ANÉVRYSME DE L' ARTÈRE PÉDIEUSE
de la compression veineuse, comme aussi se rattacher à cette variété d'infiltration souscutanée et sous-aponévrotique, qui n'est que le premier degré d*une gangrène envahissante et à marche rapide. La distinction entre ces deux états s'établit d*après Tétat des petites veines el la température. A voir un membre froid, insensible, .blanc, exsangue, on peut conclure qu'un arrêt de la circulation artérielle a déterminé une mortification par défaut de nutrition (1); tandis que, d'autre part, une tuméfaction plus marqaée et plus profonde, s'accompagnani d'une coloration rouge vif ou violacé des téguments et caractérisée par un réseau de veines dilatées, indique que l'obstruction siège non point dans la circulation d'apport, mais dans la circulation de retour.
La question de savoir si, dans le premier des états que je viens de décrire, il faut lier l'artère, doit être résolue d'après la situation de l'anévrjsme : quand on voit apparaître cette variété de gangrène, il se produit quelquefois un durcissement très rapide, presque subit de la tumeur. 11 est donc plus sage d'attendre, à moins que le sac ne devienne plus mince et plus volumineux.
Dans la seconde forme d'œdème, on admet généralement qu'il vaut mieux essayer de diminuer le gonflement avant de recourir à la ligature.
Dans certains cas, on peut faire disparaître une bonne partie de cet engorgement veineux par l'un onrautre des trois moyens suivants, susceptibles d'ailleurs d'être employés simultanément : i« un changement de position, qui, en modifiant la situation du sac, peut faire cesser la compres-
sion; 2® l'élévation du membre; 3« l'application d'un bandage qui ne soit pas trop serré et que l'on renouvelle fréquemment.
Au bout de quelque temps, et que ces moyens aient ou non réussi, l'artère doit être liée, d'abord parce que, de cette façon, la quantité de sang arrivant dans ce membre, dont les vaisseaux sont remplis à l'excès, se trouve ainsi diminuée, et ensuite parce que l'anévrysme diminuera probablement de volume et permettra à la veine de reprendre ses fonctions.
J'ai déjà fait allusion, page 570, au siège de la ligature par rapport aux branches qui naissent du vaisseau principal. Si les principes qui avaien t cours il y a trente ans, à savoir : ne jamais lier d'artère près d'une branche volumineuse, avaient été scrupuleusement suivis, très peu des vaisseaux de l'organisme auraient été liés. Mais l'étendue du caillot interne, si importante qu'elle puisse être avec les ligatures qui doivent se dégager du vaisseau, l'est peut-être moins avec celles qu'on laisse autour de l'artère, et il est probable (car il me manque la confirmation de l'expérience que le temps seul peut donner) que les ligatures qui demeurent autour du vaisseau et ne divisent pas sa tunique interne, mettent à l'abri de l'hémorrhagie secondaire, qu'il y ait ou non formation de caillot. Si cette opinion est exacte, il n'est aucune portion d'artère accessible à la ligature, sur laquelle le chirurgien ne soit autorisé à porter un lien de cette espèce. Néanmoins, quand les circonstances permettent de choisir, la prudence empêcherait de pratiquer la ligature au voisinage immédiat de quelque collatérale volumineuse.
DES ANÉVRYSMES EiN PARTiCLLIER