‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 295 sur 452 · STRUCTURE · texte numérisé non relu

STRUCTURE

D'après RindOeisch (1), le développement de ces tumeurs est précédé par une prolifération des cellules embryonnaires dans les espaces intervasculaires. Plus tard la rétraction cicatri* cîelle bien connue de ce tissu diminue ces espaces, et dilate les raisseaux élargis par ce mouvement excentrique (BiUrolli).

Cornil et Ranvier admettent que dans l'an-

Fig. 1030. — Tumeur cavci'iiouiu da l'or- Uta. Coapa d'ane tumeur ciTerneuie ou aa(iA«o eavameui de l'orbite. Groasis- Muent, WO dtunËtres {P. Riadaeisch).

Fig. lOfO. — Tumour éreciile du pariéul (Ericlisen) .

^teie à croissance rapide, il se Toit une production de tissu embryonnaire riche en jeunes nîsseaux, qui s'élargissent rapidement, se touchent bienlât et communiquent entre eux par résorption des parois conligués.

L'sngiAme peut se développer dans le lipAme et dans d'autres néoplasmes. Billroth mentionne on grand angiome caverneui trouvé dans un Npl^e de la région scapulaire. L'angiAme apparaît parrois à la suite d'une contusion. Gross dte te cas publié par le D' I. Mason Warren : ches un matelot de 36 ans, porteur d'une grande tumeur érectile située au pavillon de l'oreille, l'angiAme avait paru à la suite d'une gelora dont le patient avait soufTert à l'ftge da 16 «Bt.

Onlre les tissus déjà menlionnés comme favorables au développement de rangiùmc.ilncfaut pas oublier la rate, le rein, le foie (Rg. 1037 et 1038) et le poumon. Dans le foie, il est fréquent, nuls très rare dans le poumon. L'angiùme des os a les mêmes caractères ércctilcs que dans tes antres organes ; il se voit de préférence dans les os plats, spécialement au crûne (6g. 1039 et lOiO), h la mâchoire, à l'omoplale ; il est

souvent très douloureux, et son pronostic est sérieux. L'angiome se développe assez souvent chez la Temme dans les grandes lèvres,

Holmes Coole a vu des kystes séreux en relation avec ces tumeurs vasculaires. Voici l'explicalion de ce Tait : un vaisseau dilaté cesse d'être en communication avec les autres ; les corpuscules et le pigment sanguins disparaissent, le sérum reste seul et le kyste est consli- (né.

11 est important de rechercher les relations qui existent entre ces tumeurs et le carcinome ou'le sarcdme. J. Huilera publié une observation d'angiome malin récidivant, D' Stiles un cas da dégénérescence mélanique d'un nœvus congénital chez une femme de 40 ans. Les dilatations vasculaires dos ostéosarcâmes et d'autres formes de carcinOme ou de sarcome sont analogues à celles que l'on voit dans les angiiiines caverneux. Certaines tumeurs malignes sont pulsatiles comme l'angiAme. Celui-ci peut être dilTus ou encapsulé.

(I) RlndOelscb, TraiU tTHisloio-iie pathologique, tr«d. par le D' F. Groii. Paris, 1873.

476 JOHN A. WYETH. — AFFECTIONS CBIRURGICALES DU SYSTÈME VASCULAIRL ,(à

Nous reproduisons d'après Monod les trois observations suivantes :

OBs.I^Monod).— B... (Louis), âgé de 21 ans, horloger, entre le 17 décembre 1872, dans le sonrice de M. le professeur Trélat, à la Charités Cet homme, de forte santé et qui ne présente dans ses antécédents aucun fait qui mérite d'être noté, porte, au quart inférieur de la face antérieure de Tavant-bras gauche, une tumeur pour le traitement de laquelle il a demandé son admission à rhôpital.

Il y a six ans, il a constaté au point occupé par cette tumeur, une légère saillie, qui s*est accrue lentement et sans douleur. Elle a acquis aujourd'hui le volume d'une grosse amande; elle est aplatie^ sa forme est assez régulièrement ovalaire : elle semble siéger uniquement dans le tissa cellulaire sous-cutané; elle n'adhère en effet aucunement à la peau qui se laisse pincer et plisser à sa surface et parait asses mobile sur les parties profondes : les tendons des fléchisseurs se tendent au-dessous d*elle dans les mouvements des doigts, sans lui imprimer de mouvement appréciable. La peau qui la recouvre présente une coloration très légèrement bleuâtre, qui paraît en rapport avec la présence de veines sous-cutanées assez apparentes, qui l'abordent à sa partie inférieure. A la main, la tumeur paraît mollasse, offrant cependant une certaine rénitence, non fluctuante, d'une consistance sensiblement égale partout, rappelant en tous pointa celle du lipome ; comme celui-ci d'ailleurs elle donnait au doigt, surtout dans sa portion périphérique, la sensation de petits mamelons peu distincts les uns des autres, se laissant percevoir profondément à travers la peau. Comme le lipome aussi, elle formaitune masse très limitée, nettement séparée des tissus environnant, ne diminuant aucunement de volume par la pression.

