‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 397 sur 452 · I. — PROCESSUS DE REPAEATIO^C APHES LES PLAIES DES NERFS · texte numérisé non relu

I. — PROCESSUS DE REPAEATIO^C APHES LES PLAIES DES NERFS

La connaissance des phénomènes qui aboutissent à la régénération des nerfs après un

traumatisme ayant détruit leur continuité est due tout entière à la physiologie expérimentale. C'est à l'aide d'expériences faites sur les animaux qu'on a pu suivre Jour par jour les modifications délicates qui se produisent dans l'intimité des cordons nerveux sectionnés, et

Fig. 1084. —Tube nerveux à myéline (*).

(*) A, A, gaine de Schwann ; B,B.B, cylindre d'axe ; E,E,E, festons formes par les incisures ou imbrications de la myéline ; A',A\ étranglements au niveau desquels la myéline manque et où le cylindre d'axe est seulement séparé des liquides interstitiels par la gaine de Schwann ; F', noyau unique placé sous la gaine de Schwann, au milieu des segments intermédiaires à deux étranglements successifs (figure schématique . Cette figare et les six suivantes sont extraites de Tarticle Nerfs de M. Renaut, in Dict, encyclop. des se. nUd.

amènent à la longue, avec la restitution anatomique ad integrurriy le rétablissement des fonctions supprimées.

La découverte de Waller, en établissant que tout nerf séparé de son centre trophique subit une dégénérescence complète de son bout périphérique, marque la première étape dans cet ordre de recherches. Waller vit en même temps que le segment dégénéré n'était pas à tout jamais détruit, mais qu'au bout d'un certain temps se produisait un véritable travail de ré-

génération. Pour lui, cette régénération était le fait d'une sorte de bourgeonnement des fibres nerveuses restées en connexion avec le névraxe, les parties du nerf séparées du centre ne prenant aucune part à ce travail. Les expériences de Remalî, de Schifl*, de Vulpian, de Neumann, de Ranvier, ont complété les indications de Waller.

Pour bien comprendre la manière dont se fait la réparation d'un nerf sectionné, il est bon de résumer rapidement les modifications subies par

NICAISE. — MAIADICS CHIRURGICALES DES NERFS

U bout périphérique, telles que nous les ont fait connaître les recherches des physiologistes que nous venons de citer.

Dès les vingt-quatre premières heures qui suivent la section d'un nerf, du sciatique, par exemple, chez le lapin, on voit le novau (fig. 1084, F) de chaque segment nerveux prendre 'des propor-

tions considérables : le protoplasma se gonfle et s'étend ; par places on le voit empiéter sur la myéline et y produire une esquisse de segmentation. La segmentation de la myéline se complète le lendemain, et la gaine de Schwann se trouve remplie de gros blocs qui se colorent en noir par l'acide osmique. Ces blocs

FiK. 108Ô.

Tube nerveux à moelle du bout périphérique d'un nerf sectionné, la rupture du cylindre d'ue

est effectuée (*}.

<*) m, boule de myéline renfermant en Bon milieu un fragment de cylindre d'axe Oi : n, noyau entouré d'une masse protoplasmique grenue et occupant tout Teapace inférieur du tube nerveux (cours de M. Ranvier).

continuent à se segmenter le troisième jour ; en môme temps, le cylindraxe jusque-là intact est coupé en deux au niveau du noyau, au-dessus et au-dessous il prend un aspect moniliforme (fig. lOso, Ca). Du quatrième au sixième jour, la destruction s'achève; la gaine de Schwann se remplit de fines granulations graisseuses ; le cylindraxe disparaît ; on n'en trouve plus trace. Le noyau du segment nerveux se segmente, et on voit se former dos amas de noyaux.

A la int>me époque, les granulalions graisseuses qui remplissent la gaine du tube nerveux semblent se rc^pandre au dehors. Les cellules de rendonèvre en sont remplies, de môme que les endolhèliums des vaisseaux voisins.

Ranvier pense que celte surcharge graisseuse des éléments cellulaires est en rapport avec la résorption et la disparition de la myéline du tube nerveux. Du septième au vingtième jour» en eiïet, le CNlindraxe et la myéline ayant disparu, les noyaux de nouvelle formation se réduisant de plus en plus, la gaine de Schwann se vide et re\ienl sur elle môme. Ses parois s'accolent. Vers le trentième Jour après la section, on ne trouve plus que des gaines de Schwann vides, semées de no>aux plats entourés d'un protopldsma desséché dtanxier).

Telles sont les mudifications subies par le bout périphérique. Des phénomènes analogues se produisent dans le bout central ; mais ils ne remontent pas bien haut ; la désintégration de la myéline, d'après Hanvier, ne dépasse pas, en général, le premier étranglement annulaire au-dessus de la section. En outre, différence capitale, le cylindraxe ne subit aucune

altération ; il reste intact, nettement fibrillaire, un peu élargi jusqu'au niveau de la section. C'est dans ce bout central que commence le processus de réparation. Comment se produit-U ?

Nous avons dit que dans le segment périphé-

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Fig. 108G. — Scliémadu nerf sectionné, dont les deux bouts sont réunit par une cicatrice. Imprégnation par l'acide o&mique.

rique le c>lindraxe disparaissait aussi bien que la myéline. On ne peut donc plus admettre, comme le croyaient autrefois Vulfdan et Philippeaux, que la régénération est due à la simple reproduction de l'étui de myéline ; cette opinion a été d'ailleurs abandonnée par ces deux auteurs. D'autres pensaient que le cylindraxe

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