PARASITES ANIMAUX. — GALE
' TRAITEMENT
l'aisselle et le pénis. Chez les enfants, ces sillons peuTCDl être disséminés sur toute la snrfoce catenée. On n'en IrouTe pas sur la tête. Les formes eecondaires de l'éruption ont une répartition beaucoup plus générale, [.ea points les plus importants pour le diagnostic sont : le siège de l'éniptioo, le polymorphisme de l'eniorescence, l'exagération delà démangeaison lorsque le malade se trouve dans un lit chaud, le récit des
circonstances où la contagion a pu se produire, ou la présence de symptftmes similaires chei plusieurs membres d'une famille ou parmi des personnes vifant ensemble, et la présence des sillons caractéristiques. 11 est presque toujours facile d'extraire de ces derniers, au moyen d'une aiguille, la femelle ou quelque objet qui en révèle la présence ; on peut encore trouver des jeunes dans une vésicule ou une papule.
Fig.82Uet 831. — Htins >le galeux sar lesquelles se voient la torme et le siège liibluela dei silloni ('). (•] I, rillon; e, eciéma (Muiée de l'HApiUl Siint-Louls).
En Amérique, la gale esl une alTeclion très inègaleau point de vue de la fréquence. Dans la première partie de ce siècle, elle était aussi fréquente chez les enfants que les evanlhèmes ; miis, plas tard, et Jusqu'à l'époque de la guerre ÛTilï, elle disparut presque entièrement. Pendialla guerre, la vie des camps fournit les coDdilions les plus favorables à son dèveloppemenl rapide et à sa propagation. Les soldats, KTsnant en congé, la portèrent dans leurs familles et par tout le pa;s, elle devint ainsi un ma] universel. Depuis lors, elle a été presque
entièrement exterminée, mais elle reparaît de temps à autre, dans une faible proportion, suivant la marche de l'immigration étrangère.
Dans le traitement de la gale, il 3 a deu» indications précises à réaliser : l'une, c'est de détruire l'animal à tous les degrés de développemenl où il sa trouve ; l'aulre, de guérir les désordres cutanés auxquels il a donné naissance. Malheureusement, le premier de ces
JAMES C. \VHITE. — MALADIES CHIRURGICALES DE LA PEAU
objets ne peut être effectué qu'au moyen de substances qui tendent à aggraver Tétat de la peau, de sorte que, dans chaque cas particulier, il y a lieu d'user de prudence pour instituer le traitement approprié à ces deux objets. Dans beaucoup de cas même, il est nécessaire de prescrire un traitement préparatoire qui fasse tomber l'état inflammatoire des tissus cutanés dans une mesure suffisante pour qu'ils puissent supporter l'action des parasiticides. Dans la majeure partie des cas, cependant, les deux objets qu'on se propose peuvent être remplis en même temps, en combinant les méthodes. Lorsque la peau est le siège d'une très vive in- Qammation, qu'elle est couverte, dans une grande partie de son étendue, d'excoriations et de pustules, ou qu'elle présente un état eczémateux aigu, avec œdème, vésicules et suintement, il convient d'employer les moyens indiqués pour le traitement de ces accidents (1), jusqu'à ce que l'inflammation ait été suffisamment atténuée pour que la peau puisse supporter l'action stimulante de l'autre catégorie de remèdes. Cela demande quelquefois une semaine au plus.
Les agents les plus actifs que l'on puisse appliquer sur la peau pour y détruire l'insecte de la gale et ses œufs sont le soufre et le baume du Pérou. Mais il faut les employer de telle façon qu'ils pénètrent dans les sillons qu'habite l'insecte au sein de l'épiderme, aussi bien qu'à la surface extérieure. A cet égard l'emploi d'un alcali fournit un secours très important, en donnant le moyen de faire disparaître les couches superficielles de l'épiderme ; c'est une combinaison de cet ordre qui forme la base de tous les «( Traitements rapides » de la maladie. Les trois préparations les plus efficaces de cet ordre sont : la pommade d'Helmerich (soufre, deux parties ; carbonate de potasse, une partie ; axonge, huit parties) ; la pommade de Wilkinson (soufre, huile de cade, savon vert, axonge ; parties égales) ; et la solution de Vleminck (soufre, deux parties ; chaux vive, une partie ; eau, vingt parties. Faire réduire par ébuUilion à douze parties et filtrer).
