COR
. THAn-EHENT.
U est possible, cependaDt, que des cors se déTeloppent, en l'absence de toute pression marquée, ou spontanément, comme on dit, sur les mains aussi bien que sur les pieds.
L'aspect des cors placés entre les orteils est (ont fc lait différent de e«lni des masses jaunàtrea, coroées, qui se préseolent ailleurs; ils
FIg. 1S6. — Stmetnre d'un cor ao niTHU d'une srticalktloD (*j.
(*) 0, noyaa dn cor; 6, pinie périphérique dn cor; c, eonehe pipilliirs dn derme diipsm sons la «ijin dn cor ; d, bonne lireiua >u-deMoni da l'sofoncwiient dn derme (Follin).
sont mous, flasques et blancs, par suite de la macération partielle qu'ils subissent sous l'influence de l'humidité des parties ; on les appelle ■lors des cort moui.
Tons les cors sont douloureux à la pression, le coin de cellules durcies agissant à la manière d'un corps étranger poussé contre « le vif », et ils sont plus douloureux encore lorsque les lissas eoTironnants sont distendus par le sang, par suite de la cbaleur ou de l'inflammation à laquelle les exposent les irritations répétées qnlls ont à supporter (t). La douleurcauaée par le cor euBammé est excessive, lorsque te pus est emprisonné au-dessous de la masse in-
Traltement.
Comme les cors sont, en général, la conséquence de la pression de chaussures serrées ou mil ajustées, on peut beaucoup pour en amoindrir les effets, ou même pour les annuler. On obvie à la pression des parties malades en employant des anneaux de feutre épais. Galante a inventé uu appareil (&g. 787) qui consiste en un tube de caoutcbouc vulcanisé, dont les parois meiuient environ un millimétré d'épaisseur. Le diamètre de ce tuhe est assez grand pour rece-
(I) Voy. Gaiopeau, Manutl du pédicure. Pirii,
voir sans peine l'orteil malade (I). Dans ce tube, est découpé un anneau élargi dans une portion de sa circonrérence, sorte de bague chevalière ; au centre de ce chaton, on pratique un trou arrondi du diamètre du cor. La tumeur épidermique douloureuse, lorsque cet appareil est exactement conformé pour l'orteil qu'il entoure, m trouve bien protégée de toutes parts ; elle ne subit plus la pression de la chaussure et permet au malade de marcher sans éprouver de douleurs vives. Les cors peuvent être imbibés et ramollis par des immersions fréquentes dans l'eau chaude ou dans
Fig. 787. ~ Appareil ds Galante.
une solution de carbonate de soude, on peut alors en grattant enlever la couche supérieure du cor, on peut même extirper le mal tout entier avec la poinle d'un bistouri. On emploie quelquefois dans le même but un emplAtre émollient fait de poix et de diachjlon. On peut, au rontraire, trouver avantage h en amener le durcissement i on badigeonne chaque soir la surface du cor avec de la teinture d'iode ou avec une forte solution de chromale de potasse, on enlève ensuite avec un instrument mousse les couches ainsi traitées avant de procéder à une nouvelle application. On fait encore usage, dans le même but, du nitrate d'argent, principalement pour les cors placés entre les orteils ; mais alors on prend soin de séparer les surfaces en contact par un petit morceau de linge saupoudré d'amidon ou d'un mélange à parties Égales d'amidon el d'oj;jde de zinc. Le cor enflammé doit être Irailc avec précaution, par le repos complet du pied et la position horiiontale; ou, si cela n'est pas nécessaire, par des fomentations ou des sangsues. Dans ces conditions', une incision pourrait avoir des conséquences sérieuses, telles que l'inflammation de la bourse séreuse, que l'on trouve souvent audessous du cor, et, par suite, la lymphangite, l'érvsipéle ou la gangrène.
JAHES C. WRITE. — MALADIES CHIBIIRGICALES DE LA PEAU
CORNES CUTANÉES (Svn. : Cornu aUanmm).
Les cornes, chez l'homme, sont des productions ëpidermiques de diverses tailles et de formes différentes ressemblant beaucoup, lorsqu'elles alieignent quelque longueur , aux Tormalions analogues qui siègent à la tète de quelques ruminants (l|.
La slrncture en est dense et serrée comme celle de l'ongle ; la couleur, jaune on gràa, brune ou noirftire ; la surface, plus ou miàu lisse et marquée de sillons longitudiAaux ptnllËles les uns aux autres ;la forme est ceUe d'un cdne à large base, OU allongée et cjlindrigiie,
Fig. 789.
Pig. ISt. — Corne cutinâe da 0<^,U do longueur conservée m Husée pithotogiqne de Bonn :
naturelle (d'après Weber).— Fig. 189. — Corne cutanés du même Huije [grand, nat.).
plus pu moias tordue et recourbée ; elles se terminent par une pointe plus ou moins aiguë ou mousse (flg. 788 et 789).
La coupe transTersale est circulaire, irrégulièrement ovalaire ou polygonale à sillons pro- ' fonds. Le diami^trc maximum peut être d'un à deux pouces (O^.oaâ & 0°,03), et la longueur, dans des cas exceptionnels, peut atteindre un demî-pied (O™,)^), on les trouve parfois isolées, d'autres fois en nombre considérable ; elles peuvent avoir pour siège un point quelconque de la surface cutanée. On les rencontre le plus ordinairement sur le ci'Ane et sur la face, mais on en trouve, dans quelques cas, jusque sur le gland. Bien qu'affectant indifféremment l'un ou l'autre seïe, surloul après l'âge moyen de la vie, elles se montrent quelquefois entre la vingtième et la trenliéme année.
Leur développement est lent et ne cause
(l) Vey. Rayer, Traité IhéoHque et pratique des maladUi de la peau, 1' édftion, et Allas, Paris, IS35, pi, XXL — Leberi, Traité d'analomit pathologique générale et spéciale. Pari), lgS7, t. I, p. 130, et pi. XVI.
presque aucun trouble, sauf dans le cas où leur longueur ou leur situation les exposent à des chocs fréquents, qui penveDt les détacher plus ou moins complètement ou mAmeles arracher tout b fait. Quand cela anÎTe, elles se reproduisent presque toujours. Leur base peut également parfois devenir le siège d'inflammation ou de douleurs, qui sont la conséquence des violences subies par la corne ellemSme.
La structure anatomique de ces productions est simple : elles ne sont autre chose que le résultat de l'hyperplasie et de la transfonnatioa cornée des cellules épithéliales, accompagnées de l'hypertrophie plus ou moins marquée des papilles sous-JHcentes. Examinées au microscope, les cellules se montrent groupées en colonnes très allongées, disposées concentrique* ment autour d'une cavité tubulaire centrale, qui résulte du dessèchement et du durcissement de la masse; les coupes transversales rappellent le groupement particulier des cellules dans l'épithélionia. Souvent on reconnaît que les papilles hypertrophiées pénètrent A une profondeur cou-