‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 301 sur 452 · VIOLENCE EXTÉRIEURE SANS PLAIE · texte numérisé non relu

VIOLENCE EXTÉRIEURE SANS PLAIE

Une violence extérieure sans plaie peut quel-

(1) Oré, Compte-rendu de mon service de chirurgie , Paris, 1867, p. 102.

RICHARD RARWËLL. — ANÉVRYSME.

quefois amener directement la formation d'un anévTvsme. Un exemple familier de ce genre nous est fourni par l'anévrysme axillaire, qui se montre quelquefois à la suite des efforts exagérés faits par un chirurgien trop consciencieux pour réduire une luxation de l'épaule. Le vaisseau peut même, dans ces efforts, se rompre entièrement. Les marins passent pour être sujets aux anévrysmes axillaires et sous-claviers, ce qui tient probablement à la répétition d'exercices violents et aussi à la fréquence d'efforts brusques, lorsque le sujet se retient dans une chute en s'accrochant par une main à une corde ou à un agrès. Les machines en mouvement, par les tractions violentes qu'elles exercent sur un membre, quand elles l'ont saisi pour l'entraîner dans leur révolution, ont ^i^n des fois déterminé la production d'un anévrysme. J'ai, d'après mon expérience personnelle, les motifs de croire que les chutes fréquentes elles autres accidents auxquels sont exposés les ivrognes produisent des anévrysmes thoraciques et abdominaux plus fréquemment qu'on ne croit d'ordinaire. Dans ces cas, il est probable que les tuniques artérielles ont subi quelque dégénérescence qui les a affaiblies ; peut-être la paralysie alcoolique, puisque le poison est en contact avec les parois vasculaircs, affecte-t-elle leurs fibres musculaires plus promptement que les organes soumis à la volonté, et diminue-t-ellc pur suite leur élasticité et leur force de résistance. Il nous faudra revenir sur ce sujet.

Les causes de la seconde catégorie, à savoir, celles qui troublent l'équilibre existant entre la pression du sang et la résistance des tuniques artérielles, se divisent naturellement en deux classes secondaires : dans la première, se rangent les conditions susceptibles d'augmenter la masse ou la pression du sang, dans l'ensemble du système artériel ou sur un point limité de ce système. Je ne crois pas que la pléthore, ni la tension artérielle élevée qui accompagne le mal de lîright aient jamais déterminé directement la foniiation d'un anévrysme; j'en dirai autant de l'hypertrophie du ventricule gauche (1). L'anévrysme de l'aorte coïncide souvent avec l'hypertrophie ventriculaire; mais chacune de ces deux allcctions peut jouer vis-à-vis de l'autre le rôle de cause, et il est bien rare, parfois impos-

(1) Le mot directement a été mis dans lo texte parce qu'il n'est pas douteux, comme on le verra par la suite, que l'excès de la pression intra-vasculaire peut, on déterminant certaines variétés d'affections artérielles, contribuer indirectement à la [production d'un anévrysme.

sible, que les parois vasculaires offrent alors une structure normale.

Il est certain que toutes les conditions qui augmentent l'action propulsive du cœur doivent dans une certaine mesure contribuer à la production de l'anévrysme ; mais cette mesure doit être fort restreinte, à moins qu*à l'exagératioii de l'action du cœur vienne s'ajouter une vii a fronte; la force du cœur est à elle seule incapable de produire un anévrysme, si ce n'est sur une artère déjà très malade. Celte vis a fironte peut résulter d'efforts musculaires violents, empochant le sang de pénétrer dans les capillaires; de l'usage de vêtements trop serrés; d'une position défavorable prise par le malade au moment où il fait effort et amenant rocdusion brusque de l'artère ; peut-être encore de l'oblitération du vaisseau par un caillot embolique.

EFFORT MUSCULAIHK.

Les effets d'un travail muscnlaire excessif sont bien connus : un simple effort peut produire la première distension, la première déchirure de la tunique moyenne, distension ou déchirure très légères peut-être, mais que la répétition d'efforts analogues peut augmenter dans la suite. La plus grande fréquence de ranévrysme chez l'homme tient à ce que les individus du sexe masculin sont, plus que ceux de l'autre sexe, adonnés à des exercices musculaires pénibles.

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