‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 4 sur 452 · CALLOSITÉS · texte numérisé non relu

CALLOSITÉS

Pronostic.

Dans le cas de simples amas de squames épidermiques de ce genre, le pronostic semble naturellement devoir être favorable ; il Test en efféty si Ton recourt à temps à un traitement approprié.

Mais, chez les vieillards, les plus simples altérations des tissus cutanés de la face doivent toujours être tenues en suspicion.

Une verrue ou un grain de beauté qui a duré toute la vie, un amas plus récent de matière sébacée ou de squames desséchées peuvent à l'occasion se métamorphoser en une affection du genre deTépithélioma. Cette affection est donc très souvent le point de départ de la forme précitée du cancer. Le passage de la simple hypertrophie épidermique au néoplasme plus dangereux ne se révèle par aucun changement marqué dans l'état de la partie. L'attention du malade finit par être attirée sur ce fait que sa vernie n'est pas aussi fixe qu'elle l'était jusquelà, ou que les tissus sur lesquels la tumeur repose sont plus mous et plus œdématiés quand on y exerce une pression, ou que, au lieu d'être recouverte de squames sèches, elle porte ane croûte ou grossit avec beaucoup plus de rapidité, ou enfin que la partie n'est plus aussi indolente.

Si, frappé de ces remarques, il demande ravis d'un chirurgien, il apprend que la maladie n'est plus l'insignifiante tumeur à laquelle il est depuis si longtemps accoutumé, mais un épithélioma.

Telle est, dans beaucoup de cas, la fin de l'histoire de la « Keratosis senilis » ; tel est le début d'un très grand nombre de cancers superficiels du visage chez les vieillards.

Traitement.

Dans les premières périodes de cette affection, il suffira de laver chaque jour les parties avec de l'eau et du savon, pour prévenir la tendance des cellules épidermiques à s*accumuler. En> général, l'emploi d'un peu d'huile, en frictions sur le point malade et abandonnée à elle-même pendant quelques minutes, avant de faire usage du savon, rendra l'enlèvement de ces cellules encore plus facile. Lorsque les productions sont plus épaisses et plus dures, ou quand il y a un changement marqué dans la pigmentation, il est bon d'y appliquer, pendant la nuit, quelque corps gras ou la pommade au diachylon, sous forme d'emplâtre, et de frictionner, chaque matin , les parties malades, au moyen d'un morceau de flanelle, avec du savon fort, tel que le savon mou domestique, le savon vert ou leurs solutions dans l'alcool. On y porte ensuite de l'eau, de façon à produire une mousse épaisse qu'on enlève ensuite par les lavages. Si des excoriations se produisent, on les couvre d'une plaque de pommade de diachylon jusqu'à cicatrisation complète. De cette façon, on peut diminuer peu à peu le nombre des productions ; mais les parties malades nécessiteront toujours des soins et des lavages particuliers. Si les amas épithéliaux sont très considérables, ou si les glandes sébacées sont atteintes à un degré un peu élevé, il faut recourir à des mesures plus efficaces. On fait pénétrer de l'acide nitrique concentré dans les tissus sous-jacents, au moyen d'une aiguille à pointe aiguë, ou bien on enlève d'un seul coup avec la curette tous les éléments malades. Dès qu'on a lieu de soupçonner le passage de la tumeur à Tépithélioma, il faut lui appliquer les règles du traitement de cette affection.

CALLOSITES (Syn. : Tylosis; Tyloma; Callus].

Les callosités sont des épaississements de Tépiderme qui se présentent sous l'aspect de saiïlies aplaties, de formes et de dimensions irrégulières, d'une teinte jaune pâle, translucide, de texture ferme et serrée. Leur surface conserve les caractères ordinaires de la peau, moins nettement marqués cependant que sur les parties environnantes, au-dessus desquelles elles proéminent sans limites distinctes. Elles sont le résultat de pressions continues ou fréquentes, de frottements, de contacts avec des substances surchauffées ou irritantes et elles se forment de

préférence sur les parties où les pressions extérieures rencontrent en opposition des saillies osseuses directement en rapport avec la peau. L'aspect des callosités varie suivant leur siège et suivant la nature des conditions extérieures qui les ont produites. A l'exception de la plante et des faces latérales du pied où elles se montrent fort souvent, par suite de l'inégalité de répartition des pressions causées par des chaus sures mal ajustées, et auxquelles tout le monde est exposé, elles siègent le plus ordinairement aux mains des ouvriers qui, dans leurs travaux

