‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 313 sur 452 · I. — Tumeurs pclsatiles qOi ne sont pas des · texte numérisé non relu

I. — Tumeurs pclsatiles qOi ne sont pas des

ANÉVRYSMES.

Toute tumeur, liquide ou solide^ placée immédiatement au-dessus d'une artère volumineuse, peut offrir des pulsations communiquées.

Abcès.

Un a6cè5, bien enlcysté et solidement appliqué parune aponévrose contre le vaisseau, peut battre de façon à tromper le chirurgien, et on pourrait rappeler bien des méprises commises dans ces conditions. Ces méprises paraissent dues moins souvent aux difficultés que présente le cas particulier qu'à l'habitude de regarder un ou deux symptômes comme pathognomoniques.

L'existence de phénomènes inflammatoires, l'apparence acuminée de la tumeur, l'absence de pulsations ne prouvent pas, même quand on les trouve réunies, qu'on ait affaire à un abcès.

Je donnerai comme exemple le fait suivant

que Pirogoff rapporte (1), avec une franchise qui lui fait honneur :

Au retour d'une course longue el pénible, û fat appelé pour un homme qui éprouvait de violentes douleurs dans la jambe : celle-ci était le siège d'une inflammation intense; U s'agisuil, suivant toute apparence, d'un phlegmon suppuré; le malade demandait uniquement àètie débarrassé au plus vite de ses souffrances. Otiu sa fatigue, Pirogoff jugea le cas très daiv; H plongea un bistouri dans la tumeur et tùl averti de son erreur par un flot de sang artériel.

Richet (2) fut sur le point d'ouvrir ce qui lut paraissait être un abcès de l'aisseUe, lorsque par bonheur il sentit un frémissement et, en examinant à nouveau, trouva un bruit de souffle. C'était un anévrysme axillaire.

Les anévrysmes enflammés, quand ils sont plus profondément placés, sont plus difficiles à diagnostiquer, comme par exemple, dans le cas de Bergman n, qui ouvrit ce qui lut semblait une (c angine phlegmoneuse ». Il n'y ent pas d'hémorrhagie immédiate, mais le malide succomba à l'asphyxie ; l'autopsie fit voir un anévrysme de Tartère carotide interne (3).

Le D' Slephen Smith (4), en rapportant une erreur personnelle et une ou deux autres comnûses par des confrères, insiste sur les difficultés du diagnostic qu'il exagère un peu, à mon sens, en déclarant que, parmi les symptômes de l'anévrysme, tels qu'ils sont décrits dans les auteurs, aucun pris isolément n'est pathognomonique.Je ne contesterai pas cette assertion ; c'est la réunloo de tous les symptômes qui doit guider le chirurgien (5).

(1) Pirogoff, Klinische Chirurgie, s. 95.

(2) Richet, Gazette des hôpitaux^ 1879. — Vojei aussi Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques^ article Anbvrtsme, Paris, 1865, tome II.

(3) Bergmann, Zeitschrift fur CUirurgie, Bd. XIV\ Heft 1 u. 2, 8. 2.

[k) Stephen Smith, American Journal of Medxcn* Sciences, avril 1873.

(5) Le point auquel le docteur Smith accorde le plus d'importance au point de vue du diagnostic, ce sont les renseignements fournis par le malade, surtout celui ayant trait à une sensation de déchirure, de rupture. Je n*ai, il me faut l'avouer, jamais trouvé qu'il fallût se fier beaucoup à ce que les malades nous racontent de leurs sensations intérieures ; leurs réponses, à cet égard, sont souvent suggérées par les questions du chirurgien. M. Holmes {Saint-Georges' s Hospital Reports, 1874, p. 177), en analysant le mémoire de Smith, insiste surtout sur le bruit de souffle, qu'il regarde comme le seul symptôme auquel on puisse se fier. J ai vu tant d'aoé-

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