VI. — Acupressure
En dëcenabre ISiiS, cette méthode d'hémo- Iste fut proposée par sir James Simpson dans ise communication h la Société médico-chin^cale d'Edinbourg.
Les instruments nécessaires sont très simplet cl très peu nombreux. Ils consistent : l°on ^gles, à pointe de buonnetle d'une longueur vuitatde trois à cinq pouces, pourvues de tâtes <ie terre ou de cire pour en faciliter l'ititroduc-
tion ; 2" eu aiguilles enfllées avec un fil de fer, et 3" de fils de fer minces bien recuits, de cinq h six pouces de longueur. Sur les lambeaux l'aiguille à coudre ordinaire est 1res suffisante. 11 y a plusieurs manières d'employer les épingles pour comprimer une artère; mais en pratique elles peuvent se réduire à trois (1).
i. Compression directe. — Elle se fait au moyen d'une épingle passée à travers le lambeau, au-dessus de l'artère, puis de nouveau à travers le lambeau, de manière à comprimer l'artère contre la plaie musculaire ; en d'autres termes, l'artère est fixée à la face du lambeau BU moyen d'une épingle, comme un fixe une rose sur le parement de son vêtement.
2. Compression au moyen d'un jtl de fer. — On passe lo pointe de l'aiguille ou de l'épingle audessous du vaisseau, puis on place au-dessus et au-devant de l'artère une anse de Hl de fer qui est fixée ^ l'épingle ou à l'aiguille: on la passe alors à travers le lambeau opposé. Un bon procédé est de placer une anse du fil au-dessous de la pointe de l'aiguille déjà eu place, d'en faire passer les deux bouts au-devant de l'artère, puis de passer l'un d'eux sous la tête de l'aiguilla, et finalement de nouer les deux bouts.
3. Compression pur torsion (flg. 809). — On Iransfixe avec une épingle la plaie ou le moignon à un pouce ou plus de l'artère on A, puis
Fig. 890. — Acupressure par tor^ioi
on fait faire à la tête de l'épingle un demi-tour qui la porte en B ; en ce point on enfonce l'épingle dans les tissus. Les épingles ou les aiguilles ne doivent pas être laissées plus de quarantehuit heures en place pour les grosses artères ni plus de vingt-quatre pour les petites; un temps beaucoup plus court a même été trouvé suffisant pour obtenir une oblitcraliou permanente.
A CCS méthodes il faut joindre celle du D' Buclt, de New-Vork, qui consiste en une tor-
(I) Voyai Chirurgie oiéraloire in Enci/elopédie, t. », p. »7.
JOHN A. LIDELL. — PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS
[ISS
sion de l'utère combinée à la tranafixion. On saisit d'abord Tarière avec une pince à torsion et on la lord deux ou trois Tob ; puis on passe l'aiguille à trarers l'ulère et on la fixe dans les tissus voisins.
Brvant a Tait remarquer, à une réunion de la Société royale de médecine et de chirurgie (t), que >> l'acupressure a été presque abandonnée, parce qu'elle était souvent suivie dliémorrhagies secondaires dans les cas de plaies d'arléres, le
vaisseau n'étant pas fermé asseï longtemps potir permettre nne oblilératloa permanenla ■. Le professeur Esmarch (<} ne fait aucune mention de l'acupressure ; je pense qu'il a parfaitemeol raison, parce que, malgré son importance historique, elle n'a qu'une valeur pratique médiocre.
VU. — Artérivertion.
Le D' Weber, de l'Université de Woosler,
double pouué an pea pini loin.
point où l'artér» doit fitre retoamée, le crocbst
à Cleveland, Ohîo, propose de serrer les oriRccs des arttrea sectionnées dans les amputations on renversant leurs bouts à l'aide d'un petit instrument, qu'il nomme artériverleur ou /Lrahiir
(t gaine de Luer, de Paris. On peut avec cet instrument renverser les bords des orifices des a^ lères ouvertes comme on retourne les manches de son habit. On reurorce ainsi l'oriBce en en
FIg. Mî,
— Aipect de l'artère, une fols l'invenioD 1 ■nt qu'on enlève l'instrumont.
- Partie relournée de l'artère pourvue d'une |
doublant les parois de façon à obUtércr effectivement le vaisseau.
L'opération se fait facilement en introduisant l'extrémité à crochet de l'instrument dans l'artère jusqu'au point où le renversement de ses parois doit se faire, et en plantant là les crochets dans les tuniques interne et moyenne ; puis en
([} Bryint, Lancet, !G mira ISSI.
petite clieville, préparée en brisant le beat d'une liguillc flne. Celte elievi Ile, quand on la lajue en place, ne semble faire aucun mal.
saisissant l'extrémité de l'artère avec une pince tenue de l'autre main, et en faisant glisser le segment du vaisseau compris entre les deiu instruments au-dessus du premier sur les crochets comme sur un point fixe (Bg. 900 et »!)■ La rétroversion une fois elTectuëe, le vaisseaii
(I) Esmarcb, Chirurgir de guerre. Manuel depmlemenli et d'opéraliom. Paria, 1S79,
TRAITEMENT DES HÉMORRHAGIES CHIRURGICALES
conserve toujours une forte tendance à se dérouler de nouveau, due aux pulsations de Tartère elle-même ; on peut la combattre en introduisant dans Torlfice une fine cheville d'acier, faite avec le bout d'une aiguille anglaise n<> 12 (fig. 902).
Le D' Weber a opéré avec succès par celte méthode sur la fémorale, la brachiale et les tibiales antérieure et postérieure dans les amputations de la cuisse, du bras et de la jambe (1). 11 préconise cette méthode, qui présente l'avantage de ne laisser guère dans la plaie que des tissus vivants. La valeur de cette opération n*est pourtant pas encore établie.