‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 236 sur 452 · ENTRÉE DE L'AIR DANS LES VEINES · texte numérisé non relu

ENTRÉE DE L'AIR DANS LES VEINES

rée de l'air dans les veines est un accies dangereux. J'en donnerai quelques es.

remier cas connu fut publié en 1818 auchesne; Taccident se produisit penablation d'une tumeur volumineuse de 3 droite. Beauchesne ouvrit la veine re externe, juste au-dessus de son emire dans la sous-clavière, pendant l'exa d'une portion de la clavicule ; l'air enis la veine, et le malade mourut au boul lart d'heure.

B22, Dupuytren observa un exemple frapi cet accident :

levait une tumeur à la partie postéro-latérale chez une Jeune femme ; au moment où l'aide la tumeur pour permettre au chirurgien de la de ses dernières attaches^ un bruit de souffle é 86 fit entendre dans la plaie. » Si je n'avads ai loin des voies aériennes, dit Dupuytren, ern les avoir ouvertes. » Ces paroles étaient prononcées que U malade s*écria : « Je suis I Elle trembla et tomba morte. Une grosse veine »ort avec la tumeur et communiquant avec la re interne avait été ouverte pendant que la tuait fortement soulevée. Cette veine éuit adhé- BX parois d*un sillon, si bien qu'elle était resnte, une fois coupée : Toreillette droite était ne par Tair, qui s*en échappa, quand on Tou- I autres cavités du cœur contenaient du sang lans tous les vaisseaux il y avait beaucoup d*ahr ^ au sang. Aucune autre lésion.

icoup d'exemples de cet accident ont été I. En 1829, Amussat (2) en avait déjà retrente-neuf cas. Ils continuèrent à être

slpeaii, Nouveaux éléments de médecine opé^ 2« édition. Paris, 1839, t. U, p. 254. mniêat, Recherchée sur ^introduction accideni Vahr dam les veines. Paris, 1839.

Eoqrd* de cbimrgie.

très fréquents jusqu'à ce que l'usage des ânesthésiques devint généraL Depuis lors ils ont été très rares. On comprend que l'anesthésie, en supprimant dans les opérations pratiquées sur le cou, la poitrine et l'aisselle, les cris, les soupirs, les efforts et les inspirations forcées qui les accompagnent, diminue considérablement le danger de l'introduction de l'air dans les veines.

On en a publié pourtant deux cas dans la guerre civile américaine. Dans l'un d'eux la mort survint en deux minutes, dans l'autre au bout de sept à dix minutes.

Voici ces cas en abrégé :

1* Soldat, 21 ans, blessé, le 12 mai 1864, par une balle conique ayant fracturé le temporal gauche et s'étant logée dans le cou. Le 22 mai, pendant rextraction de la balle et des esquilles, il se produisit une bémorrhagie par la jugulaire interne, et la mort survint en deux minutes. Moseley attribua cette mort presque instan- Unée à la pénétration de Tair dans la jugulaire interne, qu*on trouva largement ouverte par une ulcération (1).

Ce cas est probablement unique, car le D' Gross assure qu'il n'y a pas d'exemple de cet accident après une plaie par arme à feu de la veine jugulaire interne.

20 Dans ce cas, la veine axillaire fut accidentellement ouverte pendant qu*on allait à la recherche de l'artère : soldat biessé le 6 novembre 1863 par une balle, ayant pénétré à un pouce et quart au-dessous de la partie moyenne de la clavicule, et ayant émergé près du bord inférieur de l'omoplate. A son entrée à l'hôpital, le 18, une énorme tumeur distendait le creux axillaire dans tous les sens et déterminait une grande tension de tous les tissus voisins ; les veines superfl-

(1) Moseley, Med. and surg, hist., etc., l**surg. vol., I pp. 265, 256«

JOHN A. LIDELL. - PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS

cielles étaient augmentées de voiame. Pendant son transport à Thôpital, il s*écouIa nne quantité de sang considérable par l^orifice antérieur; l^orifice postérieur était fermé et presque guéri. Le 19, on essaya de lier Tartère axillaire au milieu de cet immense caillot. Mais en la cherchant, la veine axillaire fut ouverte ; rentrée de Tair détermina de la syncope et la mort survint au bout de sept à dix minutes. Après la mort l'artère axillaire fut trouvée presque complètement divisée à un ponce environ avant le point où elle prend le nom d*artère brachiale (l).

