‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 343 sur 452 · COMPRESSION CENTRALE · texte numérisé non relu

COMPRESSION CENTRALE

La compression centrale, c'est-à-dire la compression de la troisième portion de la sous-clayière sur la première côte, peut réussir quelquefois, mais elle est beaucoup plus sujette à échouer. M. Holmes et M. Erichsen paraissent tous les deux convaincus que la compression de ce vaisseau n'est pas difficile (1). Mon expérience personnelle m'a appris que, dans les cas d'anévrysme axillaire volumineux soulevant l'épaule, la compression de la sous-clavière est impossible, sailf pendant quelques secondes. Syme, pour la rendre efficace, dut diviser la peau et l'aponévrose cervicale. Dans un fait de Poland, et dans quelques autres faits, la compression était favorisée par le trajet exceptionnellement élevé du vaisseau, mais ces circonstances favorables doivent, ainsi que l'a fait remarquer M. Poland lui-môme (2), se rencontrer fort exceptionnellement. M. Holmes parle des avantages qu'il faut attendre de la compression avec beaucoup plus de confiance que je ne saurais le faire. 11 peut citer cinq faits de guérison — dus à Turet, Vanzetti, Cooper Forster, Peatson et Rizzoli. Dans le troisième de ces faits, la guérison fut obtenue en deux séances par la méthode rapide, avec le secours de l'anesthésie, dans des circonstances dont on ne peut guère prévoir le retour. Chez le malade de Peatson, le traitement dura trois mois ; il semble avoir été un peu plus long chez le malade de Rizzoli.

Toutefois, à moins que la position de la clavicule ne rende la compression de l'artère sousclavière évidemment impossible, c'est le devoir du chirurgien de faire des efl'orts raisonnables, mais non exagérés, pour effectuer la guérison à

(1) Holmes, System of Surgery^ toI. IU, p. S55 ; Erichsen, Scicîice afid Art of Surgeiy, vol. Il, p. 120.

(2) Poland, Guy's Uospital Reports, 1871.

l'aide de ce moyen. H est rare qu'on puisse s'en remettre à la seule action des doigts» mais un compresseur de €k>le fournira un utile secours. G*estun instrument en forme de cachet; il présente une extrémité arrondie, ou, si on le préfère, en crosse de pistolet; ce manche se continue par une tige, portant à rextrémité une pelote ovale. La tige, qui est cylindrique» est formée de deux tubes, glissant l'un dans Tautre, qu'un fort ressort en spirale empêche de se rencontrer ; cette disposition diminue la rigidité et la dureté de la compression, et la rend un peu plus supportable. Le compresseur doit dépasser la tête du malade, de sorte que, quand ce dernier place la pelote de l'instrument au point convenable et s'incUne un peu en avant, une partie du poids du corps vienne porter sor le vaisseau. Il est en général avantageux d*atoir recours à l'anesthésie, car la proximité de gros troncs nerveux rend le traitement douloureux. Le chirurgien doit d'ailleurs être d'autant plus prudent que le malade est endormi; une lésion du vaisseau, une eschare, même une inQammation suppurative de la région seraient très préjudiciables, car le lieu d'appUcation de ce procédé, et, au cas où il échoue, de toute autre méthode est extrêmement Umité.

Bien que les observations d'anéyrysme axillaire traité par la compression soient peu nombreuses, je suis convaincu que ce moyen a été fréquemment essayé. J'ai déjà donné à cet égard quelques chiffres : je trouve, en outre, dans les comptes rendus hospitaliers pour les dix dernières années, seulement cinq faits que l'on donne comme ayant été traités de cette façon : sur ce nombre il y a une guérison certaine (Cooper Forster) et une douteuse; dans un cas, le bras se paralysa; il demeurait encore inerte au bout de plusieurs mois.

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