COMPRESSION
La cotnpression centrale fut rendue facile, chez un malade de M. Poland, par une anomalie artérielle coïncidant probablement avec l'exislence d*une côte cervicale. L'anévrysme guérit. Un autre succès est rapporté par Dutoit; j*y reviendrai plus tard.
Sur les résultais de la compi'ession directe^ il n'est guère possible de fournir aucune donnée numérique exacte; il est probable que, dans tous les cas d'anévrysme à développement rapide, le chirurgien, à une époque de la maladie, a arrêté ou voulu arrêter les progrès de la tumeur par l'application d'uu bandage ou d'une pelote ; dans un petit nombre de cas, la guériBOQ a été obtenue, mais comme dans un fait de Yeatman, sans qu'il existât une corrélation . bien nette entre le traitement et la guérison (i) ; ou bien, comme dans un fait de Corner, il y a eu détachement d'une portion du caillot sous la caloUe de cuir qui protégeait la tumeur (2) ; ou bien la rupture traumatique de i'anévrysme a déterminé, parla compression qu'exerçait le sang épanché, l'oblitération de l'artère et ensuite la suppuration du sac (3) ; ou comme dans un autre fait (4) rapporté par le même chirurgien, la compression, faite avec beaucoup de modération pendant dix jours, a donné la première impulsion vers la solidification graduelle de la
indiqué un des faits de guérison comme douteux, pUcé deux autres faits dans la même catégorie, relégué celui où il n'y eut pas guérison à la place qui lui convient; j'ai agi de même pour les cas où la guérison eut lieu sous l'influence d'une maladie ou d'un empoisonnement; il ne reste plus à l'actif de la méthode de Valsalva qu'un seul fait de guérison.
(1] Yeatman, Med. and Phys. Jow-n.t vol. XXXUI.
(2) Corner, êiedico-chirurgical TrofisacUonSfVoi. LII, p. 308. M. Corner intitule son observation « anévrysme de la sous-clavlère droite guéri par la compression di* recte » ; et M. Poland accepte cette appréciation. Le premier traitement, glace, repos, régime, ne donna pat de résultat; alors a on appliqua sur la tumeur une calote en cuir moulé que l'ou matniint à l'aide de eoarroies. » Un an après, le malade < se sent.t subitement pris de malaise ; il éprouva du vertige, une défaillance, au point qu'il fut obligé de se retenir à quelque chose pour ne pas tomber; en tàtant ensuite la tumeur, il n'y trouva plus de battements. » Il est Impossible de décrire plus exactement les phénomènes qui se passent lorsqu'un caillot s'engage dans roriflce du sac ou dans l'artère.
(3) Warren, Surgical Observations^ p. 425.
(4) Warren, Ibid., p. 427.
tumeur ; ou encore la guérison peut avoir été fortuite et spontanée. Même le seul cas bien net de guérison par compression directe est celui de M. Holmes (i). Le tumeur avait le volume d*un marron et était située sur la troisième portion du vaisseau ; l'index avait été envahi par la gangrène. Le bras fut enveloppé dans de la ouate, et une balle en caoutchouc maintenue sur la tumeur à Faide d'un bandage, de façon à exercer une compression qu'on augmenta progressivement; ce traitement fut continué pendant six semaines, et, après un intervalle de cinq jours, on le reprit pendant six jours encore ; au bout de ce temps, on employa un compresseur mécanique. La tumeur se solidifia progressivement, et le malade, revu un an après, ne présentait presque aucune trace de son affection antérieure. C'est là un résultat fort heureux, qui doit engager ù essuyer cette méthode, mais sur lequel on ne saurait compter fréquemment, à moins qu'il n*existc,. comme cela devait être chez le malade de Holmes, une tendance marquée à la guérison spontanée (2).
MALAXATION.
La malaxation est un mode de traitement auquel devaient faire penser certaines guérisons spontanées. Les faits auxquels je fais allusion sont assez fréquents pour qu'on ne puisse légitimement renoncer à la méthode, surtout alors qu'il s'agit d'une affection aussi rebelle. La malaxation doit être employée avec une grande prudence dans les anévTysmes de la sous-clavière ; il faut bien peser les dangers d'une embolie cérébrale par les vertébrales et, du coté droit, par la carotide. Je trouve, dans les Comptes rendus de nos six hôpitaux, pour les dix dernières années, cinq cas seulement où ce mode de traitement ait été mis en usage; chacun de ces cas est un insuccès. De son côte, Poland rapporte cinq faits, avec un seul résultat favorable (3).