Le malade n'accusait au reste aucun symptôme fonctionnel; aucune douleur ni spontanée ni à la pression,aucunegène dans les mouvements de la main ou de l'avant-bras ; depuis quelque temps cependant il éprouvait un sentiment de fatigue dans tout le membre supérieur gauche, à la suite d'une journéede travail.

Le diagnostic porté fut lipome de l'avant-bras. M. Trélat rendit cependant ses élèves attentifs à ce fait, que la coloration un peu bleuâtre de la tumeur, circonstance insolite dans le lipome, devait laisser quelque incertitude dans le diagnostic.

L'ablation de la tumeur fut néanmoins décidée. Dès que l'incision de la peau eut mis à nu les parties sous-jaccntes, on reconnut à la couleur bleu-noirâtre du tissu qui apparaissait au regard, qu'il ne s'agissait point là d'un lipome. L'incision fut prolongée en haut et en bas, de manière à correspondre à toute l'étondue de la tumeur ; la peau put être assez facilement disséquée de droite et do gauche, nulle part elle ne se confondait avec le tissu morbide.

La séparation d'avec les parties profondes dut être également faite au bistouri, mais sans qu'il fCit besoin d'aller jusqu'à l'aponévrose d'enveloppe des muscles. L'écoulement sanguin fut très modéré et ne nécessita aucune ligature. Un pansement comprcssif et par

occlusion (rondelles d'amadou, ouate, compreise « bande) fut posé, pour n'être enlevé qu'au bout dat}»rante-hiUt heures.

Les suites de Topération furent heureuiei;liaalade quittait l'hêpital, dans les derniers Jm de décembre, avec une plaie linéaire presque ca■plH^ ment cicatrisée.

Obs. II (1). — Amélie Sch..., de Grefeld, eifaiéi 4 ans et demi, portait depuis sa naissance, m «M gauche de la nuque, immédiatement au-desiOM k la racine des cheveux, une tameur du voIidm d*« noisette. Cette tumeur s'accrut pea à peu; à chaque printemps, en particulier, elle augmentait MUblement de volume; elle parut même, à phulearsTc^ ses, subir une sorte de tuméfaction périodiqiie. As moment où la petite malade après avoir snbi diien traitements, fut pour la première fois amoDée à l'hôpital (juin 1851), la tumeur étaft pliu voluaÎMie qu'elle ne le fut plus tard au moment de ropéntin; elle offrait aussi plus de résistance an do%l; mb élasticité et sa dureté étaient telles qne Fm poonit songer à une tumeur flbrolde.

Le jour où elle fut enlevée, elle avait il ntant d'une petite pomme; d'une élasticité éfpltpileau elle présentait cependant une certaine meHii; elle était peu mobile; la peau, à son niveau, n'éliitticinement altérée. Il parut probable à ce moMi^ ^ l'on pouvait songer plutôt à une tumeur gninense.

L'opération fut pratiquée, le 4 Juillet ll&l, pir is professeur Wutzer; on fit à la peau une indsiNenT; la tumeur fut facilement séparée de Taponéfrisi àt la nuque, sans que la dissection atteignit aocoMCsl les muscles de la région ; l'écoulement sangaÎB ta modéré ; deux petits vaisseaux seulement furent liék

La guérison suivit rapidement sans accident

L'examen de la pièce montra qu'elle n'avait pofat de membrane d'enveloppe ; on voyait seulement à h périphérie une couche assez épaisse de tissn gnii' seux sous-cutané.

A la coupe, il s'échappa une quantité oonsidénUi d'un liquide rouge qui présentait au microscofe toM les caractères du liquide sanguin. La surface de sediM offrait à la vue les caractères suivants ; au milieu d'à tissu graisseux, parcouru par des tractus fibmi,'ii apercevait de nombreux orifices de vaisseau, les au petits, les autres plus grands, tous remplis de tani: on voyait on outre, par places, des espaces vioki foncé ou bleus, qui, au premier abord, pouvaient Ure pris pour dépôts mélaniques ; à un examen plu attentif on reconnut qu'il n'y avait en aucun point de dépôts pigmentaires, mais que partout denoabmi vaisseaux dilatés, remplis de corpuscules ssogiifl'* parcouraient la tumeur.

Le tissu graisseux qui séparait ces vaisseux était formé de grosses cellules adipeuses groupées en unu entre des faisceaux de tissu fibreux ; ces cellalei, de forme plus ou moins arrondie, Juxtaposées oo enyié-

(1) O. Weber, Note sur une tumeur à laféîttëêngiectasique graisseuse et fibroide (Mûlter's Archiv, 1851, p. 74, pi. II;.

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