‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 216 sur 452 · III · texte numérisé non relu

III

JOHK A. LIDELL. — PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS.

1ère sont divisées en général avec plus ou moins de régularité, et la tunique externe est

— Tbromba* de l'irt^re bracliUle giache deux jours iprè» rimpuUtion,

nplëlement arrêter le sang

serrée der agon ft ci

(fig. m).

Va soldat de !7 in* [I) fut bleue le II Juin par ODO balle do carabine qui pénétra dani t'aTani-brai gauclie k deni poucei an-detaDi da poignet, remonta Jnaqne prêt dn coude et ae logea en ce point. Il fut expédié k Waihingion, le projectile n'ayant pas ékd extrait, et le brai extrAniement gonflé. La 39, on alla k la recberclie da la balle, mais sans suceèa. Des tillona s'étendaient le long du radins, qui était dénudé de ion périoile aur ane grande étendue. Le blesié lulsiait peu k pen. Le 3 jnlllet. la position de la balle ayant été reconnue, on fit une Indiion et elle fat eitraite, maia en rnAme temps ii ae Bt une hémorrbagia k l'oriHce d entrée, et un tourniquet Tut appliqué aur l'irtire brachiali? ; on le déUcha après l'opération, sans qu4 l'béniorrhagie rcflnl. Le b riiémorrhagie se renouTela, et on fil aa moyen des bandes la compression de la radiale et de la cubitile. Le 9, l'héniorrliagle se répétant, on dut raire l'amputation ju«te au-dessus du coude. Le pouls se relera, mais l'épuisement finit par enlever le malade le 11. L'artère brachiale prias dans le moignon est représentée fig. 884.

Hais, quand une artère est liée dans sa continuité avec des fils de soie, il doit se former des caillots du calé central comme du côté périphérique de la ligature (Sg. 885). Dans ces cas le caillot central est beaucoup plus volumineux que le caillot périphérique.

Un soldat de 35 ans (!) reçut le ÎO mai ISG1 on coup de feu s'élendant aa-dessoua de l'épine de Vomoplste gancfae en aTant et en dedans vers la csTilé

(1) Med. and lurg. hiit. of the tcar of tht Hebellion. Sec. iurg. vol., p. ^^î.

(]) tiid., I" surg. Tot., p. MO.

thorsdqOB. U gangrène envahit la plaie et s'étsndfi profondément; il se lit une hémorriia^e senodabt par les branches de l'artère aiillaira gsucfee. La 18 Juin l'artère sons-eisrière gaucbe fat liée dans m

Fig. BBS. — Caillou obturateurs lii Jenrs iprii U ligature da la (aas.clavière gauche.

tiers exleme. Le »l le blessé eut des frisBonatmnt de tous les sympidmes de la pjémie. Le 14, mort. U tlg. 8g& représente un segment de l'artère lié«. iat caillots, Unt celui du cftté cardiaque que celsi i» cAté périphérique, aonl bien marqués. Le ai<l«i* cété cardiaque est beaucoup pins gros que le H'i' phériqne dans cette préparation.

Quelquefois pourtant, quand des artères »«A liées dans leur continuité, il se forme un caiM périphérique beaucoup plus volumineux quels

caillot cardiaque, comme dans le cas suinnl

Un soldat de 18 ans (I) reçut un coup de tu fai lui fractura l'arcade «jgomatiqoe gauche le 11 a»* ISGt. Il Tut porté k lliôpiul de la première dlviMS, puis iransfcré le 14 k l'hâpiul Lincoln. La plaie i^ tendait du Toislnige de l'angle eiteme de l'wil P* che jusque derrière l'apophyse msstolde gauche. la !G, il se produisit une hémorrhagie artérielle q«'«a arrèla en reroplinsant la plaie da charpie imbibés és persulfste de fer. Elle recommença le lendemals, K la carotide prlmlllTe gaucho fut liée au-dess« i* romnplato-hyoîdien, k un pouce et demi au-deaiMS de la bifurcation. On administra des stimulants, wiit le» héraonhagies copieuses et répétées tuèrart !• malade le 1 sept., six Jours après la ligatare. A f» topiie, il fut impossible de découvrir de quels ni»seauA provenait l'héinorrhagie. La préparation enTC}éS au muaée médical miliuire est représentée tg. tl^ Les TsisBoaux sont représentés de grandeur nataisDh rétractés par l'slcool. La lettre a est placée sv«*

(Ij Jfei^. and aurg.hùl. ofthi m Irst surg. vol., p. 314.

oflh*r.