On commence par une friction vive sur toutes les parties malades avec un morceau de flanelle imbibé de l'une de ces préparations. On place ensuite le malade dans un bain chaud d'une demi-heure, puis on rince la peau à l'eau douce et on applique une pommade adoucissante ou simplement de l'axonge partout où
(1) Voy. Eczéma, p. 60.
existent des excoriations. On renouvelle ce traitement le soir, trois ou quatre jours de suite. Ces applications doivent être faites aussi énergiquement que possible ; elles n'ont pour limites que la tolérance de la peau de chaque sujet et le degré d'inflammation qu'elle présente. Aacune région, sauf la tête, ne doit y échapper. Ainsi que le recommande Hebra, on peut, daos la formule de Wilkinson, remplacer l'axonge par l'alcool ; on donne ainsi plus de pénétration aux parasiticides qui entrent dans la préparation.
Tels sont les plus puissants moyens de traitement, ils sont surtout utiles dans les cas anciens et de distribution très étendue. Les démangeaisons disparaissent d'ordinaire après la première application. Dans les cas légers et chez les femmes ou les enfants, on peut employer, si on le désire, des moyens moins puissants : «m mélange de soufre et de styrax ou de baume du Pérou est, en général, suffisamment efficace, tout ea étant inoffensif et peu irritant. Une bonne formule est la suivante :
:f Soufre 15
Biume du Pérou M
Axonge ou Vaseline
JH. 8. a.
On l'emploie en frictions sur toutes leèaffectées, le soir en se couchant et, si pâmStAt, on la laisse en contact avec la peau toute la nuit. Dans le cas où elle serait trop irritante pour une action aussi prolongée, on l'enlèverait une heure plus tard au moyen d'un bain chaud. Ce traitement doit être renouvelé plusieurs soirs de suite. Sur les peaux très délicates^ on peut employer le baume du Pérou seul mélangé à de l'alcool ou de l'huile d'olives. Quelle que soit la méthode employée, il faut se rappeler que l'éruption secondaire reste à traiter quand l'élément parasitaire de la maladie a été détruit. Dans les cas légers, cette éruption disparaît d'elle-même, mais dans les formes plus graves et anciennes de l'affection, il devient nécessaire d'appliquer les principes de traitement qu'exige l'eczéma. Il ne faut pas oublier non plus qu'un usage trop prolongé des parasiticides, après qu'ils ont accompli la destruction de l'animal et de ses œufs, peut provoquer des manifestations que le médecin crée de toutes pièces en essayant de guérir et que la peau, à la suite d'une grave atteinte de la maladie, se trouve souvent, et pour un temps assez long, dans un état d'irritabilité particulière. Tous les vêtements qui ont été en rapport avec la peau malade,
PARASITES AMMAUÏ. — PÉDICULOSE. — TRAITEHENT.
SS
uDii que'Ies draps du lit, doÏTent être plongea du» l'eau bouillante dès la première nuit dn tni^emenL
KMCULOBR (SfnonynieB : Phlkeiriatir, PhthiriOMt, maladit pédiculair»).
Le» pou qui infeslenl l'homme sont de trois (spëcea distinctes et habirent trois régions difréKutes du corps. Ce sont : les poux de tête (PatimlKt eapilû), les poux de corps ou de vêtemeots [Ptdkulut veslimentorunt), et les poux du putna (Ptdieulut ou Phihinut pubis] {i).
PÉOrCVLOSS DE Là TÊTE.
Les poQx de tète ne vivent qu'au milieu des chevetn, ils y attachent leurs œufs, vulgairement ^pelés lenie», et tirent leur subsistance ds la peau dn crAne qu'ils percent et
rig. 831. — PoD de Fis- 813. — Ro«-
U tête (•). in ['♦).
n -f. hmello vue de i]oi ; fi, exlrémilé ibdomfnate il alla poar montrer ton petit aiguillon ; C, œuf ou ItMeattachAa k un poil (de Geer).
