RICHARD BAR>VELL. — ANÉVRYSME
ri 32
du côté de Torbile. Peut-être arriverait-on à se former quelque conviction, d'après les différeites variétés de paralysie des muscles oculaires, — en se basant sur des symptômes tels que le ptosis de la paupière supérieure, et le strabisme interne consécutif à la paralysie de la sixième paire (1), avec troubles légers ou même sans troubles de la vision. En outre, Tœdème des paupières survenant de bonne heure et avant qu'aucun battement soit perceptible, surtout si ses progrès sont lents et si le malade n'accuse aucun traumatisme antérieur, aucune sensation de déchirure, est un signe d'obstruction veineuse ; si le cœur et les gros vaisseaux ne sont pas évidemment pris, il y a des raisons sérieuses de croire que cette obstruction est indépendante soit d'un anévrysme, soit d'une rupture de l'artère dans le sinus caverneux. 11 faut néanmoins reconnaître qu'il se présente bien des cas étranges, rappelant celui de Velpeau (2), dans lequel les deux yeux étaient affectés et où la compression de la carotide *d roi te arrêtait les battements de l'œil gauche, et vice versa, bizarrerie que l'auteur et M. Holmes ont essayé d'expliquer, mais sans succès. La ligature de la carotide droite fit disparaître les battements dans les deux yeux pendant un temps, mais ils reparurent bientôt dans l'œil droit, tandis que l'œil gauche demeura guéri. Nous n'avons pas davantage les moyens d'établir un diagnostic différentiel entre certaines lésions veineuses du sinus caverneux et l'anévrysme de celte région ou des lésions analogues siégeant dans l'orbite. Môme il est difficile de comprendre d'où nous pourraient venir ces moyens ; si l'obstruction veineuse du sinus détermine des battements, une tumeur, de l'exophthalmie, etc., ces symptômes se montreront, que l'obstruction soit produite par un anévrysme, par la rupture de l'artère ou par la thrombose delaveine.il ne faut donc pas se lancer à la légère dans une intervention opératoire, d'autant que certains malades — ceux d'Erichsen (3) et de Collard, de Berne (4), par exemple — ont guéri, le premier à peu près enticre-
(1) La tumeur intra-orbitaire siège au-dessus et en dedans du globe do l'œil, qui est généralement repoussé en dehors, do telle sorte qu'il y a une apparence de strabisme externe, avec l'œil regardant en bas ; la perte rapide de la vision est aussi caractéristique d'une affection intra-orbitaire.
(2) Delens, op. cit.
(5) Erichsen, Op, cit.
(4) Collard, Gazette médicale, 1866, p. 321.
ment, et le second définitivement, par l'expectation et un régime bien ordonné.
Traitement des tumeurs palsatilès de
rorbite.
Le traitement doit être basé sur les conclusions auxquelles nous a amené l'étude des symptômes. Je ferai seulement remarquer que la compression de la carotide peut, dans toutes les variétés de l'affection, faire disparaître les battements, même alors qu'il n'existe pas d'anéVrysme ; ce symptôme se rencontre dans la turgescence veineuse résultant d'une thrombose, l'impulsion étant alors communiquée par les mouvements d'expansion de l'artère.
Le traitement expectant et médical est celui qui convient le mieux aux cas où Ton a diagnostiqué une thrombose ou toute aulre affection veineuse. Glace, digitale, régime sévère, privation de tout stimulant ; dans certains cas, iodure et broniure de potassium, combinés avec l'ammoniaque ; purgatifs, et, s'il existe quelque complication inflammatoire, moyens propres à la combattre.
La compression graduelle du globe oculaire et de l'orbite peut se montrer utile dans la même catégorie de faits. Dans le cas d'anévrysme, elle est nuisible. On pourrait avoir recours aux injections d'ergotine dans toutes les variétés de la maladie, si on pouvait être convaincu que la tumeur est intra-orbitaire.
Les injections coagulantes ne peuvent également être de quelque utilité que si l'orbite est le siège du mal.
La même remarque s'applique à la galvanopuncture, mais il faut ajouter qu'il n'est pas sans danger de faire passer, dans une partie de la tête ou de la face, un courant électrique fort et prolongé.
Toutes les fois qu'il s'agit d'un véritable anévrysme artériel de l'orbite, la compression et la ligature de lartère carotide commune constituent le traitement par excellence; mais, comme dans les autres régions du corps, la ligature des vaisseaux aboutissant à un anévrysme par anastomose amène rarement la guérison de ce dernier. Pour des cas de ce genre, qu'on avait pu diagnostiquer, on a lié les vaisseaux aboutissant immédiatement à la tumeur, comme la faciale et la temporale (1), mais sans en obtenir autre chose qu'une amélioration légère et passagère, tandis que la ligature de la carotide
(i) Warren, loc. cit., premier fait.
ANÉVRYSME CAROTIDIEN.
commune, praliquée quelque temps après, a donné une guérison facile et prompte.
Le tableau suivant montre les résultats obte-
nus à Vaide des différents modes de traitement mis en usage.