PHLÉBITE. — CAUSES ET SYMPTOMES
La fibrine, facteur essentiel dans la coagulalion du sang, n'existe pas telle quelle dans ce Quide k Tétat normal. Le sang vivant circule toujours sans qu'il se fasse aucun dépôt de Bbrine dans l'organisme. D'après Denis (i), le plasma normal du sang peut être décomposé en une substance demi-solide, la plasminCy et un liquide, la terme, La plasmine à son tour peut se diviser en fibrine et en métalbumine ; la coagulation du sang serait due à la transformation de la plasmine en fibrine. Pour Poster, la coagulation résulte de l'action réciproque de deux corps, la paraglobuline et la fibrinogéne, déterminée par la présence d'un troisième élément, le ferment de la fibrine. A. Schmidt a poussé Teipérimentation plus loin : il est porté à croire que la paraglobuline et le ferment de la fibrine ont tous deux leur origine dans les leucocytes. Cette théorie est très séduisante. Il faut aTouer que l'observation pathologique prouve qœ la coagulation se fait plus facilement dans les lones d'inflammation ou autour d'elles, là où les leucocytes sont le plus abondants. En outre, en étudiant les thrombus formés lentement, on reconnaît qu'ils se composent de couches de leucocytes alternant avec un réseau flbrineux (Green).
Dans l'état actuel de la science, nous ne poufOD9 affirmer k coup sûr quel est dans le sang le ficteur essentiel de la coagulation. Nous ne connaissons pas davantage la réaction qui amène la précipitation de la fibrine. Les faits connus « semblent cependant indiquer la conclusion suivante : il existe une certaine relation d'équilibre entre le sang, tant qu'il se trouve dans des Taisseaux vivants, normaux, et ces vaisseaux eox-mêmes. Aussi longtemps que cet équilibre persiste, le sang reste fluide; vient-il à être rompu par des modifications dans le sang ou dans les vaisseaux (ou bien aussi par l'évacuation da sang), ce liquide éprouve des altérations qui amènent sa coagulation » (Poster;.
Le sang est extrêmement sensible à la moindre irritation mécanique, au moindre arrêt (|ui se manifeste sur son chemin. La plus légère lésion, le plus faible épaississement delà cou
(1) Denis, Mémoire sur le sang. Paris, 1850.
che endothéliale peut occasionner un dépôt de fibrine. Une fine aiguille, un fil, métallique ou autre, introduits dans l'intérieur d'un vaisseau normal se couvrent d'une coagulation fibrineuse. Au microscope, on voit que les leucocytes se rassemblent en grand nombre sur ce corps étranger, et qu'ils servent de centre pour la production ultérieure de la fibrine.
Causes. — Symptômes.
On a distingué la phlébite traumatique et la phlébite idiopathique : ce dernier terme a été appliqué indifféremment k toute phlébite qui n'est pas la conséquence directe d'un traumatisme appréciable*
La phlébite idiopathique est une affection relativement rare (Virchow). Elle débute sans traumatisme, après un refroidissement, à la suite de certaines fièvres, de varices (Hamilton). Elle peut être une complication de la syphilis (Hutchinson) ou de la diathèse goutteuse (Paget). Quelle que soit sa cause, la phlébite idiopathique se rencontre habituellement dans les veines des extrémités inférieures.
La phlébite traumatique se développe autour d'une solution de continuité des parois veineuses, totale ou partielle ; elle se voit aussi sous l'influence d'une inflammation de voisinage, d'un violent exercice musculaire ou d'une forte compression .
L'inflammation des sinus utérins pendant ou a près ^ l'accouchement, appelée par Gornil et Ranvier phlébite spontanée^ est en réalité une phlébite traumatique due à une irritation résultant de la compression et de la contraction musculaire.
On a divisé la phlébite en aiguë et chronique (Gros) ; on a distingué la phlébite adhésive^ purulente (Bryant), goutteuse^ diffuse (Hamilton). Ces termes expriment simplement les modalités différentes d'un processus pathologique toujours le même, Vinflammation d'une veine. Elle peut aboutir à la formation d'adhérences, à la suppuration, devenir diffuse ou chronique : cela dépend uniquement de la nature et de la cause de la maladie et de la résistance que le patient peut opposer aux progrès de l'affection.
450 JOHN A. WYETH. ~ AFFECTIONS CHIRURGICALES DU SYSTÈME VASCULAIRE. [6
PHLEBITE IDIOPATHIQUE.