CM, mamelon buccal qui commence k faire saillie; I. le même très tllongi et dsTeniot tubcrcnleax on NMlri ; a. carpa du roilra ; à, crocbeti da ion eitrimitd; e, aigniliou ferma de quatre voies capillairei.
dont ils aucenl le sang, ils se multiplient avec ue eieesaiTe rapidité et produisent une grande irritalkm du cuir chevelu. Souvent l'action du peigne ou les grattages déterminent une inflammation eczémaleuse du cuir chevelu — Eczéma macUdans ou Eczéma pustuleux, — de sorte que les cheveux se trouvent collés les uns aiu autres par les fluides sécrétés et forment avec les poux une masse d'une saleté indescriptible. Les glandes du cou s'engorgent sou-
()> Snr l'hlslolre natnrella deipoui, vofei Ctovet, ÈUrnntlt itAitloirt nalurelte médieaie, 1* édition. Piri*, 18T1.
vent et l'eczéma' peut s'étendre du centre du cuir chevel;} jusque sur ses bords, dans loutei les directions. Souvent, chez les enfants, un eczéma sympathique se développe autour des oreilles, de la bouche, des narines, alors même que le cuir chevelu ne parait pas encore affecté. Les poux de tête sont très communs dans les classes peu soigneuses de la société ; iia pénètrent souvent dans les maisons les plus propres par l'intermédiaire des enfants qui Mquenlent les écoles publiques , par les gardes qui approchent les femmes en couches, et quelquefois aussi, sans doute, par les contacts fortuits que l'on subit dans les voitures publiques.
Traltemont.
Le moyen te plus efficace de détruire les poux de tête consiste à ynbiber les cheveux et le cuir chevelu, dans tonte leur étendue, de pétrole brut et de l'enlever deux ou trois heures après par un lavage complet à l'eau et au savon. Une fois séchés, les cheveux devront être inondés d'alcool ou d'eau de Cologne. Ce traitement doit être répété deux ou trois jours de suite. Les lentes peuvent rester attachées à la base des poils pendant quelque temps encore, mais elles sont dès lors inolTensivea. On peut les enlever en grattant les cheveux avec le couteau ou les ciseaux. 11 n'est jamais nécessaire de couper les cheveux avant de commencer le traitemenL Les pommaifes mercbrielles, au staphjsaigre ou à la cëvadille, sont souvent employées pour détruire les poux, mais leur action est beaucoup plus incertaine que celle du pétrole. L'état eczémateux du cuir chevelu, qui persiste après la destruction des parasites, s'éteint en général rapidement, sans traitement ; quelquefois cependant il réclame une certaine attention. Toutes les coiffures qui ont été en contact avec les cheveux doivent être soumises à l'action de l'eau bouillante ou à la chaleur et les doublures doivent être détruites. Les peignes et les brosses doivent être nettoyés h l'eau bouillante. 11 ne faut jamais s'en servir pour enlever les poux.
PÉDICULOSE DU CORPS.
Le pou de corps est, à proprement parler, un pou de vêtements, car il vit dans les étoITes et ne mord la peau que pour en tirer le sang qui lui sert de nourriture. Il est un peu plus volumineux que le pou de tète auquel il ressemble
JAHCS C. WHITE. — MALADIES CHIRURGICALES DE LA PEAU
beaucoup. H dépose ses ceurs dans les plis et dans les coulures des Tëlements où on le découvre très facilement. Sa morsure ou piqûre ^duil une toute petite emoresceoce papu> teuse qui, par suite de grattages, présente en général à son sommet une petite croûte de sang desséché. La surrace du corps tout entière, à l'exception de la tète et des mains, ^ent £tre ainsi couverte de ces pustules avec tie longues égratignures interposées, L'ëmptioa «at généralement plus marquée sur le tronc, surtout sur les parties supérieures, en avant et en arrière (<}. Lorsque les poui ont
Fig. S!i. — Poil du corps.
infesté le corps pendant une longue période, peut-être toute la vie, comme il arrive chez les races malpropres de cerlaines parties de l'Europe, la peau peut présenter, outre cette éruption papuleuse et ces excoriations, des lédons beaucoup plus sérieuses, telles que des pua- Iules, des croûtes ectbymateuses, des ulcères 'étendus, et peut affecter peu à peu un degré élevé de pigmentation, qui est la conséquence de la longue hvpérémie de ses tissus. Cet état à reçu le nom de « Mal des vagabonds {Morbui
Traitement.
