TLMEURS DES NERFS. — ANATOMIE
On comprendra mieux leur mode de développement en se reportant aux phénomènes de la régénération des nerfs. Voici comment s'expriment à ce sujet Cornil et Ranvier : « Dans le bout du segment central, deux ou trois jours après l'opération chez le lapin, les cylindraxes s'hypertrophient au voisinage de la section, ils paraissent alors composés de fibrilles (fibrilles nerveuses élémentaires); plus tard ils se divisent suivant leur longueur, bourgeonnent et s'étendent dans le cordon cicatriciel. Ces fibres nerveuses alors sans moelle, qui résultent du bourgeonnement des cylindraxes anciens, se divisent et se subdivisent de telle sorte, qu'un seul tube nerveux peut donner ainsi naissance à un nombre plus ou moins considérable de fibres nerveuses nouvelles, ainsi que nous l'avons déjà dit à propos des processus de réparation. Plus tard ces fibres nerveuses se recouvrent d'une gaine médullaire et prennent tous les caractères des tubes nerveux à myéline.
D'après ce qui précède, on voit que sans nier la genèse sur place des tubes nerveux (Virchow), plusieurs auteurs admettent que le plus souvent ils reconnaissent pour origine le bourgeonnement des cylindraxes : ceci nous rend compte aussi du passage des fibres amyéliniques aux fibres myéliniques.
Plusieurs névromes peuvent se réunir et former une masse globuleuse, ou bien les différents névromes d'un moignon sont réunis par des anses (Larrey).
Virchow admet que des tumeurs de même nature peuvent se développer sur le trajet des nerfs dans le voisinage d'autres altérations chroniques.
Reuillet a publié l'observation d'un homme de 35 ans, qui à l'âge de 6 ans eut une fracture de rhumérus droit avec plaie ; à l'autopsie on trouva une augmentation de volume des paires cervico-dorsales, qui présentaient des tumeurs sur leur trajet, et une augmentation de volume des ganglions des racines des nerfs et de la moelle sur la région cervico-dorsale. Il y avait des lésions secondaires des articulations et des muscles. Ces modifications du système nerveux furent attribuées à une irritation des nerfs périphériques, ayant amené de l'hypertrophie et de l'hyperplasie des faisceaux nerveux. Tripier a constaté que dans ce cas les tumeurs étaient formées par des tubes médullaires dus à une multiplication des cylindraxes.
3° Névrome plexi forme. — Sous le nom de névrome plexifonne^ de névrome cylindrique piexi forme y Verneuil décrivit en i861 une variété
de tumeur congénitale qu'il avait observée pour la première fois en 1857 avec Depaul. 11 s'agissait d'une tumeur delà nuque avec hypertrophie de la peau faisant un repli volumineux. La masse de la tumeur décrite par Verneuil était formée de nerfs allongés, contournés comme des pelotons variqueux présentant des anastomoses, des renflements analogues à des névromes. Ces nerfs cutanés hypertrophiés entrent pour les deux tiers dans la masse totale de la tumeur (névromes cirsoides de Burns et Rizzoli).
Parmi les cordons, les uns sont formés par un, deux ou trois tubes nerveux et par du tissu fibro-plastique ; les autres composés presque exclusivement de tubes nerveux à double ou à simple contour.
En 1859 Guersant présente à la Société de chirurgie une jeune fille, qui porte à la région mastoïdienne une tumeur congénitale de même nature, ainsi que l'examen anatomique fait par Verneuil l'a démontré.
De ces faits, on doit rapprocher les observations de tumeurs de la peau décrites par Valentine Motl (1854) sous le nom de Pachydermatocèle, et celles que Gayet a relatées sous le nom d'Hypei^trophie conjonctive généra Usée .
En 1860, Billroth publie une observation de neuro- fibrome plexiforme de la paupière supérieure et de la tempe.
Depuis, d'assez nombreuses observations sont venues s'ajouter aux faits précédents, mais les auteurs ne sont pas d'accord sur leur interprétation. Virchow réunit dans une même catégorie les observations de Verneuil et celles de Valentine Molt et les rattache à Véléphantiasis congénital.
Il considère comme des cas d'éléphantiasis acquis une observation de Verneuil, de névrome plexiforme du prépuce, et deux faiti> de Chelius et de Barkow, dans lesquels à la suite d'un traumatisme il survint du gonflement du membre inférieur avec hypertrophie en forme de chapelet du nerf tibial. Peut-être pourrait-on rapprocher ce genre d'hypertrophie des nerfs, de l'observation de Reuillet et Tripier que nous avons citée plus haut, à propos des névromes proprement dits.
