‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 303 sur 452 · POSITION · texte numérisé non relu

POSITION

Au nombre des causes occasionnelles de Tanévrysmc, il faul encore citer une position défavorable, amenant Tocclusion du vaisseau au moment môme d'un eflbrt énergique. I.e fait suivant peut être donné comme exemple:

Obs. IV. — M. B. était un hommo robuste oX jouis- Sftnt d'une santé parfaite ; il avait eu seulement, vingt-cinq ans auparavant, un rhumatisme aigu, qui ne lui avait laissé d autre trouble que de temps en temps de légères crises de douleurs rhumatismales. On ne constatait d'ailleurs aucun signe d'une affection du système vasculaire. M. B. avait 40 ans et n'offrait aucun antécédent sypliilitique ; c'était un célibataire, d'habitudes très sobres, et très adonné aux exercices de corps, au jeu de cricket, au patinage, à la course. Un jour, il s'amusait à faire sauter un enfant un peu lourd, à cheval sur son pied, la jambe fléchie et croisée sur l'antre. Il n'eut point la sensation d'une déchirure, mais il comprit qu'il devait s'arrêter, et peu après il éprouva une faiblesse, une sensation do plénitude dans le creux poplité du membre sur lequel Tenfant était assis. Deux jours plus tard, il constatait en ce point l'existence d'une tuméfaction qu'il était bien sûr de remarquer pour la l>romièro fois; voyant, dans la semaine qui suivit, cette tuméfaction prendre un accroissement assez rapide, il consulta un excellent chirurgien de province, (|ui diagiiostifjua un anévrysme. Je vis ce malade? (pK'lijUi's jours aprt's, et confirmai le diagnostic : la tuiiHtur slôi;«ait à l.i pariio inférieure du creux poplité l't SL's parois élaiL'iit minces.

Dans d'aiilivs ca<, la posilion n'agit pas tant en elVaranl la liuiiiin* du vaisseau qu'en Tiinniobilisant ot en rein|)ôchant île se pnMer aux iiiouNenieiits qu'exécute le inenibre. Par exeinple, dans la (lexion, le vaisseau est plus court (jue dans l'extension ; mais, s'il esl fixé dans la position où il e>lle plus court par une vieille cicatrice, ou par la pression d'un M'-tcment, d'un bandage, d'une courroie, et qu'ensuite la jointure soit mise dans l'extension forcée, il ne saurait suivre ce mouvement ; sa distension dépassera les limites de son élasticité normale, et il se produira très probablement une déchirure transversale de sa tunique moyenne, qui cédera dans l'intervalle de ses libres transverses. Une exagération brusque de l'action du cœur, au moment où cette distension fait du vaisseau un tube rigide et étroit, doit favoriser la production de la lésion. Ine légère diminution de l'élasticité artédelle se montre quelquefois après la guèrison d'un processus inflammatoire ancien, d'un abcès siégeant autour d'un vaisseau ; l'adhé-

rence, par un tissu cicalriciel, de la tuDique externe à des parties plus ou moins inextensibles rend l'artère plus sujette à se rompre, comme le savent très bien tous ceux qui ont eu à traiter des articulations ankylosées. L'expérience de Richerand (4), citée par Hodgson (2) et aussi par H olmes (3), montre que les artères même saines ne peuvent supporter qu'un certain degré de distension ; voici cette expérience : quand sur le cadavre, on soumet le genou à une extension poussée assez loin pour que les ligaments fassent entendre un bruit de craquement, Tautopsie du membre fait voir d'ordinaire une ropture, partielle ou totale, des deux tuniques internes de l'artère poplitée. On peut encore inroquer, à l'appui du même fait, les accidents qui ont suivi certaines tentatives imprudentes de réduction, dans les luxations de l'épaule (4).

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