. Certains individus sont naturellement beaucoup plus prédisposés aux convulsions par perle de sang que d'autres ; d'où vient que dans certains cas des convulsions graves peuvent être causées par des pertes de sang relativement faibles. Ces spasmes, désignés par quelques auteurs sous le nom de convulsion syncopale, sont comparés par un grand nombre do médecins à ceux de l'épilepsie et on leur reconnaît généralement le caractère épileptiforme. Le pouls peut être absent ou & peine perceptible pendant l'accès, ou bien il peut réapparaître longtemps avant la fin de cet accès. Les convulsions hémorrhagiques ne sont pas nécessairement fatales ; généralement elles ne sont pas dangereuses, et la plupart du temps elles cèdent au traitement de la syncope. Il faut avoir grand soin cependant de tenir toujours la tête du blessé dans une position déclive tant que ces convulsions continuent. Les seuls cas mortels que je trouve mentionnés par les praticiens ont trait à des malades improprement traités par de nouvelles déplétions sanguines ou maintenus dans une situation verticale ; il en résultait une syncope sans réaction.

Les grandes pertes de sang donnent à la face une physionomie pincée et déterminent une sorte de rétraction de tout le corps ; le volume du corps est en effet diminué d'une façon absolue par la soustraction d'une grande masse de sang, et cette diminution porte principalement et presque exclusivement même sur les parties molles extérieures. L'apparence exsangue et rétractée que présente le cadavre, dans les cas de mort par hémorrhagie, ne peut être produite par aucune autre cause connue.

Les phénomènes constitutionnels des hémorrhagies excessives sont très caractérisés et suffisent parfaitement par eux-mêmes à permettre un diagnostic certain même dans les cas où l'extravasation du sang se fait exclusivement à l'intérieur, par exemple dans les cavités abdo-

JOHN A. LIDELL. — PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS

mintle oa thoracique, et où aucune trace de sang n*appartilt à Textérieur.

Certains individus supportent les pertes de sang beaucoup mieux que d'autres. Un adulte peut tomber en syncope pour une perte de TÎngt onces de sang, un autre supportera sans défaillanc-e la perte de plus de quarante onces. Des indiTÎdus jeunes et vigoureux peuvent perdre une grande quantité de sang, et pourtant guertr. Les enfants ne supportent pas bien les pertes de sang et pourtant ils réparent vite leurs pertes. Dans la vieillesse une hémorrfaagie légère a souvent une grande importance, parce que l'aptitude à la réparer est faible. La mort par hémorrhagie peut se produire brusquement au moment où le malade f^rtnd ou est placé dans une position verticale, ou bien au moment où il lève la téte« ou bien où il laisse tomber ses bras et ses jamt^es hors du lit : aussi faut-il absolument priv^crire tous ces changements de pivnition. Knfin il y a des cas où la mort e^t du«^ moiuH à la quantité de sang perdu qu*à TotTot d^ la terreur, à la maladie préexistante ou a rihtluent^ d'une Idée de suicide.

Aprt^s des hèmorrhagtes soudaines et épuisante*, surtout celles qui doivent déterminer la mort, ànuvins d'un prompt recours à la transTuiki^^n, les artères» KlesMs^s se voient quelquefvîs au flMul de U plaie en état de Cv41a:^us« ne pre« Aeutaiit ('lu^ trace de pulsation. Cela tient a ce que le^ oiideo^ vftit<uines n'otit pas assiei ve K»r\'o pour ;»Ueiiu)re les artèr^Nt* IVndant a tlorui(^i^ lîueriv jAi >vunenî «ote cei:e aK«3C* *ie puUdùouNiic!» iiru^re* arn^s v*e crjinde* >«ie* de sanj, et auuuird hui je ne doute pa* ^^ue daiiN un ccrt,iiu nombn* do ces cas îe* L-Ie**e> auraient pu «^lr\* sau\os par la trinsfusion. si t^Uo a>aU pu eire prdùqueeàlemrs.

orifices ouverts; il en est «insi dans les plaies accidentelles et dans les opérations chimigica» les. Le sang sort en jet surtout par le bout central. Le sang qui s'échappe par le boot p^iphérique est généralement foncé et sort en nappe comme celui qui s'écoule d'une veine. Dans certaines régions cependant, où les branches terminales des artères forment des anastomoses exceptionnellement nombreoses, le sang peut s'échapper en jets saccadés ans» bien du bout périphérique que du iHMit cen- : tral : c'est ce que j'ai souvent observé dans les • plaies du crine et delà face, surtout dans oeUei I qui sont situées près de la ligne médiane; j'ai souvent constaté le même fait dans les plaies des arcades plantaires et palmaires, et dans celles de Favant^bras. Quand le sang sent en jets de l'orifice périphérique, il présente également une coloration rouge vif on coloration artérielle. Quand pour une cause quiconque une hémorrhagie abondante continue, les jets deviennent bientôt beaucoup moins ma^ qués. à cause de la diminution rapide du volume du sang en circulation, et de la force de raction du cœur. La hauteur et la force des jeli sont aussi grandement modifiées par la dimension, la forme et la direction de l'ouverture et de parties adjacentes. Ainsi, tout étant égtl d'ailleurs^ les jets sont plus forts quand ^a^ tère a ete ouverte directement et par une incision libre — par un coup de sabre, par exemple — ^ue lorsqu'elle a été atteinte indirectement par une Urne étroite. La force du jet varie égale rt:er.t selon le volume du vaisseau atteint et leieuiue de Ii pLiie dont il est le siège.

Cessation spostmaée des hémorrhagifls

artérielles.

iii:s i>ivtnsi:s espèces D'nEaonnHAGiES

EN PARTICULIF.n.

HtyonRHAGIES ARTEn:ELLE>.

Dans celte espèce d'hémorrhieie. le sine a oi'dinuiremerit une coloration rouze vif ou écarhile; il coule par jet ou par saccades synchrones aux pulsations des artères elles-mOmes. Entre chaque saccade pourtant l'écoulement de sang ne cesse pas entièrement; c'est en réalité un jet continu, dont le volume s*accrolt à chaque pulsation artérielle. J'ai souvent noté ce Tait sur les artères du crftne, de la face et des extrémités, ({uand elles sont sectionnées dans des plaies assez étendues pour qu'on puisse apercevoir les

<> I^i'ir^t de doctrine a beaucoup d'impo^ tance pratique et doit par conséquent être di^ eu te dans tous ses détails. Pour qu'une hémorrhade artérielle s arrête spontanément, la première condition est que le vaisseau soit complètement divisé par le fait de Taccldent ou de l'opération. Quand on examine la sa^ face de larges blessures, telles que celles des amputations, on voit qu'après la première effusion soudaine, le sang s'arrête ou à pea près, sauf celui qui s'échappe en jets distincts: il est donc évident que les orifices de presque tous les innombrables petits vaisseaux, que montre une injection bien faite, se refenneot immédiatement après la section des vaisseau^ eux-mêmes. Le contact du couteau à amp^'

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