‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 357 sur 452 · ANÉVRYSME DE L'ARTÈRE CAROTIDE INTERNE · texte numérisé non relu

ANÉVRYSME DE L'ARTÈRE CAROTIDE INTERNE

faits, en y ajoutant un ou deux cas nouveaux. Je trouve ainsi, pour la ligature de Tartère carotide commune dans le cas d'ané^rysme de ce Taisseau ou d'une de ses branches (exclusion faite des anévrysmes orbitaires ou intracrftniens), 107 faits, dont 77 guérisons, ou 71,96 p. 100 ; 27 morts, ou 25,23 p. iOO; 3 morts par causes étrafigères à Topération, ou 2,8 p. 100(1).

Les causes de la mort peuvent être établies de la façon suivante :

/ sans indication de siège

Hémorrhigie ! par le sac

( au niveau de la ligature

Inflammation, suppuration ou rupture du sac.

ÉpuiBement

Pjrohémie

Inflammation du poumon

Complications cérébrales

Non indiquée (2)

Parmi les morts par hémorrhagie, il nous faut distinguer soigneusement les cas où le sang Tenait du point du vaisseau qui avait été lié et ceux où l'hémorrhagie se faisait par le sac. II est dommage que cette distinction ne soit pas faite dans les tableaux de Wyeth. Mais j'ai pu me ^ocurer des renseignements plus étendus sur bon nombre de faits. Ainsi, sur les 107 ligatures pratiquées pour anévrysmes carotidiens, deux fois seulement l'hémorrhagie eut lieu au niveau de la ligature ; une fois, elle se fit à la fois par ce point et par le sac. Celte distinction est importante, parce que, dans une certaine proportion des faits qui doivent se trouver sur le mauTais côté de la liste, l'opération n'a influencé le résultat ni dans un sens ni dans l'autre : le sac continua à augmenter, et finit par se rompre, tout comme si l'opération n'avait pas été faite. 11 semble donc que nous puissions accepter le chiffre d'un peu plus de 25 p. 100 comme représentant la mortalité de cette opération jusqu'à aiyourd'hui, mais il est probable qu'un avenir très prochain diminuera très considérablement cette proportion. ^

Vopération ancienne a été préconisée par

(1) Ces chiffres comprennent huit ligatures périphériques pour anévrysme carotidien, mais aucun fait d'<^ration pour anévrysme innomlné ou aortique.

(2) Le chiffre des morts parait plus élevé que celui indiqué plus haut, parce que deux faits figurent deoz fois comme hémorrhagie par le sac et comme mptore du sac Pili compte 12 tnorts par hémorrhagie, dont 9 par le sac, 1 au niveau de la ligature, 2 sans indication de siège.

11. Syme, dans le traitement de l'anévrysmc carotidien, comme étant le meilleur procédé à employer primitivement ; mais le vaisseau a, pour cela, une mauvaise situation anatomique, car il est difficile ou même impossible d*y supprimer la circulation, et le chirurgien qui lira le récit que M. Syme a donné de son opération (l'anévrysme était d'origine traumatique) sera peu disposé à suivre l'exemple de cet éminent chirurgien. Cependant, si l'opération de Hunier a échoué et que l'anévrysme continue à s'accroître, on peut mettre en usage la méthode ancienne avec une facilité relative, car la ligature obstrue l'artère suffisamment pour donner quelque sécurité. L'opération a été faite, dans ces conditions, deux fois en Amérique, et tout dernièrement à Londres, par M. Morris (1). Les opérateurs n'éprouvèrent pas de difficultés.

ANÉVRYSME DE I/ARTÈRE CAROTIDE INTERIfE.

Affection fort rare, cet anévrysme fait son apparition au voisinage de l'angle de la mâchoire inférieure, ou derrière la branche montante de cet os. 11 s'accompagne, dans la grande majorité des cas, de bruits dans Toreille et d'hémicrânie. La tumeur elle-même est ovoïde, élastique, fort rarement dure, car il ne semble pas que le sang ait tendance à se coaguler sur ses parois. Les battements sont très évidents tant à la vue qu'au toucher. Toutefois, comme cette région est très fréquemment le siège de productions inflammatoires ou de néoplasmes — abcès, tumeurs malignes ou fibro-kystiques — qui peuvent tous présenter des battements communiqués, il ne faut pas être trop prompt à regarder comme un anévrysme toute tumeur de cette région, pour le seul motif qu'elle bat. Mais les anévrysmes du vaisseau en question offrent d'ordinaire à chaque battement, un thrill particulier, un firémissement vibratile (frémissement cataire) et fréquemment aussi font entendre un murmure distinct, bien qu'assez doux. En outre, si on examine la gorge du malade, on peut voir la région latérale de l'isthme et du pharynx correspondante au côté aS'ecté, ainsi que l'amygdale, portées plus'ou moins en dedans suivant le volume de la tumeur. Si le chirurgien place un doigt d'une main sur l'amygdale et les doigts de l'autre main sur la tumeur ex-

(1) Morris , Medico -, chirurgical Transactions , voLLXlV,p. l.

RICHARD BARWELL. — ANÉVRYSME.

terne, il sent à chaque battement une expansion très marquée, si marquée môme qu'il semble que les doigts opposés soient repoussés en sens différent. Si alors un aide peut, pendant un petit moment, comprimer la carotide commune, il s'ensuit naturellement un arrêt des battements ; mais, ce qui a plus de valeur au point de vue du diagnostic, la tumeur devient flasque et diminue beaucoup de volume.

Traitement.

Le traitement de cet anévrysme se résume presque absolument en la ligature, car les remarques applicables aux autres anévrysmes carotîdiens s'appliquent plus exactement encore à celui-ci. Mais le mode de ligature n'est pas toujours laissé au choix du chirurgien. Celui-ci, quand il le peut, doit toujours, de préférence, lier la carotide interne peu après sa séparation du tronc primitif; mais, s'il n'y a pas de place entre l'anévrysme et la bifurcation de ce tronc pour faire cette ligature, il faut lier la carotide commune. Toutefois cette opération ne saurait probablement suffire, parce que le sang, grâce aux nombreuses branches anastomotiques venant du côté opposé de la tôte et du cou, ferait aisément retour dans la carotide externe et de là, par la carotide interne, dans l'anévrysme; ou, par une voie inverse, il pourrait descendre du cerveau dans la carotide interne et ensuite dans la carotide externe et ses branches. 11 faut donc prévenir ce retour de la circulation, quelle que soit celle de ces deux façons dont il doive s'accomplir, et, pour cela, le seul moyen consiste à lier simultanément la carotide externe au-dessous de la thyroïdienne supérieure, ou môme, si ce vaisseau ou tout autre natt trop bas, à les lier également. Toutes ces ligatures doivent être faites par la môme plaie que la ligature de la carotide commune à sa partie supérieure (1).

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