PLAÏES DES NERFS. — TRAITEMENT
yralgie affecte une forme intermittente. Si les phénomènes douloureux persistent malgré ce traitement médical, ce qui n*a lieu le plus souvent que dans les piqûres et dans les sections incomplètes, il faut intervenir chirurgicalement, •et au lieu de la cautérisation employée par les anciens chirurgiens on a conseillé le débridement de la plaie, c'est-à-dire la transformation d'une section incomplète en une section complète. Il faudrait des accidents bien graves pour se résoudre à une semblable intervention sur un nerf mixte. Mais Timpuissance des moyens médicaux contre la douleur du début n'est pas assez fréquente pour qu'on soit autorisé à pratiquer le débridement préventif dans tous les cas de section incomplète du nerf, comme l'ont proposé quelques auteurs allemands.
Pour obtenir l'immobilisation dans une position favorable, Tripier conseille de mettre dans tous les cas de plaie nerveuse le membre dans un appareil silicate modérément serré, qu'on transforme en gouttière en le fendant sur toute sa longueur s'il survient le moindre signe de constriction ; mais cette pratique, bonne dans bien des cas, peut être parfois dangereuse à cause de l'obstacle qu'elle apporte à l'exploration, la stupeur locale ou générale pouvant empêcher le malade d'avoir conscience d'une constriction d'autant plus dangereuse qu'elle s'exerce sur un membre dont l'équilibre vasculaire et nerveux vient d'ôtre brusquement modifié.
Dans les cas de section complète, en dehors de la position à donner au membre, on a de plus à discuter l'indication de la suture des bouts nerveux: cette opération doit être étudiée dans un chapitre spécial ; nous dirons seu)ement que beaucoup de chirurgiens admettent aujourd'hui que c'est une opération innocente par elle-même et qui doit être faite toutes les fois qu'elle est possible. En cas de contusion forte des extrémités nerveuses, quelques'chirurgiens proposent encore la suture après résection des portions désorganisées du cordon nerveux; Tripier repousse cette pratique comme absolument inutile et dangereuse.
Enfin dans les cas où un corps étranger serait resté engagé dans le nerf ou en contact avec ses bouts sectionnés, la première indication est évidemment de l'enlever au plus vite.
Gomme traitement consécutif on conseille, en cas à^anesthésie prolongée, l'électrisation de la peau à sec, par un courant fort, à l'aide du pinceau métallique, ou des frictions d'huile de téré-
benthine chaude, elles sont parfois très douloureuses; en cas de douleurs névralgiques, après avoir recherché si elles ne sont pas entretenues par un corps étranger, on emploie les antiphlogistiques, les résolutifs et les sédatifs s'il y a névrite, et en particulier les pansements à l'eau et les vésicatoires pour la causalgie ; le' traitement par les opiacés convient s'il y a sclérose, il reste enfin la névrotomie, qui ne doit être faite qu'en cas d'insuccès du traitement médical. Tripier préfère la pratiquer à ciel ouvert et faire une section simple, les récidives étant moins dues, d'après lui, à la cicatrisation hntive du nerf qu'à la persistance d'autres voies de transmission. Mais la plupart des chirurgiens conseillent la résection d'un ou deux centimètres du nerf. Malgaigne a conseillé en outre, pour éviter toute chance de réunion, de replier en anse les deux bouts du nerf, de cautériser le hout inférieur ou d'interposer un lambeau de chair entre les deux extrémités sectionnées; ces précautions ne mettent cependant pas toujours à l'abri des récidives. 11 ne faut pas oublier en effet que les douleurs peuvent être d'origine centrale, et dans ces cas les sections simples ou les résections du tronc nerveux ne sont d'aucune utilité. — Cette donnée doit rendre très perplexe quand il s'agit de poser les indications d'une section nerveuse et tend à montrer que la résection n'a pas d'avantage sur la section.
Le traitement des troubles de la motilité consiste surtout en électri salions par les courants induits pour empêcher l'atrophie musculaire et la perte de contractilité ; on pourrait se servir des aiguilles excitatrices pour agir directement sur les muscles. Nous avons vu que l'électrisation méthodique pouvait même rappeler la contractilité un certain temps après sa disparition. P our quelques auteurs, il faudrait attendre la réparation du nerf pour intervenir par des courants interrompus ou continus, surtout s'il s'agissait de courants descendants.
En cas de rétractions musculaires, on a recours aux appareils prothétiques, au redressement forcé, à la ténotomie, et encore aux bains, aux douches et aux massages.
Quand les deux bouts du nerf sont cicatrisés isolément, on peut se demander s'il faut aviver et suturer ces bouts. On pourrait peut-être aussi réunir le bout périphérique du nerf coupé à un nerf voisin intact. C'est à la physiologie expérimentale et à la clinique qu'il appartiendra do résoudre cette question que l'on ne peut . que poser aujourd'hui.
NICAISE. — MALADIES CHIRURGICALES DES NERFS
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CORPS ETBANGEIiS.
Nous ajouterons quelques mots à ce que nous avons déjà dit sur la présence des corps étrangers dans les plaies des nerfs. Tout corps étranger détermine une irritation locale, et parfois des douleurs intolérables, et des accidents graves. Nous rappellerons l'observation si souvent citée du malade de Dupuytren qui a succombé au tétanos, et chez lequel on trouva un bout de mèche de fouet dans le nerf cubital. Descot a publié une observation de tétanos survenu à la suite d'une amputation de cuisse, et attribué à la présence d'un nœud de ligature dans le sciatique.
Comme nous l'avons dit, il n'est pas prouvé que le corps étranger puisse s'eni^yster et être toléré.
Dans tous ces cas, les symptômes consécutifs sont sous la dépendance de la névrite, et quelquefois les altérations sont si avancées que le retour à l'état normal n'a plus lieu, malgré l'ablation du corps étranger.
Celle-ci, en effet, est la première indication qu'il y ait à remplir. Dans un cas où les douleurs persistaient, malgré la sortie d'un grain de plomb situé dans le médian, M. Le Fort a obtenu la guérison par l'élongation du nerf.