Il doit porter sur les vêlements et non sur la 'peau, qui, dans les cas ordinaires, revient très rapidement à son état normal, dès que les poux ont été détruits. Tous les vêtements pour 'lesquels cela est possible seront jetés dans l'eau bouillanle \ les habits seront mis à l'étuve ou passés au fer, principalement dans toutes leurs coutures, et ce fer devra éire aussi chaud que possible sans brûler l'étcfle. La
(1) On trouvera une belle pUnclie de plitliiritse du corpi dans \' Iconographie pholographique det maladia dt la peau. Paris, 1882, pi. VI.
literie peut être traitée de la même façon, mais cela est rarement nécessaire. Le corps peut être frotté dans toute son étendue avec du savon mou et plongé dans un bain chaod svant d'être revêtu des nouveaux vêtemenli. Ou peut quelquefois trouver avantage à appliquer sur la peau pendant quelques jours des pommades adoucissantes afin de calmer l'imtabihté de ses nerfs.
PÉDICULOSB DU PVBIS.
Le pou du pubis (pUAinui) diffère < rablement par sa forme des poux de tête et ds vêtementSi il est à la fois plus court et plu> large (fig. 83S). II s'attache aux poils de tt région
C)fl.i
Flg. SSâ. — POD du pabis (*).
>n cenr attacha i un polL
pubienne, à ceux des membres inférieurs et de la surface abdominale, ches les hommes dont le système pileux est très développé. On le rencontre également dans l'aisselle et même, dans des cas très rares, dans les cils. Il est d'une couleur rougeàtre. Les œufs sont attachés aux poils dans toutes les régions qu'il habite. Il prend le sang à la base du poil et il j cause une vive irritation, par suite de laquelle se développe une éruption papuleuse et souvent une inflammation eczémateuse. Les poux du pubis ae transmettent en général pendant les rapïiorts sexuels impurs.
Traitement.
On peut détruire ces poux en couvrant d'onguent mercuriel les parties malades, si elles ne sont pas Irop étendues ; mais on réussit mieux, en général, en employant le pétrole de la ma- ,nière décrite à propos de la Ptdiadose de la
COMÉDON. -^ TRAITEMENT.
HYPÉHÉMIES CUTANEES
COMÉDON (Synonyme : Acné punctata).
Lorsque le produit de sécrétion des glandes sébacées se trouve dans Timpossibilité de s'écoaler au dejiors, la partie exposée à l'air, à Forifice du follicule, se colore au contact des matières étrangères et constitue une tache brane, très apparente, qui ressemble à un grain de poudre enchâssé dans la peau. La glande, par suite de l'accumulation continue du sébum dans sa cavité, peut former une saillie marquée au-dessus de la surface de la peau et atteindre le Yolume d'un grain de moutarde ou de petit plomb ; ou bien encore, la distension qu'elle sabÊt peut provoquer Tinflammation des tissus cotaoés environnants et la transformer en une ▼érilahle pustule d'acné.
Si Ton «xeiee une pression sur la glande ainsi tnaÈÊtùtmée^ le contenu en est expulsé sous la tene d'un cylindre de matière caséeose hiaiicihft dont une extrémité est noire et qui feaamUe à une larve, d'où la désignation populaiM de ver.
Étudiée wm microscope, cette substance est constituée piar des cellules épithéliales altérées et infiltrées de graisse, par de la cholestérine, par des poils, que le bouchon de sébum durci qui fermait le conduit excréteur a empêchés de s'échapper au dehors. Parfois également, un OQ deux des parasites microscopiques (demodex) de ces follicules se trouvent emportés en même temps, mais leur présence n'entre en réalité pour rien dans les causes de formation du comédon. Les comédons se montrent principalement sor le front, le nez et les tempes (i ), mais ils peuvent se présenter également sur toutes les autres parties du corps. De même que les autres affections des glandes sébacées, ils apparaissent le plus ordinairement vers l'âge de la puberté, mais si on ne les enlève pas artificiellement, ils peuvent persister pendant un temps indéfini. Os ne* paraissent avoir aucun rapport avec l'état général, mais on les voit souvent associés à l'acné des jeunes gens.
La cause de leur formation n'est pas bien nettement déterminée. Ce pourrait être une altération du caractère normal de la sécrétion sébacée, ou bien une prolifération surabondante des cellules qui tapissent le conduit exil) Voy. Fox, Iconographie photographique des maladies de la peau. Paris, 1882, pi. 1.
créteur, ou encore un défaut de tonicité, un certain degré de paresse de la glande.
Traitement.
Le traitement chirurgical des comédons consiste dans l'expulsion forcée de leur contenu.
