‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 296 sur 452 · ANGIOME. — SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

ANGIOME. — SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC

tant lei ânes sur les aatres, comme c'est le cas ordl- Daire pour les cellnlea adipeuses, n*affectaient pas la forme polyédrique par pression réciproque, et offraient la plus g;rande ressemblance ayee les cellules Tégétales; la pression du verre à recouvrir faisait apparaître de nombreux globules graisseux iso lés.

Le tissu fibreux, enfin, qui contenait ces amas graisseux, parcouru, comme il a été dit plus haut, par de nombreux vaisseaux, laissait apercevoir beaucoup de cellules fusiformes, dont les noyaux devenaient évidents par l'action de Tacide acétique et de nombreux faisceaux de tissu conjonctif, les uns simples, les autres ondulés et tortueux, disposés sans arrangement régulier.

En résumé il s'agissait ici d'une néoformation tenant de la télangiectasie, du lipome et du fibroïde ; ces deux formes sont assez souvent combinées, tandis que la première est rarement compliquée. Il est probable que la télangiectasie était la lésion congénitale, primitive; la graisse et les faisceaux de tissu fibreux s'étaient plus tard interposés aux vaisseaux dilatés. La fréquence plus grande des télangiectasies congénitales parle en faveur de cette hypotbèse.

A cette manière de voir se rapporte aussi la tuméfaction périodique notée plus haut.

On manque malheureusement de renseignements plus précis sur l'état de la tumeur à un âge moins avancé de l'enfant.

n est probable qu'un grand nombre de vaisseaux étaient oblitérés ; on s'explique ainsi l'écoulement sanguin 'modéré qui accompagna Fopération, au lieu de ces hémorrhagies qui sont l'un des périls de l'ablation des télangiectasies.

Cette observation montre à nouveau combien sont fréquentes, dans lu nature, ces complications de formes de tumeurs décrites isolément par les pathologistcs, et combien difficile est BOUTent un diagnostic précis et juste.

Cette observation de 0. Wcber ofl're, avec celle de Monod, les plus grandes ressemblances. Nous ne savons, en efl'et, sur quel motif il s'appme pour supposer que, dans ce cas, la production de graisse fut secondaire. Il nous semble plutôt que, comme dans les points de la tumeur de Monod, où le tissu fibreux et les vaisseaux formaient la lésion prédominante, les vésicules adipeuses arrondies, découvertes entre les faisceaux du tissu conjonctif, peuvent être considérées comme les restes du tissu adipeux normal envahi, et déjà presque complètement détruit. Ce fait, dans les préparations de Monod, était très évident.

Monod fait une remarque analogue au sujet de l'observation suivante.

Obs. III (1). — Un garçon de 13 ans portait depuis son enfance, à la face antérieure de Tavant-bras gauche, une tumeur d'un bleu rougeâtre, molle, présentant quelques alternatives de volume, no dépassant guère cependant celui d'une noisette. Dans l'hiver 1867-G8, la tumeur commença à prendre un plus grand accroissement, et à causer quelque gène à Tenfant. Au moment où LQcke Tobserva poor la première fois, elle était grosse environ comme une noix, était située sous la peau, donnait au doigt une sensation lobule e et présentait une coloration rouge bleuâtre ; elle ne se laissait aucunement réduire par la pression et n'était nullement fluctuante.

Lûcke supposa qu'il s'agissait d'une tumeur caverneuse, dont les cavités sanguines, par suite d'une production locale de graisse {durch locale Lipombildung)^ avaient perdu leurs rapports avec la circulation générale et s'étaient oblitérées. L'examen de la tumeur aurait confirmé ce diagnostic ; car on trouva « du tissu graisseux jeune pénétrant de toutes parts dans le tissu caverneux et ayant oblitéré les cavités sanguines » ; celles-ci étaient facilement reconnaissables, à l'œil nu et au microscope, au sang coagulé qu'elles contenaient et qui formait comme une injection naturelle.

Cette observation, résumée en quelques lignes , manque, au point de vue de l'étude de lésion, de détails suffisants pour être longuement discutée. Monod fait remarquer seulement que l'on pourrait adopter pour ce fait une interprétation différente et admettre, comme dans le cas précédent, que les cellules adipeuses contenues dans l'épaisseur de la tumeur n'étaient que les dernières traces du tissu adipeux de la région considéré comme point d'origine du mal. Si cette hypothèse est exacte, ce fait mérite à tous égards d'être rapproché de celui de Monod avec lequel il offre d'ailleurs des analogies si frappantes.

A ces observations Monod a joint un résumé de la description, donnée par Schuh, des tumeurs qu'il désigne sous le nom de « fuwjus hématode lobule ^k On verra si le rapprochement que Monod a fait entre ces observations et la sienne n'a pas quelque raison d'être.

« Lorsque ces tumeurs, dit-il, siègent dans le tissu cellulaire sous-cutané, le mal n'est appréciable que lorsqu'il va jusqu'à former tumeur. Celle-ci présente une surface peu nettement lobulée ; elle est molle, offrant cependant une élasticité assez notable ; son volume est celui d'une noix, rarement celui d'un œuf. La ,

(1) Lttclce, Handbuch der allgcmein, und speciell. Chirurgie von Pilha und Biilroth, Bd. I, Abth. I, p. 2G3.