TRAITEMENT DES HÉMORRHAGIES CHIRURGICALES

de la crosse aortique, la lettre s sur la sousgauche, près de son origine, et la lettre c sur de la carotide primitive gauche. La ligature 'ésentée in situ. Le bout périphérique de Tar- Sté ouvert de façon à laisser voir un caillot

. — Caillot dans la partie périphérique de la de gauche six jours après la ligature ; le caillot lérique beaucoup plus gros que le cardiaque.

I ferme étendu de la ligature à la bifurcation. lot cardiaque est beaucoup plus court, il a l'on demi-pouce ; les limites de son extrémité |Qe »ont indiquées par une ligne ponctuée. Le P^iphérique est plus de trois fois plus long ctillot cardiaque.

dimensions remarquables que le caillot 'toque atteignait dans ce dernier cas ^^ très probablement dues à la grande ^^ avec laquelle le sang passait de la caro- ^A côté opposé el des artères vertébrales

dans la carotide interne par le cercle de Willîs, une fois le tronc commun lié. En aucune région, la communication entre les artères terminales n'est aussi facile qu'entre les carotides internes et les vertébrales à la base du cerveau.

Réparation des artères après la ligature. — L'occlusion définitive d'une artère liée dans sa continuité au moyen d'un fil de soie phéniqué, ou de lin, de chanvre, de fer ou d'argent, s'effectue de la manière suivante : !• les caillots cardiaque et terminal reviennent sur eux-mê> mes, se remplissent de leucocytes, se décolorent, se durcissent, et finalement s'organisent; 2° les tuniques interne et moyenne deviennent

Fig. 887. — Carotide primitive obturée d*une manière définitive et réunion de ses bouts après la chute de ' la ligature au bout de dix Jours.

le siège d'une inflammation adhésive au niveau de la ligature; de la lymphe plastique s'échappe des bords déchirés de ces tuniques, qui se cicatrisent et quelquefois se confondent avec le caillot en une masse homogène ; 3^ la tunique externe s'enflamme aussi, et de la lymphe organisable la renforce et la consolide. Cette inflammation est due en partie à la dissection nécessaire pour isoler le vaisseau, et à la pression et à l'irritation déterminée par la ligature. De la lymphe plastique s'épanche entre le vaisseau et sa gaine, les unit ensemble, et englobe souvent le nœud dans une masse ovoïde. Progressivement avec l'exsudation de la lymphe plastique et la formation d'un anneau fibrineux autour de la tunique externe qui la renforce, la partie de cette tunique qui a

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âté écrasée par le fil disparut par ulcération, et le fil lui-mâme se détache de façon à pouvoir être enlevé à la moindre traction. La Ugature tombée, les deux bouts de l'artère se réunissent et se cimentent ensemble (fig. 887). ■

Un ciporti de 3S ans (1) fut blesed ï U face le 2T octobre lB6i, et admis le 31 h l'bâpiul général. Vne balle ariit pénéirri par le cAtd gaucho àa menton et t'était logée au-detsous de l'angle de la mieholre inrérleure ; elle fut extraits par la bouche. On appliqua des compreeees d'eau froide. Le 1 novembre, il se reprodqitit une hémorrhagie Becondaire, qu'on arrfita en tamponnant aiec de» épongea. La G, l'iiénior' rliagie se produiiit, et U carotide primlUve Tut liée Juste an-desBut de l'omeplato-hyoldien ; mais le lG,le blessé mourut d'épuiaement. A l'autopsie on trouva dans l'artËre un caillot solide ; la pièce Tut envoyée an musée médical milliaireet est représentée fig. SB7. Le segment cardiaque de l'artire eat ouvert de façon & monter l'étendue du caillot,

La mort pouvait avoir été déterminée par t'épulioment dû aux hémorrbagiet antérieures k ropéralion.

L'observation suivante montre également la manière dont les artères se ferment après une ligature dite permanente.

Un soldat fat atteint (!], le 31 mal 1BG9, par nne balle qui pénétra dans l'apophyse maslolde gauche, passa au-des«oua du maiillaire et sortit aa-desaous de l'œil gauche. Il se produisit une hémorrhagie secondaire les 13 et 14 juin. On lia la carotide primitive gauclie au-dessus du muscle omoplato-hyoldien, mais la mort survint le 34. La pièce fut envoyée an musée médical militaire et est représentée flg. SSS. On ne voit que le segment cardiaque de l'artère liée, ouvert par incision pour montrer un caillot blanc âbrineui tn situ. Les deux bouts ne s'étalent pas réunis probablement après la cbnte de la ligsLure.

