ANÉVRYSME
PAR RICHARD RARWELL, F. R. C. S.
Ghinirgien de THôpital de Charing Cross, à Londres (1).
DES ANÉVRYSMES EN GÉNÉRAL
Béflnitioii et olasBifloation.
Définir ranévrysme est une entreprise difficile, parce que, sous cette dénomination, on comprend des affections fort différentes et aussi parce que la terminologie encore en usage aiyourdliui nous Tient d'anciens auteurs qui ne connaissaient pas la circulation du sang. Peut-être la seule définition qui, en écartant les maladies étrangères, s'applique à toutes les variétés de l'affection qui nous occupe, doit-elle être énoncée dans les termes suivants: l'anévrysme est une tumeur sanguine en communication directe avec la cavité d*un ou de plusieurs vaisseaux appartenant au système artériel (2). Quelques-unes de ces tumeurs sont formées par la dilatation plus ou moins uniforme, plus ou moins étendue d'un ou de plusieurs vaisseaux^ le sang demeurant encore dans la cavité vasculaire. Certaines sont formées par du sang situé
(1) Tradait et annoté par le D' G. Poinsot, chirurgien des hôpitaux de Bordeaux. — Revu et corrigé par l'auteur.
(2) Je sais bien que cette définition comprend certaines tumeurs érectiles volumineuses (angiomes) et aussi certaines ecchymoses récentes à tendance envahiatante. Mais, comme on le verra par la suite, ces angiomes ne sauraient être distingués anatomiquement des petits anérrysmes par anastomose, et une ecchymose du genre dont Je parle, quand le sang provient d'un rameau artériel, ne diffère de Tané- Yrysme diffus que par son volume.
en dehors de l'aire circulatoire normale, mais encore limité par une ou plusieurs tuniques du vaisseau ; d'autres sont formées par du sang absolument extravasé. L'anévrysme peut aussi se compliquer d'une communication anormale avec une veine : l'affection prend alors le nom d'anévrysme artérioso-veineux.
Mais, si les deux premières distinctions s'appuient sur un fait anatomique et satisfont aux exigences d'une bonne définition, au point de vue clinique elles sont sans utilité. Il est impossible, sur le vivant, de déterminer si la tumeur sanguine est vraùment limitée par une ou plusieurs des tuniques du vaisseau, ou si ces enveloppes ont cédé sur un point plus ou moins étendu ; et, la distinction pûl-elle être faite, elle n'aurait aucune valeur. Même, dans quelques cas, les trois tuniques se sont rompues, et cependant le sang est contenu dans une cavité nettement définie, et la tumeur offre la même apparence que si une ou plusieurs des tuniques artérielles avaient été conservées. Il me semble donc que certaines de ces distinctions anatomiques mériteraient d'être laissées de côté ou devraient tout au plus être rappelées à titre de curiosité historique: toutefois, comme les termes qui s'y rattachent n'ont point encore été condamnés à l'oubli, il est nécessaire, dans un travail comme le nôtre et avec les réserves déjà formulées, d'indiquer la division des anévrysmes en anévrysme vrai et anévrysme faux, suivant les difiérents états des tuniques artérielles dans cette maladie.
Ufl
RICHARD OARWELL. — ANÉVRYSME.
L'anévTysme vrai est celui dans lequel les trois tuniques du vaisseau sont intactes et sans solution de continuité sur toute l'étendue de la tumeur. L'anéorysmc faux est celui dans lequel une ou plusieurs des tuniques artérielles ont été rompues. Toutefois la distinction entre les deux classes n'est pas seulement impossible sur le vivant; elle l'est encore bien souvent à l'autopsie ; car, avec les progrès de la tumeur unévrjsmale, les tuniques vasculaires distendues subissentdes changements qui les rendent absolument méconnaissables (I) : on peut quelque- Toia séparer par la dissection plusieurs tuniques, d'autres fois on n'en trouve qu'une seule ; d'autres fois enfin il est impossible de déterminer si quelqu'une des enveloppes est constituée par une tunique normale ou si elle n'est pas formée par un tissu voisin induré (3). 11 nous faut donc en finir, pour une bonne fois, avec ces dénominations d'anèvrjsme vrai et d'anévrfsme faux, en remarquant que la dilatation étendue & toute la circonférence d'une artère est en général constituée par l'ensemble des tuniques artérielles. La tumeur formée sur un cClé du
(I) Le fdi raWant monira combien les chirurgiens les pins eiarcét peurent différer d'ap[iiion sur la conitllQllOD d'un seul et mBnie mc inâvrysinal, et comliisn p»r tulta la diiUnUion entre anâvrysmci vrais et iDéTryamos faux est inulilo au point do vue pratique. Le 71 naiembru 1865, un membre de la Société de Chirurgie de Paris présentait h lei collègues une pièce aDatoinique diaiéiguée arec une grande liabileté, comme nu eiemple d'anévrysme circonscrit du tronc brachio.câpbalique, anéiryame dont le aac était, croyalt-ll, formé par toute la tuuique eitenia de l'artère. Pour U. Bicliei, qui eiamina U pièce, il a'aglesait d'un anévryame dlITuB, conaécutif à la rupture d"an large ïndïrysmocirconaerit de l'innominés. U, Le Fort qui rapporte le fait (Dic(ionnaiVe enq/elopidique, t. IV, p. &22) put, t son tour, consiaier et démontrer que l'innominée ne portait qu'une perforation an niveau d'un alliérome, et que le aie Était formé non par U tunique externe, mais par le rofoulemeni m la condenaation du tiaau cellulaire du creui souselavlculaire (N. du Trad,].
(Ij D'après M. Ericliaoïi, on peut toujours reconnaître un ani^vry^me faux K ce que l'examen dirert permet alors de toir que U mine brusquemeni par un u collet du aac, et H semble vraiment banal de dire ' le pourtour de la solution de continuité d'une tuniqu( aufllt ï reconnaître que ceti« tunique a été rompui et par suite que l'aoétrygme est faux ; mais j'ai vl bien des anévryamei, In contestable m eut fiiux, oli l'oi no pouvait rencontrer trace de ci't anneau, ni rier qui marqoiil d'une faQon certaine et déflole l'endroii do la rupture.
u rigide au niveau d
s'accompagne toujours, sauf dans sea praodan débuts, de la rupture d'une ou de plusieurs tuniques. Quelques auteurs ont décrit une vsriélé d'anëvrvsme l'aux — par bernie on miilé interne — dont l'existence est plus que doateuse. Ainsi que son nom l'indique, cel anèvrvsme serait formé par la hernie de la tunique interne â Iruvors une déchirure des tunique*
ancvryiimcs fusirormM, d'après Uonro (*}.
ini^vrj'Bme inguinal ; ùc, deux pciiu tnétryiloraui; d, anévryame popUté ouvert;*, orUM
ir;^ orifice inférieur.
moyenne et externe. On ne saurait, â mon avi«, douter qu'une sorle de revêtement épitbËlial, que l'on trouve souvent dans les artères malades, a fait croire it une dilatation de la tunique interne, et que les préparations apportées a l'appui de celte opinion ont été produites artificiellemenl par une dissection trop imautieuse. On pourrait défendre avec plus d'aianlage la dénomination d'anévrrsme dill'us, si on l'em-