C'est dans les grosses veines de la racine du cou et de Faisselle que cet accident a été le plus souvent observé. La jugulaire interne en fut le siège dans douze cas réunis par Gross, dont six morts et six guérisons. Dix de ces accidents se produisirent pendant Textirpatiou de tumeurs du cou; cinq morts et cinq guérisons (2). A ces douze cas il faut en ajouter un treizième tout nouveau, dans lequel la mort fut produite par rentrée de Tair dans la jugulaire atteinte par un coup de feu. Ces faits montrent que Taccident se produit surtout quand la veine est ouverte près de sa terminaison dans rinnominée.

Cet accident a également été observé sur la sous-clavière et Taxillaire. J'en ai déjà rapporté un exemple pour Taxillaire. Dans un cas de Delpech, il y avait de Thypertrophie de la veine axillaire, qui restait béante comme une artère.

Bransby Cooper (3) ayant lié les vaisseaux après la désarticulation de Tépaule, voulut enlf.'ver un ganglion axillaire, et en le disséquant, il entendit un bruit de gargouillement, semblable à celui produit par Tair qui s* échappe en même temps qu'un liquide du goulot étroit d'une bouteille : le malade tomba immédiatement dans un état de coUapsus, et devint d'une pâleur mortelle; pupilles fixes et insensibles à la lumière, pouls petit et Qottant, bien que régulier par intervalle ; respiration pénible et faible, avec un soupir à intervalles irréguliers ; Jambe gauche en apparence paralysée. Pendant plusieurs Jours les symptômes de prostration continuèrent, mais la femme guérit. A sa sortie de Thôpital, six semaines après Topération, elle traînait encore la jambe gauche.

Roux, en désarticulant Tépaule par la méthode de Desault, entendit tout d'un coup un sifflement bien distinct. Pâleur, syncope, mouvements convulsifs et mort. Autopsie: Ventricule droit mou et distendu par

(1) Moseley, Med. and surg. hist., etc., l*^ surg. vol., p. 555.

(2) Gross, loc. cit,, pp. 38, 39, 329, 333, 338, 339.

(3) Bransby Cooper, Med, chir. transact,, vol.

xxvn, p. u.

un mélange d*air et de sang; globules d^alr dans les veines coronaires; écume dans U veine cave sapérieure (i).

Le D' Mussey, on 1887, extirpa la clavicule et Toméplate six ans après avoir amputé le bras. An moment de lier Tartère sous-clavIère, on entendit on faible bruit de gargouillement, et on aperçut une bulle d'air dans l'ouverture de la veine sona-clavière. L*opéré poussa un faible cri ; ses yeux se roulèrent et devinrent fixes; son cou et sa face se couvrirent d'une sueur froide ; le pouls était imperceptible ; il y eut perte de connaissance pendant huit ou dix minutes; enfin le malade guérit (2).

M. Jessop fit l'amputation de rextrémité supérieure comprenant l'omoplate et la moitié externe de la clavicule (3). Au moment où il enlevait la clavicule l'air entra dans la veine sous-clavière en produisant uo bruit. Le malade était à moitié mort, mais il se remit, et au bout de trois semaines la plaie était guérie.

L*entrée de Tair dans les veines s'est produite assez souvent dans les opérations qui mettent à nu les veines secondaires des régions sousclavière, axillaire et sous-scapulaire.

Le 4 juillet 1837, Amussat amputa le sein droit ; eo faisant une incision dans du tissu suspect au-dessoes de la clavicule droite, il entendit tout à coup un soo distinct, semblable à celui que ferait l'air eu pénétnut dans une cavité par un orifice étroit. Syncope, sueurs froides ; mais finalement guérison.

Warren observa aussi un cas de pénétration de l'air dans la veine sous-scapulaire, qui était tendue par U position du bras.

Dans un cas de Castara, il y eut section incomplète d'une veine s'ouvrant dans la sous-scapulaire pendant qu'on soulevait la tumeur ; l'air y pénétra (4).

^ Voici donc neuf exemples de pénétration de Tair dans les veines de Faisselle pendant les mouvements inspiratoires, dans des amputations ou des ablations de tumeurs.

Mais on a observé souvent la pénétration de l'air dans les petites veines du cou ouvertes. J'en ai déjà présenté deux exemples. Dans les cas de Dupuytren il s'agissait d'une veine s'ouvrant dans la jugulaire interne. Dans celui de Beauchesne, la jugulaire externe était incomplètement divisée. En outre on connaît au moins trois autres cas de pénétration de Tair dans la jugulaire externe :

(1) Roux, Journal des connaissances midieo'ehir., sept. 1836, pp. 108, 109.

(2) Mussey, Amer.Joum,, etc., février 1838, p. 890.

(3) Jessop, BriL med. Joum,^ 3 Janvier 1874.

(4) Castara, Amer, joum,, etc., novembre 1837, p. 233.

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