Dans chacune de ces deux observations la ligature tomba en moins de dix jours. Mais le temps nécessaire pour la chute d'un fil de soie, de chanvre ou de lin, varie dans presque chaque cas, selon la dimension du vaisseau, la nature et la masse des tissus étrangers compris dans la ligature, de dix jours à trois semaines. On peut haterlachutedesligaturesen tirant doucement sur les extrémités du fiL Toutes celles qui restent au bout de huit ou neuf jours doivent être traitées ainsi à chaque pansement.

H)Med. and ttirg. hitl. war of the Rébellion, first ■urg. vol., p. 3I>3.

ii)Ilmd..f. ^96;etCalaloguedumusiemid.mUit., p. 4B0.

Le principal inconvénient des e fils mentionnés ci-dessus et en g toutes les ligatures permanentes es lion des parois qu'elles déterminent i ment au niveau du point d'applicatio

Fig. SSB. — Bout cardiaque de li carotid gauche dii Jours après U Hgatare, Exté ce segment paraît irrégulièrement an orifice est fermé par la cicatrisation. Int^ elle est complètement bouchée par un i

cessus ulcératif peut donner naissan sources de danger : i" les parois de l'a vent s'ouvrir et l'hémorrhagie reparstt cération peut se produire avant que )i soient raffermis et renforcés par le tn trJciel, d'oii l'insuccès de ropération, ces de voir l'artère s'ulcérer vienneni : ce qu'on a trop isolé l'artère, qu'on l'a chéc de sa gaine, pour la mettre à ' ou pour passer le fil; on détruit ainsi vaisseaux qui la nourrissent ; d'où le t passer une spatule ou le manche d'u sous l'artère ou de la tirer trop hors de L'ulcération prématurée d'une ortèri généralement due ù des causes cou nelles. Je crois pourtant que le risque i produire des hémorrhagies secondaii une ligature permanente bien faite exagéré. 11 n'en cal pas moins vrai ()i cessus ulcératif inévitable donne nai plus ou moins de dangers selon les cai les éviter autant que possible, l'usage pandu de se servir de fils faits de ti) maux, dans l'espérance que, après avoi une hémostase complète et perman disparaîtront eux-mêmes par absor qu'ainsi, tout en faisant l'office de lig>l poraire, ils donneront de bons résuli nilifs.

Ligatures faites auec des tissus antmauX' ploi de ces ligatures a été suggéré i'' 1814, par le D' Phvsicli, de Philadeii

TRAITEMENT DES HÉMORRHAGIES CHIRURGICALES

a 1842, écrivait (1): « C'est à notre impatriote, le professeur Physick, de de Pennsylvanie, qu'est dû sans coneur d*avoir introduit le premier dans chirurgicale ce qu'on appelle la ligae. Ces ligatures sont faites de peau ; le professeur Physick et le D' Dorit ordinairement leurs fils sur une pour les arrondir et les durcir. L'aces fils, c'est qu'étant faits de maie, ils restent assez longtemps pour rtère et se résorbent rapidement; ils 3nt donc pas un corps étranger. L'ui ligatures a pris une grande extenlérique, et sir Astley Cooper en a L supériorité dans ses opérations. Le ne se servait de lanières de parchefames, professeur de chirurgie à Télecine de Washington, Baltimore, a ndant des années la ligature aniissisté à un certain nombre de ses Il s'en est servi dans beaucoup d'amî membres et du sein ; il a lié ainsi l'iliaque, la fémorale, la radiale, la i et d'autres artères avec des fils faits

daim, et il n'a jamais eu d'hémor- 3ndaires ; il dit n'avoir jamais revu s une fois posées, et ses plaies ont alement par première intention. Ses s et ses expériences sur des moutons, et d'autres animaux, lui ont appris ure s'enkyste si les capillaires n'ont

endommagés, ou bien que le fil se is la lymphe abondamment épan- Dans le supplément du même oui dit également : « Le D' Eve, de iploie exclusivement des fils faits de daim, quand il espère une réunion e intention ; ces ligatures ont été res à l'origine par le D' Bellinger, de Caroline du Sud (3).

c Sweeny, de Cork, recommandait I ver à soie comme fil à ligature :

ooper à une certaine époque se serut. 11 lia avec succès l'artère fémo- 1 fil de cette espèce dans un cas d'àoplité. Mais, malgré ces succès, la maie fut bientôt abandonnée ; on ne ait plus qu'à titre de curiosité histo-

in Cooper's Surgical dictionary^ New-

s Surgical Dictionary^ édité par Reese, 0. New- York, 1842.

rP. 27.