478 JOHN A. WYETH. — AFFECTIONS CHIRURGICALES DU SYSTÈME VASCULAIRE. [64

peau conserre longtemps sa couleur normale. Lorsqu'elle siège assez profondément dans la couche graisseuse sous-cutanée, elle diminue à peine par la pression ; les cris, les efforts n'y déterminent de même, qu'un changement de Tolume très faible ou à peine appréciable. Cette Tascularité, relativement si faible si on la compare aux autres tumeurs du môme genre, a fait que, lorsque cette tumeur se développe dans le coussin graisseux de Torbite et atteint un volume suffisant pour produire une espèce particulière d'exophthalmie, elle a reçu des médecins oculistes le nom de Upàme^ bien qu'elle n'ait avec ce dernier d'autres rapports que son aspect lobule.

Schuh fait remarquer de plus que l'hémorrhagie qui accompagne Textirpalion de cette variété de tumeurs est toujours modérée, en partie parce qu'elles sont ordinairement bien circonscrites et permettent une sorte d'énudéa-

tion.

Symptômes et Diagnostio.

Pour résumer en quelques mots les principaux caractères des angiomes simples sous-cutanés circonscrits, M. Monod dit qu'ils se présentent en général sous forme de tumeurs bien limitées, d'un volume moyen, ne dépassant ordinairement pas celui d'une grosse noix, sans adhérence intime avec les parties environnantes, superficielles ou profondes ; la peau à leur niveau ne présente aucune altération, ou seulement une coloration bleuâtre qui ne parait autre que celle de la tumeur sous-jacente, perçue par transparence. Au toucher, leur consistfiuice est variable ; ordinairement un peu résistente et élastique, plutôt molle que dure, cependant jamais fluctuante; le plus souvent elles sont légèrement lobulées à leur surface et donnent au doigt une sensation qui rappelle celle du lipome. Elles n'ont aucun des caractères des tumeurs dites érectiles, ne se laissent pas réduire par la pression, n'offrent ni battements, ni souffle appréciables; ne présentent pas en général des alternatives de tuméfaction et d'affaissements périodiques, ne changent pas de volume sous l'influence des cris, des efi'orts ou de la position qu'on leur fait prendre. Les vaisseaux environnants, veines ou artères, ne sont pas dilatés.

Elles n'occasionnent enfin ni douleur ni gêne fonctionnelle.

La physionomie toute particulière de ces tumeurs est, au reste, en rapport avec leur siège 1 et avec leur texture. *

L'érectilité des angiomes en géoéral est toujours modérée et souvent assez difficile à peroe-

voir; elle est manifeste soit dans les nsvi cutanés, où elle se reconnaît surtout aux yaiîations de couleur de la tache vascolaire; soit dans de grosses tumeurs caverneuses sooscutaoées, ordinairement veineuses, où le saog circule dans de véritables lacs sanguins et qm, sous l'influence des obstacles apportés à la circulation en retour, augmentent Téritablemeot de volume. L*angiôme simple sous-colané ne se trouve point dans les conditions des tnnears précédentes. Comme le naevus, dont n se rapproche par la disposition des Taisseauz qa*il renferme, il pourrait à la vérité présenter des changements de coloration sous riofloence d'un afflux sanguin plus abondant; mais sa position trop profonde ne permet pas de les apercevoir. Le stroma fibreux, épais, dans lequel sont compris les vaisseaux dilatés, s'oppose d'ailleurs à des variations notables dans Is folume de la tumeur. Ce même fait anatomiqoe explique la consistance spéciale de ces productions, l'impossibilité toujours constatée de les réduire, même partiellement, par une compression, l'absence complète de fluctuation qu'elles présentent constamment Leur apparence lobulée est en rapport avec leur développement aux dépens des éléments du tissu adipeux.

Ce mode particulier de formation rend compte peut-être aussi de la délimination toujours nette de ces tumeurs.

On le voit, il sera toujours facile de distinguer l'angiome simple circonscrit sous-cutané des tumeurs caverneuses situées dans la même région : celles-ci sont en efi'et ou uniques, niais offrant toujours alors quelques-uns des symptômes propres aux tumeurs érectiles veineuses (réduction partielle, quelquefois fluctuation, gonflement manifeste sous certaines influences, tumeur plus au moins diffuse, entourée de veines dilatées, etc.), ou multiples et siégeant, souvent en grand nombre, sur le trajet des veines sous-cutanées ; cette dernière variété estrare d'ailleurs et possède un cachet tout spédaL

Dans certains cas, cependant, Tangiôme caverneux sous-cutané présente des caractères tels qu'il est presque impossible, au lit du malade, de les séparer de l'angiùme simple.

Monod cite à l'appui de cette remarque Tobservation suivante : M. le professeur Duplay, qui, dans une leçon clinique à l'hôpital de la Pitié, avait signalé ce fait àratteiition de ses auditeurs, a bien voulu compléter lui-même à ce sujet les renseignements que Monod avait recueillis dautrepart

Page 1