‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 221 sur 452 · X. — Hémostatiques internes · texte numérisé non relu

X. — Hémostatiques internes

Il y a un certain nombre de médicaments, qui, administrés à l'intérieur, peuvent contribuer beaucoup à arrêter une hémorrhagie, quand les vaisseaux ouverts sont petits, comme ceux des fosses nasales, de la cavité utérine, des poumons, etc. Les plus importants de ces médicaments sont : 1* Tessence de térébenthine, à la dose de dix gouttes dans un mucilage ou en émulsion simple, toutes les quinze ou vingt minutes ; 2* Fextrait fluide d'ergot, vingt à trente gouttes toutes les demi-heures; 3<* Facide gallique, dix grains par heure ; 4* l'acide sulfurique aromatique, quinze gouttes toutes les deux heures dans de l'eau ; 5* l'opium à doses suffisantes pour combattre l'agitation et l'anxiété, excellent médicament dans les hémorrhagies ; et 6° l'acétate de plomb, deux grains au moins, toutes les heures ou deux, combiné à l'opium ; celte combinaison a quelquefois supprimé des hémorrhagies qui avaient résisté à tous les autres movens.

nurrKMBNT consécutif des hémorrhagies.

Une fois l'hémorrhagie arrêtée, tout ce qui pourrait la ramener doit être évité avec soin. Le malade, de même que la partie blessée, doivent être maintenus au repos absolu. Quand l'hémorrhagie a clé arrêtée principalement pnr la compression, il est souvent prudent de continuer la compression de l'artère principale du côté du cœur, ainsi que du vaisseau blessé luimême au niveau de la plaie, jusqu'à ce que la période de réaction soit entièrement passée et plus longtemps encore; il faut en effet que les caillots obturateurs ne soient pas enlevés par le courant sanguin.

11 faut aussi prévenir le retour possible de l'hémorrhagie en tâchant d'obtenir la réunion de la plaie par première intention, la plaie du vaisseau se cicatrisant parallèlement. On fera des pansements antiseptiques et on emploiera la méthode antiseptique dans toute son extension. Mais quand la plaie devra suppurer, — comme par exemple une plaie par arme à feu ou une plaie contuse, — il faudra t&cher de pièvenir le retour de l'hémorrhagie, en drai-

nant la plaie pour permettre au pus de s'écouler tout de suite (I). Si la plaie s'enflamme, il faut y appliquer de la glace, administrer au blessé des boissons froides et restreindre son alimentation. On préviendra l'infection constitutionnelle par une propreté absolue, par des pansements antiseptiques, par la fraîcheur et la pureté de Tair, par une alimentation nourrissante et reconstituante. Dans toutes les plaies intéressant de gros vaisseaux, le blessé doit être soumis à une surveillance de tous les instants, de façon à ne pas être pris au dépourvu par une hémorrhagie ; et les aides doivent être instruits de ce qu'ils doivent faire avant l'arrivée du chirurgien. On doit surtout veiller à ce qu'il ne se produise pas de fusées purulentes et d'inflammation autour des vaisseaux; on aura recours aux incisions promptes, à un drainage complet, aux antiseptiques et à l'emploi judicieux des antiphlogistiques mentionnés plus haut, quand la réunion par première intention ne peut être obtenue.

Quand pourtant la perte de sang a étéwtrès grande, que le malade a failli succomber et est très affaibli, la conduite à tenir est toute différente. Avant tout, il faut éviter la syncope, car dans l'état d'anémie cérébrale où se trouve le blessé, elle pourrait être mortelle. La tête doit donc être tenue dans une position déclive, de façon à faire arriver le sang au cerveau. Il ne faut pas même permettre au blessé de lever la tête pour satisfaire sa soif, qui peut être vive ; mais il faut le faire boire avec un tube ou au moyen de la tasse connue depuis longtemps pour cet usage, la tête restant dans une situation inclinée, il ne faut pas permettre au blessé de laisser pendre ses bras et ses jambes, car le sang y affluerait et l'anémie cérébrale en serait accrue d'autant. Au contraire on pourra avec avantage élever les membres et les entourer d'une bande serrée allant des extrémités au tronc, de façon à diminuer autant que possible l'aire de la circulation, et de faire aller au cerveau plus de sang. Les boissons consisteront en lait tiède, auquel on ajoutera un peu de bon vin ou d'eau-de-vie; on donnera ces liquides en vue de remplir rapidement les vaisseaux vides ; et, dès qu'on le pourra, on donnera du thé de bœuf. Mais la quantité et les effets des stimulants alcooliques doivent être surveillés de près, de peur que leur excès ne

(1) Voyez Chirurgie opératoire in Encyclopédie de chir,, i, II, p. 88.

fasse mal. On fera respirer au blessé une solution ammoniacale forte pour augmenter la fréquence et l'ampleur des mouvements respiratoires. Il faut laisser l'air froid arriver librement jusqu'au blessé, mais en môme temps il faut Tentourer de chaleur sèche. Pendant la conyalescence, la teinture de chlorure de fer, le bon vin et une diète généreuse sont les principaux moyens de combattre Tanémie, la débilité, les palpitations et Tirritabilité nerveuse. Dans beaucoup de cas cependant, le chirurgien doit faire plus encore ; il doit faire la transfusion pour sauver la vie du blessé. Cette opération consiste dans l'injection du sang d'une personne dans les vaisseaux d'une autre, dans le but de combattre rapidement l'extrême épuisement.

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