C'est incontestablement à Lister que revient l'honneur d'avoir réintroduit la ligature animale dans la pratique chirurgicale. Il a montré que le catgut bien préparé possède tous les avantages que Physick reconnaissait à d'autres substances dans la ligature des artères comme pour toute ligature en général. Lister a élucidé ce sujet par l'observation et l'expérimentation, et le catgut préparé suivant ses instructions est incontestablement supérieur à toutes les autres espèces de ligatures en usage aujourd'hui. Si le catgut n'est pas soumis à une préparation spéciale, il risque toujours de se ramollir prématurément dans le plasma qui l'imbibe, auquel cas le nœud peut couler, ou bien le catgut lui-même peut être absorbé avant que l'occlusion ne soit complète. Il manque ainsi le but. Lister, après bien des essais, a recommandé le mode de préparation suivant : Prenez une partie d'acide chromique, quatre mille parties d'eau distillée et deux cents parties d'acide phénique pur ou de phénol absolu. En d'autres termes, faites une solution d'acide phénique au vingtième, non dans de l'eau pure, mais dans de l'acide chromique extrêmement dilué. Cette petite quantité d'acide chromique aura un très grand efi'et sur le catgut. Placez dans la solution chromophéniquée un poids de catgut à peu près égal à celui de l'acide phénique employé. S'il y a trop de catgut, il subira une préparation insuffisante ; s'il y en a trop peu, une préparation excessive. Au bout de quarante-huit heures le catgut est suffisamment préparé. On le retire alors, et après l'avoir fait sécher, on le met dans de l'huile phéniquée au cinquième. Il est alors bon pour l'usage. 11 faut pourtant le garder encore dans un mélange d'acide phénique et d'huile (au cinquième), de façon à ce qu'il ne s'altère pas et qu'il demeure antiseptique. Les avantages du catgut sont : 1® qu'il est antiseptique ; 2° que le nœud tient bien ; le fil ne se dissout pas prématurément dans le plasma, il ne disparait pas avant d'être remplacé par un anneau fibreux et avant que l'occlusion ne soit parfaite ; 3<» que la ligature ne reste pas trop longtemps; elle n'est pas insoluble et incapable d'être absorbée à temps; si elle persistait trop longtemps, elle s'échapperait par la plaie comme les fils de soie phéniqués ou les fils de lin. La disparition spontanée du catgut dans les plaies est due, non à une dissolution chimique, non plus qu'à un processus d'organisation qu'il subirait, mais à l'invasion des leucocytes qui le font disparaître, pendant que de nouveaux tissus prennent sa place ; mais si la préparation du cat-

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gut a été trop loin, ce changement ne se produit pas, et le catgut agit comme corps étranger.

La ligature au catgut doit eu général être assez serrée pour diviser les tuniques interne et moyenne de Tartère ; il faut faire un nœud carré et les deux bouts doivent être coupés près du nœud. Sans doute l'artère peut dans beaucoup de cas, môme dans la plupart, être oblitérée par cette ligature, quand les tuniques interne et moyenne ne sont pas divisées. Jameson, de Baltimore, a montré, il y a plus de cinquante ans, que les ligatures faites avec des fils en peau de chevreuil oblitéraient les artères, sans couper leurs tuniques interne et moyenne et sans détruire leur continuité. Aussi déconseillait-il toute ligature faite avec une substance insoluble; il regardait non seulement comme inutile, mais comme très hasardeux, de couper les tuniques interne et moyenne, comme le voulait Jones, etc., et il se rangeait à Tavis de Scarpa en ce qui concerne les ligatures plates; mais, en se servant de peau de chevreuil, il n'avait pas besoin, comme Scurpa, d'enlever ces ligatures avant le quatrième jour. L'expérience a cependant montré que la forme ronde est la meilleure pour les ligatures faites de tissus animaux aussi bien que pour les autres ; et qu'en général il est préférable de diviser les tuniques interne et moyenne. Il est clair que l'effet hémostatique des ligatures faites de tissus animaux est beaucoup augmenté par ce procédé, tandis que les mauvaises chances à courir sont loin d'être augmentées dans la même proportion, surtout si la plaie est recouverte d'un pansement antiseptique.

