‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 237 sur 452 · ENTRÉE DE L'AIR DANS LES VEINES. - RÉGION DANGEREUSE · texte numérisé non relu

ENTRÉE DE L'AIR DANS LES VEINES. - RÉGION DANGEREUSE

(I) omrlt nne t«tne qa'll cmt fitre ii ]u^rne, en litnt l'ulira imu-cUTièra lu-daiiui icnle. L« bruit de pénétrttlan de l'air d*ilR e reproduisit troi* foit.

;ne <1) rapports un cas dana lequel l'accident ail par aaile de la aectlon incoDiplète de la ulalre eiterns comprise dani une tumeur, 3), eii liant l'artère sona-claiièra pour un ané- )U'rrll la leins jagalaire eiterne, et l'air y l.a Ifile de l'opéré tomba en arrière, lea yeai aèrent, 1* face détint pile; guériaon. ne accident irriT» dans un cas de Wan-en, à e la division de petites branchea de commu- :ntre les Jugulairea interne et externe, le cou lu.

ne accident se produisit dans une petite la parLie sapdrieure du cou. Uott dWisant la :ale en enlevant une tumeur de la parotide un bmit de gargouillement, ■ La reapirallon edcvintlmmèdiatementdirSclle et laborieuse, > mit ï battre Tlolemment et irréguli^remenl, se convulsèrent et la malade fut pris de lis lelles qu'il fut Impossible de te maintenir le. Il resusorle plsncher dans cet éiatpendemi-heure k peu près. Quand lea coovullèrent, il était bémipldgique; une heurs au icoula avant qu'il pût parler, et ce ue fut it d'un jour presque entier qu'il put recougs du bras et de la Jambe {i). »

s Clark publié un cas de k mime espèce, ble par la lentenr avec laquelle l'air fut r la veine, et le retard dans l'apparilinn des » (i). Une incision avait ët^ faite an-desana lyolde, la dyspnée a'établit gradosllement ; ■enta jaaqu'an moment de la mort, pendant m heurea environ. A Vautopiitte sang con- I le coeur était apumeui. Uns veine à demi liée seulement sur son beat périphérique.

RëBlon dangereuse.

ente cas prouvent qu'il existe une ré- » étendue dans laquelle les opérations calée sont parlicubèrement dangereuise de la poseibililé de la péDétratJon dans les veines par aspiration Ihoracit espace comprend presque toute la cervicale, la région sus-claïiculaire, e, la Bus-scapulaire. L'accident en quesd'autanl plus Tacite qu'on est plua près

lad, Thèse. Paria, 1836.

galgoe. Trailé tTanalomie chirurgicale tt de ■ tipéririenlale. V édition. Paria, 1859, t. Il,

lec, Traili de la ligature des artères. Parla,

a Clark, Brïf. med. JourTi., :i août 1869.

du tronc brachio-céphalique ou de la veine innominée. On Toil également que l'ouverture des petiles veines est presque ausd dangereuse que celle des grosses, et que lea veines les plus dangereuses sont les jugulaires interne et ei> terne, la sous-clavière, l'axillaire, les thoraciques et les sous-scapulaires. Les opérations les plus dangereuses sont la désarticulation de l'épaule, de la clavicule, de l'omoplate, la ligature de l'artère sous-clavière et autres et l'extirpation de tumeurs, depuis celles du volume d'une noix à celles qui ont les dimensions de la léte d'un enfant.

Je dois mentionner ici quelques autres cas de l'accident en question, bien qu'ils n'aient pas un intérêt spécial pour le chirurgien.

Le D' Gross cite par exemple un caa dana lequol la veine avait été ouverte par une ulcération. Une dea Jngulaires communiquait avec un ulcère par une onverture de ses parois. Il y eut uns légère hdmorrhagie. suivie d'un brait de gargouillement, etc., st d'une syncope grave i la malade revint h elle sons l'inlIueDce des atimulant* (1).

Le D' Cordwent rapporte an cas dans lequel il croit que l'air a pénétré dans les veines de l'ntérus après l'accoaehement (2).

Le professenr Dalion cite un caa dans lequel on se servit d'ans eonds de gotla-percha pour rompre lea membrane* et provoquer l'avortement. La malade tomba et mourut. On trouva de l'air dana les veines et le ccBur; le cbimi^ien crut que cet air avait été inaunié fc travers la sonde pour prodolre l'avortement désiré (>}.

Depaul rapporta à la Société de chirurgie un cas dans lequel on employa la douche pour délermlaer un travail prémattiré. Un bruit de gargouillement se fit entendre, et le femme moonit subitement. En faisant l'opération céaarieans potl morttm, il s'échappa de l'air h l'ouverture de l'nténis ; le tissu utérin étsit d'un ronge brillant et le sang était spumeux (4).

Le D' Parise observa pluileura fola la mort subite dans dea cas de gangrène dea membrea ; il admit que la mort était causée par l'entrés de gai putrides dans les veines et dans le coiur (S).

Haisonneuve, en 1853, a publié plusieurs cas de f;angrène rapide avec dévetoppsmeni de gai putrides dans lea vslneai mais il admet que la mort eat due à l'empoisonnement du sang-

L'entrée de l'air ou d'un gai dans lea vdnea détermina la mort subite dans un cas pendant la guerre de Crimée :

(I) Groas, Amer. Joun. ù[ tht med. te., avril 1S71, p. 337.

