CESSATION SPONTANÉE DES HÉMORRHAGIES ARTÉRIELLES
Tarière. Le lang le répand dans le tissa cellalaire entre rartère et sa gaine, et, passant par le canal de la gaine formée par la rétraction de l'artère, s'écoale librement à Teitérienr on s'extrayase dans le tissu cellulaire Toisln, selon que la plaie est oaTorte à rextérieurou non. Après le retrait de Tartèrela surface interne de cette gaine reste inégale, à cause des déchirures des fibres cellalaires qui unissaient entre elles rartère et sa gaine. Ces fibres arrêtent le sang et favorisent la formation d'un caillot à Torifice de Tarière, lequel se prolonge à l'intérieur de la gaine. La pression exercée par le sang épanché dans le iiesn eeUulaire Toisin et entre Tartère et sa gaine — ■lais surtout la diminution dans la force et la Titeste de la eireulation, due à Thémorrhagie, et la rapidité avee laquelle le sang se coagule, conséquence bien eonnue de la diminution do Taction du système yaseolaire — tous ces facteurs contribuent essentiellemeni à cet elTet si important et si désirable de l*hé- Boeiaae.
Le caillot, formé à la bouche do Tartère et à Tintérieur de sa gaine, et que J'ai désigné dans mes expérienees tous le nom de caillot externe, présente donc la première barrière complète à TelTasion du sang. Ce eaillot, Tn de Textérioar, apparaît comme la continuaiion de Tartère, dont on peut distinguer Textré- Bité bouchée par le caillot et enfermée dans la |iine.
Le bout de Tartère n'étant plus perméable, non plus qu'aucune branche collatérale très Toisine, le isng s'arrête en ce point, se coagule, et forme en général un mince caillot conique, qui ne remplit pas le canal de Tartère ni n'adhère à sos parois, sauf par me petite portion de la circonférence de sa base, au voisinage de l'extrémité du vaisseau. Ce caillot est distinct du précédent, et je lui ai donné le nom de caillât inieme.
En même temps Textrémité sectionnée de Tartère l'oiflamme, et les vasa vasorum laissent échapper de Il lymphe que retient le caillot externe. Cette lympbe remplit Textrémité de Tartère, est située entre lei caillots interne et externe, se mêle à eux quel- <niefois ou leur est adhérente, et s'unit intimement à l> tonique interne de l'artère.
L'arrêt définitif de Thémorrhagie dépend principe- Iftinent de ce coagulum lymphatique; mais à mesure qu'il te forme à l'intérieur du vaisseau, l'extrémité de l'artère subit une contraciion graduelle, et il se fait de plus uno effusion de lymphe entre sa tunique et la nembrane cellulaire qui l'entoure ; ces parties subisleit ainsi un épaississement et se confondent si compiètement les unes avec les autres qu'il devient imposntle de les distinguer entre olles ; le canal de Tartère est donc ainsi non seulement oblitéré, mais son extrémité est complètement elTacée et ensevelie dans les parties ambiantes.
Qoand la plaie des téguments ne guérit pas par première Intention, la lymphe coagulable, qui s'épan- ^« bientôt, non seulement fait adhérer fortement ''artère aux parties sous-jacentes et latérales, mais ^ocore lui fournit une nouvelle enveloppe et Tisole
complètement de la plaie, qui continue à guérir de la manière habituelle.
Ces faits s'observent encore dans la portion inférieure de Tartère on dans celle qui reçoit du sang par anastomose, avec cette seule différence que Torifice de ce bout inférieur est généralement plus contracté, et que le caillot externe est beaucoup plus petit que celui qui adhère à Toriflce du bout supérieur.
D'après ces faits, on ne peut donc plus considérer la suppression d'une hémorrhagie comme un effet purement mécanique, mais comme un résultat dû à plusieurs causes concurrentes et successives; cea causes se résument en une rétraction et une contraction de l'artère; la formation d'un caillot à son orifice, l'inflammation et la consolidation de son extrémité par un épanchement de lymphe coagulable à l'intérieur du canal, entre ses tuniques, et dans le tissu cellulaire ambiant (1).
Dans les cas d'arrachement de l'épaule, Thémorrhagie est souvent légère et cesse spontanément, parce que les tuniques interne et moyenne des artères sont nettement rompues, tandis que la tunique externe et la gaine sont étirées et tordues de façon & former une loge toute prête pour le caillot; cette particularité empêche Teffusion du sang. Dans ces cas on peut voir les artères pendant au dehors de la plaie être le siège de pulsations à leurs extrémités mêmes qui sont ordinairement contractées & fond, et en même temps Thémorrhagie manque entièrement. Dans ces cas on peut aussi observer qu'& chaque pulsation Textrémité de Tartère est projetée en bas, mais qu'elle se rétracte de nouveau dans Tintervalle des pulsations. Ce fait prouve que les artères sont douées d'extensibilité et d'élasticité ainsi que de contractilité et de rétractilité. Les détails dans lesquels nous venons d'entrer, bien que nombreux, sont tous empruntés & des observateurs compétents; il nous a paru nécessaire de les donner pour permettre de bien comprendre les différents procédés qu'emploie la nature pour arrêter les hémorrhagies des artères petites ou grandes.
Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi une hémorrhagie cesse beaucoup plus facilement lorsque les artères sont complètement divisées, que lorsqu'elles ne le sont que partiellement. Dans ce dernier cas la portion blessée de Tartère ne peut se contracter de façon à amoindrir les dimensions de Touverture; au contraire, la contraction des fibres musculaires et élastiques détermine généralement le bâillement de cet orifice; ainsi, quand une artère
(1) Jones, On hemorrhaget pp. 53 et sulv. London,