On a encore employé dans la ligature des vaisseaux d'autres tissus animaux. Barwell s'est servi de cordons provenant du tissu élastique et musculaire des artères, obtenus en découpant en spirale l'aorte du bœuf; Sterling s'est servi du tendon du kangouro d'Australie. Le D' Ishigouro, de l'armée japonaise, a préconisé le tendon de baleine, qui est fortement recommandé par un certain nombre de chirurgiens. Le D' Wyeth a employé le nerf sciutique du veau. Le catgut pourtant présente certains avantages que les autres tissus ne possèdent pas. On peut se le procurer partout en abondance; il donne des fils solides et très souples , on lui donne toutes les dimensions répondant à tous les besoins du chirurgien ; il est extrêmement bon marché et se prépare aisément par la méthode donnée ci-dessus. Les seules précautions à prendre sont : i® de se servir de celui qui est spécialement destiné aux ligatures, et de choisir

un catgut assez fort ; 2* de passer le fil entre le pouce et l'index de façon à le débarrasser de tout excès d'huile phéniquée; 3* de faire le nœud avec soin ; et 4* de laisser des bouts d'environ un quart de pouce de longueur.

Ligatures métalliques. — Les excellents résultats obtenus par Sims, Emmet et d'autres encore dans l'opération de la fistule vésico- vaginale, semblaient justifier la croyance que les fils métalliques — d'argent, par exemple, de plomb, de fer — étaient moins irritants que les fils de chanvre, de lin, etc., et celte croyance était en apparence confirmée par les expériences de Simpson. OUier était coudait par l'observation et l'expérimentation à attribuer aux fils métalliques les avantages suivants : i^ ils ulcèrent et divisent les tissus moins rapidement ; 2° ils déterminent moins de sopparation autour d'eux ; 2^ ils sont plus vite tol^ par les tissus et peuvent être maintenus en place pendant plus longtemps ; 4<* ils laissent des cicatrices plus petites ; 5<* enfin ces avantages sont tous dus au moindre degré d'irriti^ tion qu'ils provoquent. Les expériences d'OOier montrèrent clairement l'importance de la fmm du fil métallique ; en comparant les effets d'an fil de la grosseur d'un poli de barbe et ceux du fil ordinairement en usage, il vit que la snpèriorité du premier était indéniable. Quand les fils étaient de la même grosseur, la différence était moins sensible ; et quelquefois elle était inappréciable pendant plusieurs jours. En général pourtant les fils métalliques présentaient cette supériorité, d'être finalement tolérés (c'està-dire que la cicatrisation se faisait autour d'eux comme autour des boucles d'oreiUes), tandis que les fils faits de tissus végétaux continuaient à entretenir de la suppuration. H trouva que les fils de fer étaient aussi bien tolérés que les fils faits d'un autre métal; et comme ces fils peuvent être extrêmement fins tout en restant suffisamment résistants, il finit par s'en servir exclusivement (1). C'est ainsi que les sutures métalliques devinrent bientôt populaires parmi les chirurgiens.

Les sutures métalliques n'irritant pas les tissus et ne se recourbant pas, l'idée vint naturellement d'employer les fils métalliques dans les ligatures d'artères. Le D' Stone, de la Nouvelle- Orléans, lia l'iliaque primitive avec un fil d'a^ gcnt en 1859. Depuis, le professeur Gross a lié la fémorale, et le professeur Agnew la brachiale avec la même espèce de fil. En 1806, le D' Mas-

(1) OUier, Gaz, hebd,, 1S62, p. 135, 181, 261, 3â9.

TRAITEMENT DES HÉMORRHâGIES CHIRURGICALES.

tin, de Mobile, lia l'iliaque externe de même. Dans ces ligatures, comme dans celles faites avec des fils de tissus animaux, les deux bouts sont coupés près du nœud. Pourtant la disposition finale est tout à fait différente. Dans les ligatures animales, le fil laissé dans la plaie doit se ramollir, sintiltrer de leucocytes et finalement être entièrement absorbé, tandis que le mieux qu'on puisse attendre d'un fil métallique, c'est qu'il 8*enkyste.

