NÉVRALGIE. — PRONOSTIC
sur tout le trajet du ne»/ dentaire inférieur droit, avec UD point plus sensible correspondant à la deuxième molaire, qui fut arrachée, sans succès. — Ce malade a consulté un grand nombre de médecins, tous ont diagnostiqué névralgie, et prescrit les traitements ordinaires sans résultat. La douleur allait toujours en augmentant, les mouvements de la mâchoire s'aggravaient, Taction de manger était un supplice, la prononciation d'un mot ramenait des douleurs atroces.
Dans cet état, le malade fut envoyé à Paris. M. Bouchard Texamina longuement, et arriva au diagnostic épilepsie, se basant sur les deux faits suivants : Quelques années auparavant, M. X..., se trouvant à la chasse dans un pays montagneux et très sain, fut pris tout à coup d'un eut comateux, qui dura quelques heures; on lui donna du sulfate de quinine à haute dose et, comme M. X... se rétablit assez vite et n'eut pas d'autre accident, on diagnostiqua : accès paludéen pernicieux.
Le second antécédent qui impressionna M. Bouchard fut le suivant : M. le professeur Tessier avait mis à M. X... une mouche près de Toreille, il la pansait un jour dans son cabinet, avec un centigramme de chlorhydrate de morphine, le malade tomba foudroyé, puis revint à lui au bout d'un moment ; on supposa que c'était un cas de sensibilité extrême et d'intolérance de la morphine.
Le diagnostic épilepsie fut confirmé par MM. Vulpian et Charcot, tous repoussèrent l'intervention chirurgicale.
Le malade fut désespéré et harcela les médecins et les chirurgiens pour qu'on lui fit une opération. Enfin, après avoir d'abord refusé, M. Delore consentit, après avoir priiï l'avis de M. Teissier, qui céda aussi aux supplications du malade. On réséqua une portion du nerf dentaire inférieur en dedans du maxillaire, à son entrée dans le canal. La Journée se passa assez bien, mais au commencement de la nuit, le malade éprouva une certaine angoisse, qui ne se traduisait par aucun phénomène objectif ; il fit mander son médecin, disant qu'il allait mourir; le pouls, la respiration ne présentaient rien de particulier. M. X... mourut subitement quelques instants après.
Cette observation montre le danger d'une opération de ce genre dans un cas d'épilepsie que l'on peut dire larvée, elle montre aussi combien le diagnostic est difficile ; en face d'un cas -semblable, il faudrait donc s'abstenir de tout traitement opératoire (1).
1 1. La névralgie étant reconnue, il faut chercher à en discerner la causcy périphérique ou centrale.
Il peut y avoir cowjestion du nerf ou de son noyau d'origine. Gubler considère comnie dues à la congestion les névralgies palustres et rhumatismales.
Dans la névrite, la douleur est continue, elle s*exaspère par la pression sur une longue partie
(I) BuL Soc, Chir., 1882, p. 813.
Encycl. de chirurgie.
du trajet du nerf. Les accès surviennent surtout à Toccasion d'un mouvement, d'une excitation extérieure, l'hyperesthésie cutanée est plus fréquente, Tanesthésie plus précoce. Il survient une atrophie musculaire rapide, de Tadipose sous-cutanée, des troubles trophiques persistants, ceux de la névralgie étant surtout des troubles fonctionnels. Enfin la névrite a une évolution cyclique.
A la névrite appartiennent la plupart des névralgies traumatiques et un grand nombre des névralgies arthritiques, rhumatismales.
La compression du nerf par des tumeurs, par du tissu inodulaire, par des cicatrices, par un cal, amène des névralgies qui ont une marche chronique, sont continues, s'accompagnent de troubles trophiques et présentent en un mot les symptômes des « névralgies-névrites » (Hallopeau). Les névrômes (névralgies des moignons], les tumeurs dites irritables s'accompagnent aussi de névralgies.
Quel est le siège exact de la névralgie? Faut-il admettre l'existence d'une lésion du tronc nerveux et de ses branches terminales, ou de ses origines dans la moelle?
On devra rechercher encore si la névralgie n'a pas pour point de départ une lésion située en dehors du nerf, dans son voisinage, ou dans un organe éloigné (névralgies réflexes).
Y a-t-il enfin simplement une névralgie essentielle (une névrose douloureuse des nerfs sensitifs) (Hallopeau)? Dans ces cas, le début est brusque, il n'y a pas de douleur continue ni de douleur à la pression; les élancements sont d'une acuité extrême et de courte durée.
III. Enfin il faudra s'attacher à reconnaître la nature de la névralgie, la nature de la lésion qui la détermine. Le malade est-il arthritique, rhumatisant, goutteux; faut-il faire intervenir la chloro-anémie, l'impaludisme, la syphilis, certains empoisonnements chroniques, etc. ? On saura alors si la névralgie est ou non sous la dépendance d'un état constitutionnel général.
Pronostic.
Il varie avec la variété de la névralgie, avec la cause ; il est plus grave dans les névralgies d'origine centrale, quand il y a des lésions des nerfs ; la névralgie peut être persistante, incurable. Les névralgies par congestion du nerf sont moins graves, quelquefois cependant elles sont très persistantes ; elles ont toutes ce caractère chez les personnes âgées, afi'aiblies, névropathes. ; Elles récidivent souvent, surtout quand elles
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MCAISE. — MALADIIiS CHIRURGICALES DES NERFS.
sont sous la dépendance d*un état constitutionnel ;les névralgies syphilitiques, paludiques, sont moins rebelles.
Traitement.
Trois indications sont à remplir :
10 Combattre l'état général constitutionnel ; 2» Combattre la lésion nerveuse locale ; 3« Combattre la douleur.