JAMES G. WHITE. — MiUAOIES CHIRURGKALES DE LA PEAU.

font un usage constant d'un nombre limité d'outils. Ainsi, le marteau du forgeron et du charpentier, Taiène du cordonnier, les ciseaux du tailleur, etc., chacun de ces instruments produit ses callosités particulières qu'il est facile de reconnaître à leur siège et à leur forme (1). Les professions moins pénibles peuvent également produire leurs callosités, ainsi que le prouvent les doigts du compositeur d'imprimerie et ceux de l'artiste qui joue d'un instrument à cordes.

Une fois constituées, elles remplissent le rôle 4'un bouclier et protègent les parlies sensibles placées au-dessous, d'elles, elles durent indéfiniment, tant que la pression qui leur a donné naissance continue de s'exercer. Lorsque cette pression cesse pendant un temps un peu prolongé, ou bien elles disparaissent par l'action du processus normal de la desquamation épithéîiale, ou bien elles se détachent en totalité, laissant à l'épiderme sous-jacent son épaisseur ordinaire. Rarement elles causent d'inconvénients: une légère obtusion de la sensibilité dans les parties malades, une gène de la liberté des mouvements, lorsqu'elles sont étendues et qu'elles occupent la paume de la main ; ou une certaine disposition à former des fissures du côté de la flexion des articulations, voilà ce qu'on observe le plus souvent. Parfois cependant elles amènent l'inflammation des tissus cutanés sous-jacents, avec élancements, chaleur et douleur, suivie d'une suppuration qui

soulève la masse cornée et finit par la détacha complètement.

Traitement.

Les callosités réclament bien rarement l'intervention chirurgicale, sauf les cas de fissures douloureuses et d'inflammation suppurative. Dans le premier cas, les parties doivent être couvertes, d'une manière aussi continue que possible, de pansements émollients, tels que la pommade de diachylon étendue en couche épaisse sur un linge, les fomentations chaudes, etc. Quelquefois la fissure, quand elle est profonde, peut être menée à cicatrisation en immobilisant la partie par le moyen de btndelettes adhésives^ placées de manière à maintenir les lèvres opposées de la fissure en juxtaposition continue. Le chorion, sur lequel reposent ces productions épidermiques et qui les entoure, est souvent dans un état d'hypérémie pernoanente. Quand à cet état vient s'ajouter une véritable inflammation, il n'y a pas de temps à perdre, il faut fendre les couches épidermiques épaissies qui couvrent l'abcès et faire écouler le contenu ; autrement le pus creuserait profondément et donnerait lieu à des troubles locaux sérieux.

Lorsque l'hypertrophie est excessive, on peut, comme pour les cors, enlever fréquemment par abrasion les ' couches épidermiques superficielles.

COR (Syn. : Clavus).

Le cor est aussi une caUosité, un épaississement de la couche cornée de l'épiderme faisant légèrement saillie au-dessus de la surface environnante, de forme circulaire, hémisphérique, aplatie à la partie supérieure, mais se prolongeant au-dessous du niveau ordinaire de l'épiderme, en une petite masse conique ou cunéiforme qui empiète sur le chorion. Lorsque la pression pousse le cor contre la couche des papiUes sensitives, il est évident qu'il doit causer de la douleur et il est clair qu'il peut amener à la longue l'atrophie des papUles sous-jacentes.

(1) Voy. Vernois, De la Main des ouvriers et des artisans au point de vue de Vhygiène et de là médecine légale [Amu d'hyg., 2« série, 1862. Tome XVII, p. 104, avec pi. color.).

Causes.

Les cors sont également le résultat des pressions et ils se développent, en général, sur les parties en rapport avec les saiUies osseuses. La portion centrale de la tumeur, la partie qui se forme la première et qui constitue la pointe du prolongement conique formé de cellules épidermiques durcies, s'appelle le cœur du cor (fig. 786).

Les cors peuvent avoir pour cause la pression d'une chaussure mal ajustée sur une portion quelconaue de la surface du pied, ou le contact de deux surfaces cutanées opposées l'une à Tautre et se comprimant l'une l'autre, comme il arrive pour les cors qui se produisent entre les orteils.

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