On peut généralement obtenir ce résultat en comprimant la petite tumeur entre les ongles des deux pouces opposés, mais on y arrive mieux encore par une pression directe exercée normalement à la surface de la peau par le moyen d'une clef de montre. Il faut pour cela faire usage d'une clef à bords épais et k ouverture très petite, de manière à ne pas causer à la peau une contusion trop violente. L'opération ne doit pas se faire au même moment sur plusieurs glandes contiguës, de crainte d'en amener l'inflammation.
On pourra employer avec avantage la méthode suivante : plonger pendant cinq minutes les parties affectées dans de l'eau très chaude, ou les imbiber au moyen d'une éponge, puis les frotter avec de l'huile d'olives. Au bout de cinq autres minutes, on pourra appliquer la clef avec assez de force pour faire sortir par pression le contenu des glandes désormais ramolli. Ce traitement devra être répété chaque jour, jusqu'à ce que tous les comédons aient été enlevés, et renouvelé aussi souvent qu'ils viendront à se reproduire. On peut beaucoup pour compenser le défaut d'activité des glandes, en faisant un fréquent usage des savons forts et en faisant précéder leur emploi d'une onction huileuse de la peau. Les meilleures préparations sont le savon liquide de Vienne à la glycérine, ou une solution de savon vert dans l'alcool, filtrée, puis additionnée de glycérine :
'^ Savon mou à base de potasse.
Alcool
Glycérine
30 grammes
On en frictionnera la peau, préalablement frottée d'huile, au moyen d'un petit morceau d'épongé. Cette même éponge, plongée dans l'eau, servira alors à frotter la partie malade jusqu'à ce qu'une mousse abondante s'y forme, puis on 7 projettera de l'eau, pendant quelque temps, soit avec la main, soit avec une plus
JAMES C. WHITE. — MALADIES CHIRURGICALES DE LA PEAU
grosse éponge, de manière à débarrasser complètement la peau du savon qu'on y a porté. Toute action trop vive du savon pourra être alors corrigée par l'application d'un peu d'huile
d'olives ou d'amandes douces, ou bien encore un peu de cold-cream ou de vaseline. Le meilleur moment pour procéder à ce traitement est celui qui précède le coucher.
KYSTES SÉBACÉS {Atkeromata).
Ces tumeurs, que l'on rencontre, soit dans l'épaisseur de la peau, soit au-dessous d'elle, sont constituées par des glandes sébacées hypertrophiées, remplies par le produit de leur sécrétion retenu dans leur cavité et plus ou moins altéré. Leur volume varie, en général, des dimensions d'un pois à celles d'un œuf de pigeon, mais il est parfois plus considérable.
On peut les observer sur tous les points du corps, mais leur siège le plus ordinaire est le cuir chevelu ; on n'en trouve parfois qu'un seul, d'autres fois on les rencontre en nombre considérable. L'orifice de la glande malade est, en général, oblitéré; quelquefois, cependant, il reste ouvert et peut être assez dilaté pour permettre l'introduction d'un stylet. Au toucher, ces tumeurs sont ou molles, ou dures et élastiques, toujours mobiles ; leur forme varie suivant leur ftge et la résistance de la peau qui les recouvie ; on en voit d'aplaties, d'autres sont très saillantes et globuleuses. Le tégument garde presque toujours ses caractères normaux, mais pourtant, sur le crâne, lorsqu'elles font une saillie un peu considérable, elles amènent la chute des cheveux et la peau peut revêtir alors les caractères de l'atrophie sénile. Leur développement est très lent, elles peuvent durer de longues années, toute une vie même, sans produire d'autres inconvénients que ceux qui résultent de leur volume. Lorsqu'on sépare le kyste, par dissection, des tissus qui l'environnent, on s'aperçoit que les parois en sont molles, minces et fragiles, si la tumeur est récente ; très épaisses, au contraire, si elle est ancienne, et parfois alors incrustées de dépôts calcaires. Lu surface interne du kyste est lisse, elle a pourtant quelquefois l'aspect villeux. La consistance et la coloration du contenu de ces tumeurs sont sujettes à de grandes variations. Dans les premières périodes, ce n'est, en général, que de la matière sébacée ordinaire retenue dans la glande et qui ressemble à du lait caillé. Plus tard, ce contenu, par ses caractères, ressemble davantage à de l'épithélium à divers degrés d'altération, mélangé de graisse et de cholestérine {choleastoma). Quelquefois, ce contenu subit une liquéfaction presque totale, ou
bien il prend un aspect qui rappelle le nàà (mélicérique) ; on y trouve parfois des poils fini et de la matière calcaire. Dans des cas très rares, la cavité du kyste devient le point de départ de la formation d'épilhélium corné, qui peut plus tard donner naissance à une production cornée (Cornu cutaneum) ; jimais ces kystes ne renferment de produits hémorrfaagiques et leurs parois ne sont jamais vasculaires. Les kystes sébacés sont susceptibles de s'enQammer sans cause apparente ; ils peuvent se transformer rapidement en une masse suppurante, semblable à un abcès, mais Hmltée par la paroi ; ou bien la peau qui les recouvre peut rougir, se ramollir, se perforer : une fistule se trouve ainsi constituée, par laquelle s'échappe pendant longtemps un pus extrêmement fétide; dans ce cas, l'os sur lequel repose le kyste peut être atteint de carie. Dans d'autres cas, la pean peut se mortifier dans une grande étendue, laissant à découvert une masse ulcéreuse qui peut gagner de proche en proche les tissus voisins et présenter l'aspect d'une ulcération maligne. Bien qu'elles soient, en général, faciles à reconnaître, les tumeurs sébacées, dans leurs périodes avancées, et surtout lorsque leur volume est considérable, ou bien encore lorsque les parois en sont devenues épaisses, peuvent être confondues avec des productions plus dangereuses, telles que l'hématome ou le carcinome.