(î) Cordwent, Saint-George hotp. rep., vol. Hl. (3) Dalton, Amer. med. Uonthty. Jane 1860. (t ) Depaul, BtilL de la Sodtl* de cAtrur^û, jwll. IS60. (S) Parise, Areh. gin. de méd., nov. 1880-

JOHN A. LIDELL. — PLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS

Un ftoldat, âgé de vingt ans, eut la jambe gauche brisée par un coup de feu le 18 juin 1855. Le )! septembre on fit Tamputation immédiatement au-dessus du genou; mais le moignon n'alla pas bien. A une heure du matin on trouva Topéré mort dans son Ut ; il avait conversé avec son voisin jusqu*à onze heures. Autopsie: Poumons sains mais un peu exsangues. Oreillette droite distendue par une mousse d*un rouge vif; ventricule droit également distendu, mais contenant moins d'air. Veine cave inférieure distendue par on sang spumeux écarlate, ressemblant, avant d*6tre ouverte, à une portion du petit intestin. Moignon ne présentant pas de commencement de réunion ; lambeaux séparés par des gaz fétides; veine fémorale onverto à la surface du moignon (1). Si cette veine avait été liée, l'accident ne se serait pas produit.

Causes.

Les observations ci-dessus rapportées indiquent que les causes de la pénétration de Tair dans les veines sont les suivantes :

i^ L'aspiration exercée par les mouvements inspiratoires du thorax sur la veine innominée et ses affluents. Cette aspiration se manifeste par un mouvement de flux et de reflux dans ces veines isochrone aux mouvements inspiratoires et expiratoires du thorax;

2^ L'existence d'une ouverture béante dans ces veines. Cet état béant est dû dans beaucoup de cas à Tadhérence des veines aux fascias. Les contractions musculaires produisent un effet semblable ;

3° La canalisation des veines, c'est-à-dire leur conversion en tubes rigides. Celte canalisation est due, soit àTlnflammation de leurs tuniques, à l'induration du tissu connectif voisin, à leur situation au milieu de tumeurs;

4^^ Le chirurgien peut lui-même rendre béante Touverture d'une veine en soulevant une tumeur, en faisant tendre le cou par l'extension de la tête, ou l'aisselle par celle du bras, en faisant une entaille dans la paroi d'une veine, et enfin en négligeant de placer une double ligature sur la veine blessée, comme cela est arrivé dans le cas de Le Gros Clark.

Symptômes.

Au moment de l'accident il se produit un bruit de sifflement, de succion, de gargouillement ; des bulles d'air apparaissent quelquefois dans la plaie ; une pâleur mortelle se répand

(1) Med, and surg, hist, of the Cntnean wavy vol. H, p. 277.

sur la face, le pouls devient petit et faible ou presque imperceptible, et raction du cœur laborieuse, rapide et faible; la respiration est laborieuse et embarrassée, faible et précipitée; les yeux sont fixes et les pupilles largement dilatées. Si la quantité d*air emmagasinée est faible, ces symptômes peuvent disparaître au bout d'un certain temps et la guérison se produire ; mais dans le cas contraire, la syncope et les convulsions sont bientôt suivies de la mort.

Les symptômes peuvent être masqués par l'action des anesthésiques. Aussi les descrip^ tious de cet accident sont-elles bien moins dramatiques depuis Tusage des anesthésiques. Il n'est pas improbable qu'un certain nombre de cas de mort attribués au chloroforme soient dus à la pénétration de l'air dans les veines.

Dans les opérations pratiquées dans les régions dangereuses, on entend quelquefois un bruit de sifflement ou de succion qui n'est pas dû à l'entrée de l'air dans une veine. Ce brait peut se produire quand on ouvre le fascia profond de l'aisselle tendu par l'extension du bras, ou celui du cou tendu par l'extension de la tôte, ou celui de toute région protégée de la môme façon contre la pression atmosphérique. Voici un exemple intéressant de cette parUcolarité :

En 1830, le professeur Stevens, à Thôpital de New- York, en extirpant une tumeur volumineuse située sous le stemo-mastoidien gaucbe, après l'avoir détachée complètement excepté au niveau de son bord postéro-interne, la tira en dehors et en avant, et divisa, près de son embouchure dans la jugulaire interne, une veine d'un volume considérable. Il s'échappa une demi-once de sang veineux; un instant après on entendit un bruit semblable à celui qui se produit quand on aspire dans une seringue les dernières gouttes d'eau d*un bassin. « Il y eut un moment de grande anxiété, dit le professeur Stevens, car le cas du malade de Dupuytren était présent à ma mémoire. Je plaçai immédiatement un doigt sur l'ouverture du vaisseau, saisis le pouls de l'autre main et observai le malade. Tout allait bien et les réponses du malade confirmèrent ce que j'observais. » Il fit la ligature de la veine jugulaire interne au-dessus et au-dessona de Tembouchure de la veine. Les ligatures tombèrent le quatorzième jour, et tout alla bien ensuite (1).

L'exemple suivant appartient au même ordre de faits :

Le professeur Verneuil, en enlevant une tumeor de la glande parotide droite, divisa une veine (la jaga-

(1) Cooper, Surg, dictionnaryt tupplém., pp. 16S»

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