En 1876, Cartaz donne une description du névrome plexiforme d'après treize observations. La tumeur se présente sous la forme d'un gonflement diffus, mollasse, au milieu duquel on sent des cordons fuyant sous le doigt ; la peau est épaissie. La tumeur est constituée par des • cordons nerveux hypertrophiés, flexueux, reliés par du tissu conjonctif. L'hypertrophie conjonctive englobe l'élément nerveux et peut le faire
MCAISE. — MALADIES CHIBCRG (CALES DES NERFS.
disparaître; celte tumeur peut ainsi se rapprocher graduellemcntilu fibrome.
Dans une obsenation de névrome plexiforme de Wini\tarter, il y avait à la Tois développe met) I de fibromes dilTusdans les nerfs, avec Tormation de fibresjnerveuses nouvelles, et dans une partie de la lumeufformation d'un sarcome aux dépens des cordons nerveux.
R. Marchand en 18~8;l) dit que ce nom pourrait être remplacé par celui de fibrome c]/tindri<iue des gaines nerveuses. Pour cet auteur il n'y a pas démultiplication des lubes nerveux, ceux-ci sont au contraire atrophiés ou ont disparu.
Enfin récemment (1882), à la Société de chirurgie de Paris, à propos d'une malade présentée par L. Labbé, comme ayant un éléphantiasis de la fsce, une discussion s'engagea sur la nature de la tumeur.Verneuil la considéra comme un névrome plexiforme, Trélat comme une tumeur éreclile congénitale dégénérée, Desprëa s'appuyant sur les obsenations d'Allard en fit un éléphantiasis mou, Guéiiiot rappela qu'il avait présenté sous le nom de nievus hi/pertrophique une tumeur ajant le même aspect et qui fut trouvée constituée par les éléments de la peau et du tissu cellulo -graisseux .
Comme on le voit, il est dirScile de se prononcer d'une façon définitive sur la place que doit occuper en nosologie la variété de tumeur décrite sous le nom de névrome plexiforme.
L'altération de la peiu a porté quelques auteurs à considérer le névrome comme une lésion primitnc du (égumcnl, étendue second iirement aux aerh de la région mais, comme le Tatt re marquer Cartaz, 1 hjpolhi se m\erse, celle d une hypertrophie prmiiliie des nerfs et secondjire des tissus loisins, peut aussi élre soutenue Si l'examen anatomique a donné des résultats dif férents, cela tient à ce que les tumeurs ont élé exammecs à des époques différentes de leur développement, les éléments nerveux pouvant s'atrophier cl dispnnilre par suite de I jclfois sèment du tissu eonjonctif
La place que nous donnons au ne^romc plexiformc, entre le névrome vrai et les tumeurs des nerfs nées dans le (issu conjonclif, parait donc justifiée, pour le niomeul du moins.
Les névromcs plexiformcs sont assez souvent des tumeurs congénitales, indolentes, à développement teni ; la plupart dos chirurgiens qui les ont observées reconnaissent la nécessité d'en faire l'ablalion, à cause de leur développement progressif el de la possibilité de leur dé-
générescence, comme dansic i-as de WininaHer.
Sur 2S faila de névromes pletiforines réunit par Poinsot, la fréquence de Is lésion n en croissant depuis la naissance jusqu'à l'ige de vingt ans; elle tombe ensuite, et ne reprend que de quarante à cinquante ans.
Ces tumeurs ne sentie siège d'aucune douleur.
H. — TCHEtrns formées adi dépens dd tissc
Outre les oévromes, on trouve dans les nerfs plusieurs variétés de tumeurs qui ont leur point de départ dans le tissu conjonctif, ce sont les /ibromes, les sarcomes, les myxomet ; Vircbov ; ajoute les gliotnes ou sarcomes de la nêvroglie, sarcomes du [issu conjonctif des centres Dfrveux, et les n<vTomesUlangi(ctaiiqves,qfiKùi\ti vaisseaux de la tumeur forment l'élément prédo-
La fréquence et la variété des tumeurs du tissu conjonctif s'expliquent par l'abondance et les formes variées de ce tissu dam les nerfs. Ceux-ci sont entourés parle névriléme, gaine conjonctive qui les isole, on même temps qu'elle les uçil aux tissus voisins et qui de plus envoie des
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prolongements dans l'intérieur des troncs nfrleux, entre tes diil'érents fniscednx qui les constituent. Cliaquc faisceau est lui-même entoura