II. — PHLÉBITE GOUTTEUSIi
D'après M. Bryant, les sujets atteints de goutte héréditaire ou acquise sont exposés à la phlébite.
Sir James Paget a décrit cette affection (I); M. Gay a publié un travaU sur le môme sujet.
Symptômes.
Dans on cas de ce genre, la phlébite peut ne pfésentar aucune particularité qtii permette le tHtgiMrrtfi* différentiel. Cependant elle a parfois des cavaetères spéciaux: symétrie de l'affection, Mfoaotes récidives, développement de métasta-
Camme les autres formes de phlébite, elle est fiais commune aux extrémités inférieures jfriRDC bras, mais on peut la constater nlm- Ipatte où. £lle frappe les veines superficielles plutôt que les veines profondes et avance souvent par bonds. Par exemple, un jour c'est une courte section de la veine saphëne qui est atteinte ; le lendemain, ce sera une autre section de cette môme veine ou d'une autre veine éloignée, ou la région correspondante de la veine symétrique de l'autre côté .
La veine malade est ordinairement dure et douloureuse au toucher. Les parties molles qui la recouvrent s'épaississent légèrement et prennent souvent une teinte rouge foncé. Quand les veines profondes sont atteintes, l'œdème apparaît et avec lui surviennent les symptômes bien connus' de la stase veineuse : le membre est tuméfié, gros, il se déforme ; il est raide et lourd. La peau est froide, elle est pâle ou plus souvent elle a une teinte légèrement livide qu'on reconnaît bien en la comparant avec la peau normale. On distingue sur la peau des taches évidemment dues à la distension des petites veines cutanées. En général, toute l'extrémité est œdémateuse, la peau est dure et tendue; ordinairement, elle ne cède pas à la
(1) Paget, Clinique chirurgicale, p. 376.
pression et le doigt n'y laisse pas une empreinte profonde.
Les symptômes généraux qui accompagnent cette variété de phlébite varient depuis la fièvre légère jusqu'à l'attaque de goutte aiguë.
Pronostic.
La guérison peut être complète, comme dans les autres formes de phlébite . Tantôt la circulation recommence dans la veine, tantôt l'oblitération est définitive. Les risques d'embolie sont les mômes ici que dans les autres phlébites (Bryant).
m. — PHLÉBITE IDIOPATHIQUB AIGUE
(non goutteuse et non syphilitique)^
Elle atteint une ou plusieurs veines.
Causes.
Comme nous l'avons dit, elle nait sous l'influence du froid ; les dilatations variqueuses, les fièvres graves et prolongées constituent d'autres causes à signaler.
Symptômes.
L'inflammation avance dans la direction du cœur. La veine est turgescente, dure, et ressemble à une veine normale dans laquelle on a momentanément arrêté le cours du sang. Cependant la sensation qu*on éprouve est moins élastique, on dirait que l'on touche une corde. On peut suivre la marche de la phlébite grâce à la couleur rouge foncé de la peau immédiatement au-dessus du vaisseau malade. La douleur existe en général; elle est exaspérée parla pression. L'œdème au delà du point malade est proportionnel à la gène delà circulation en retour. La fièvre dépend de la violence de la maladie, de la rapidité de sa marche, de l'intensité de l'inflammation et de la force de résistance des tissus. Dans les cas graves, la marche de la phlébite ressemble à celle de la forme Iraumatique que nous exposerons plus loin en détail.
Pronostic.
La phlébite idiopathique n'est pas aussi dangereuse pour l'existence que la phlébite traumatique.
Souvent elle est de courte durée, le patient se
422 JOHN A. WYETB. — AFFECTIONS CHIRURGICALES DU SYSTÈME VASCULAIRE. [8
guérit rapidement. BenJ. Anger (I) a publié un 1 veines sous-cuUnéea de la parai abdominal», cas de rétablissement de la circulation par les ' Le mitlade, observé à la Charité dans le service
FIg. SHS. — n^tabliisement de U circulation du ung par les veineg goua-culAD^es de U piroi abdnalo>l*.
do H. Pelletan, suppléé alors par M. Siredef, était atteint d'une tumeur bydalique du Toie qui
avait comprimé et obliléré la veine caveinlérieure au-dessous du diaphragme (Bg. 983). D'autres fois, il est vrai, la phlébite idiopathique peut prendre des allures subaiguës ou chroniqwi al
se prolonger indéfiniment.
PHLÉBITE TRAUMATrQUE.