Apin-éciation des différentes espèces de ligature, — Le fil de lin d'Avicenne et le fil de chanvre des temps modernes conviennent admirablement par leur forme, leur grosseur et leur force, à la ligature des vaisseaux. Mais d'autre part, ces fils peuvent déterminer par leur présence une grande irritation des tissus, non seulement comme corps étrangers, mais parce fu'ils peuvent être le siège et le point de départ d'une fermentation acide particulière. Lister, 4iDS une opération de goitre, posa six ligatures ée fil de chanvre phéniqué. Pendant les huit premiers jours tout se passa bien. Le neuvième jour il se produisait un peu de pus. La suppulitbn augmenta, et au bout d'un mois une des lîgatares de chanvre tomba. Six jours plus tard, quatre autres tombèrent à leur tour, n'ayant subi en apparence aucune altération. EOes furent soumises à un examen attentif. EOes avaient une odeur acide, et rougirent le fÊgiet de tournesol; l'alcalinité naturelle du iénun sanguin s'était donc transformée en acidité par une fermentation particulière différant de la putréfaction, qui aurait, si possible, rendu le sérum plus alcalin encore. Sous le microseope on trouva dans les interstices des fils de petits organismes auxquels Lister donna le nom de granuligera, réunis par groupes de deux, trais et quatre, etc., complètement différents des chaînes de bactéries. Ces micrococcus, en le développant en grande abondance dans les ioterstices des fils de chanvre, avaient produit me fermentation du sérum. Le sérum acide trait irrité les tissus, et les fils phéniqués, qui autrement auraient pu s'enkyster, avaient déterminé de la suppuration. Le dernier ûl finit ptr tomber, sans avoir subi d'altération en appirence (i). Nous avons ici un exemple de ce qui peut arriver, môme avec le pansement antiseptique, quand on emploie des fils faits de tissas végétaux.

La soie phéniquée (soie blanche qui a été trempée pendant une demi-heure dans un nié-

(1) Lister, Med. Times nnd Gaz., 5 févr., 1881.

lange de cire fondue et d'acide phéniqué) ne présente pas, selon moi, les mêmes inconvénients pour la ligature des vaisseaux. Simon, après un grand nombre d'expériences, ne remarqua pas de différence importante entre les bons fils de soie et les fils métalliques fins, pour les sutures dans l'opération de la fistule vésico-vaginale (1). La soie phéniquée présente l'avantage d'être antiseptique, forte et souple, qu'on se la procure facilement, qu'elle s'applique et s'enlève aisément. Elle a le désavantage de jouer le rôle de corps étranger et de se frayer un chemin par ulcération à travers les tuniques artérielles.

Les ligattires métalliques, n'étant pas absorbables et ne se laissant pas imbiber par les liquides, présentent un avantage spécial, mais elles ne sont pas toujours faciles à appliquer, et ne conviennent certainement pas aux ligatures d'une manière générale. 11 reste pourtant à l'avenir à nous apprendre leur véritable valeur dans la ligature des grosses artères dans leur continuité, comme les iliaques, la fémorale, la brachiale, etc. Mais il semble dès aujourd'hui tout à fait probable que, de même que les autres ligatures permanentes non irritatives, elles se détachent la plupart par ulcération : elles présentent donc tous les dangers propres à ce processus, absolument comme les ligatures de soie phéniquée. Je suis persuadé même qu'en général le fil de soie phéniquée est préférable à toute autre ligature permanente pour les artères.

Les ligatures animales, c'est-à-dire les ligatures faites de peau de chevreuil, de tendons de daim, de kangouro, de baleine, de catgut et des parois de l'aorte du bœuf ne sont pas permanentes, et possèdent, quand elles sont bien préparées, une grande supériorité sur toutes les autres, en n'agissant pas comme corps étrangers. Elles ne déterminent aucune irritation ; elles s'infiltrent de leucocytes et sont entièrement absorbées en temps voulu ; elles sont remplacées par de nouveaux anneaux fibreux. La tendance de quelques-unes de ces ligatures à se ramollir prématurément et à glisser ou à se dénouer trop tôt les faisait rejeter autrefois dans les ligatures d'artères; mais cette objection n'existe plus, car elles peuvent être préparées de telle sorte qu'elles tiennent et acquièrent en même temps une grande souplesse et une grande force. Pour les ligatures en général, je crois que le catgut, préparé selon

(Ij Simon, New Syd, Soc. Yearùook, 1862, p. 181.

JOHN A. LIDELL. - PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS

la méthode de Lister, est supérieur à toute autre espèce de ligature ; cette supériorité est attestée par les chirurgiens du monde entier aussi bien que par les considérations données plus haut. En somme, le catgut phéniqué semble remplir toutes les conditions d'un hémostatique parfait. Une fois le nœud fait, les deux bouts doivent être coupés, et la plaie fermée d'une manière définitive.

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