‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 302 sur 452 · ONSTRICTION EXERCÉE PAR LES VÊTEMENTS, ETC · texte numérisé non relu

ONSTRICTION EXERCÉE PAR LES VÊTEMENTS, ETC

La prédominance de l'anévrysme chez les soldats de l'armée de terre montre bien les effets produits par l'usage de vêtements trop serrés. M. Myers (1) a fait voir, et, à mon sens, d'une façon irréfutable, que cette prédominance n'est pas due, comme on l'a souvent prétendu, à la syphilis, mais à l'usage d'uniformes trop serrés, et surtout du col d'ordonnance ; car la syphilis et les exercices musculaires sont tout aussi fréquents dans l'armée de mer, mais l'anévrysme est, par 1000 hommes, treize fois et demi plus commun chez les soldats que chez les marins. La constriction exercée sur le cou ou sur les membres doit opposer un certain obstacle au courant sanguin dans l'intérieur des vaisseaux, et aussi empêcher les artères de profiter de leur élasticité pour s'accommoder aux différentes positions ; de cette façon, les tuniques seront quelquefois

;i) MycT«, Laneet, feb. 20, 1809.

DES ANÉVRYSMES EN GÉNÉRAL. — CAUSES

distondaes suivant leur longueur, cette distension pouvant être portée à son maximum, pendant qu'une ondée abondante leur fera subir une dilatation centrifuge.

La fréquence de Tanévrysme au niveau des articulations dont on se sert beaucoup, et sur le côté où ces articulations se fléchissent, a été notée souvent : on l'a attribuée à ce qu'il ae forme alors sur Tartère un coude brusque, qui empêche le cours du sang par le mécanisme déjà indiqué de la vis a fronte. Il faut cependant observer que cette particularité est beaucoup plus marquée aux membres inférieurs qu'aux membres supérieurs, bien que la flexion soit tout aussi ordinaire pour les uns que pour les autres ; par suite la position ne peut guère être donnée comme la cause évidente de Fanévrysme, et un fait que je vais citer tend à réfuter la théorie qui invoque, en dehors de la position et comme condition adjuvante, la plus grande puissance musculaire et les efforts plus considérables du membre inférieur. L'anévrysme poplitéest très fréquemment double, et il n'est pas moins fréquent, après qu'un premier ancvrysme a guéri, de voir une seconde tumeur apparaître de l'autre côté. Les observations de ce genre publiées par les journaux de médecine sont trop nombreuses pour que je les cite : le fait a été attribué à la façon de marcher adoptée par le malade qui, pour épargner le côté atTecté antérieurement, impose un travail supplémentaire au côté sain, qui, à la suite, ne tarde pas à s'affecter. Un fait rapporté par M. Ilumphry, sans démentir formellement la possibilité d'une semblable étiologie, montre du moins très clairement l'intervention d'un autre agent morbide :

Om. in. — Le malade, manœuvi'e, &g6 de 35 ans, portait on aoévrysme poplité droit. M. Humphry lia l*aitère fémorale superficielle avec le catgut; il y eut une hémorrhagie secondaire qui se reproduisit plu- •ieiirs fois, en affaiblissant beaucoup le malade. NaturaUement l'action du cœur était très faible ; le malade gardait le lit : à ce moment où les conditions paraiaaaient le plus défavorables à la production d'un anéfrysme, il s'en développa cependant un nouveau dans le creux poplité du côté gauche (1).

Cette tendance à la formation d'un double anévrysme poplité ne tient pas à une « diathèse anévT|smale » ni à une dégénérescence vasculaire générale. Les sujets chez lesquels on la rencontre ne présentent point, en général,

(1) Hamphry, British Médical Journal^ 1876, vol. I, p. S99.

d'anévrysme sur d'autres vaisseaux. Il doit y avoir là quelque condition locale, en outre de la fréquence des mouvements de flexion, des efforts musculaires, pour faire du creux poplité le siège de prédilection de l'anévrysmc et rendre si fréquent l'envahissement simultané ou successif des deux côtés. Ainsi l'artère humérale, au coude, qui s'infléchit aussi fréquemment que la poplitée au genou, est située ù une certaine distance de Vos, dont la sépare une épaisseur considérable de muscles, etc. En arrière du genou, l'artère est située entre les condyles du fémur et dans l'échancrure correspondante du tibia, et par suite très près de surfaces fort dures, contre lesquelles sa paroi antérieure vient appuyer à chaque battement, ce qui constitue une condition éminemment propre à déterminer une altération lente de ses tuniques. M. Barker a montré, à la Société pathologique (1), un fait remarquable de dégénérescence artérielle affectant les deux côtés du corps à peu près symétriquement : partout où les vaisseaux étaient en rapport direct avec une surface osseuse résistante, la lésion était plu.s marquée. Les conclusions de M. Barker seront rappelées plus loin .

[Cette influence du voisinage d'une surface osseuse résistante me parait également mise en lumière par les faits d'anévrysme sousclavier, dans lesquels l'existence d'une côte cervicale surnuméraire sur laquelle reposait le vaisseau a seule pu expliquer le développement de l'affection vasculaire. Ces faits, au nombre de trois, ont été observés par Bauni (de Gœttingue), Poland et Adams (2). Hillefeld, qui a publié le premier de ces faits, suppose que, dans les cas de ce genre, l'artère étant située beaucoup plus haut dans le creux sousclaviculaire, se trouve par' cela seul plus exposée aux violences extérieures contre lesquelles la clavicule la défend ordinairement : il s'en suit une artérite qui affaiblit la paroi du vaisseau et le prédispose à se laisser distendre. Mais il est plus facile d'admettre, surtout par analogie avec les faits dont il a été question plus haut, que la cause réelle de la dégénérescence artérielle se trouve dans la résistance opposée par l'os à chaque battement du vaisseau. I

(!) Barker, Transactions of ihc Pathol, Societt/y vol. XXVIII, p. 8C.

(2) A, Uillcfeld, Ueber die Spontankeilung eiîies Aîiemisma der aricria subelana hei bestehender Halorippe, Inaug. Dis., Gœttingen, 1872.

lilCIlARD BARWELL. — ANKVRYSME.

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