Traitement.
Les kystes sébacés peuvent être excisés ou détruits par les caustiques. Dans les conditions ordinaires, ou lorsque leur volume est un peu considérable, l'extirpation par 'le bistouri est le meilleur mode de traitement. La peau qui recouvre le kyste est tendue, puis sectionnée avec précaution dans toute l'étendue de la tumeur, jusqu'à la paroi du kyste. En disséquant avec prudence, on peut, en général, enlever la tumeur tout entière. Si, par accident, les parois viennent à être coupées ou à se rompre, il faut évacuer le contenu par pression, puis disséquer avec grand soin et enlever absolument toutes les parties de l'enveloppe. La plaie
MAL PERFORANT DU PIED
se réanit, en général, par première intention.
Pour exciser les kystes sébacés de la région crânienne, il est préférable de plonger par Iransfixîon un bistouri étroit à la base de la tumeur et de la couper en deux moitiés de dedans en dehors. A moins qu'elles n'aient été le siège d'une inflammation ou d'une ulcération, les parois du kyste sont maintenues par des attaches très peu solides et l'on peut d'ordinaire les détacher au moyen d'une pince sans être obligé de les disséquer.
11 est Men évident qu'il ne faut pas perdre de Tue, dans les cas où la tumeur siège sur le crftne , les dangers d'érysipèle, qui menacent le cuir cheveln dans toutes les opérations où il est intéressé. Cest pour ce motif que plusieurs chirurgiens donnent la préférence aux caustiques, pour les kystes de cette région qui ne dépassent pêB le Tolume d'un œuf de pigeon. Dans ce mode de traitement, on peut faire usage de la potasse caustique, de la pftte de Vienne ou du nitrate d'argent. Lorsque le kyste est très petit, on peut mouiller un crayon pointu de nitrate d'argent, le faire tourner doucement sur sa pointe au sommet de la peau qui couvre
la tumeur, jusqu'à ce qu'il pénètre légèrement dans les tissus. On produit ainsi une petite eschare qui tombe en quelques jours. On répète alors l'opération et l'on fait pénétrer le crayon dans l'intérieur du kyste où il se trouve en contact avec les parois. L'enveloppe peut alors être enlevée au moyen d'une pince fine, après qu'on en a expulsé le contenu par pression ; en trois ou quatre jours, la cavité se ferme par l'adhérence des parois, ne laissant après elle qu'une cicatrice imperceptible. S'il s'agit de tumeurs volumineuses, on peut employer la pâte de Vienne de la manière suivante (i):on couvre la surface du kyste d'une plaque de diachylon dans laquelle on a pratiqué une boutonnière de la longueur de la tumeur et d'une largeur égale au quart de sa largeur. Une couche de pâte délayéedans l'alcool estalors placée sur cette ouverture. Au bout de quinze à vingt minutes, on enlève soigneusement toute la pftte. En deux ou trois semaines, l'eschare se détache, entraînant avec elle le kyste ratatiné et momifié. Au bout de quelques jours, la large et profonde ouverture ainsi pratiquée s'est cicatrisée ne laissant derrière elle qu'une petite cicatrice^linéaire.