‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 421 sur 452 · TÉTANOS. — TERMINAISON · texte numérisé non relu

TÉTANOS. — TERMINAISON

L'aponéTTose présente un orifice peu considérable, une sorte de fente verticale ; au delà le doigt pénètre dans un canal plus large creusé dans Tépaisseur du triceps crural, et passant en avant des vaisseaux fémoraux.

La peau est décollée aussi dans une certaine étendue autour de l'orifice de sortie, et l'aponévrose offre une perforation analogue à celle qui existe près de Torifice d'entrée ; au delà on retrouve le canal musculaire. Entre la peau et l'orifice aponévrotique, on sent le bord antérieur du grand trochanter recouvert par les parties fibreuses sur lesquelles a frotté la balle.

Le malade se plaint d'un engourdissement de la cuisse ; il y a de la stupeur gént^rale, la peau est recouverte de sueurs, le pouls faible.

Traitement. — Elargissement des orifices aponévrotiques avec le bistouri boutonné. Sur les plaies, compresses imbibées d'eau fraîche, renouvelées toutes les cinq minutes. Juleps gommeux avec 5 centigrammes d'extrait thébaîque. Vin. Bouillon.

16 octobre. — L'orifice d'entrée est entouré d'une ecchymose. Douleurs plus vives, s'irradiant autour de la blessure. Pouls fréquent, faible; céphalalgie intense. Môme traitement.

17 octobre^ matin. — 120 pulsations, bouche mauvaise, soif. Incision verticale sur la face antérieure de la cuisse à égale distance des deux orifices et passage d'un tube à drainage dans chaque moitié du trajet de la balle.

^ir, — Fièvre intense, somnolence ; les sueurs ont diminué. lujection d'eau phéniquée (1 gr. pour 100) dans les tubes àdrainige. 25 centigrammes de sulfate de quinine, et 45 grammes de sulfate de magnésie.

18 octobre. — Un peu de douleur à la pression au niveau de la blessure. Suppuration peu abondante, les plaies ont un aspect grisâtre; 108 pulsations, langue bonne. Le malade étant syphilitique, on lui donne à prendre tous les matins une pilule renfermant 5 centigrammes de protoiodure de mercure et 1 centigramme d'opium ; décoction de quinquina.

19 octobre. -> Nuit agitée, rôves; 100 pulsations, la plaie répand une mauvaise odeur.

30 octobre. — Amélioration do l'état général, mais le malade a toujours des rôves; deux fois par jour, on fait des injections phéniquées dans la plaie.

21 octobre. — Nuit bonne, pas de rôve*^, 80 pulsations, les plaies se détergent bien. Môme traitement.

Soir, — Sueurs abondantes.

22 octobre. — Pendant la nuit, V.., éprouve des douleurs dans le membre malade ; suppuration abondante; des détritus sortent par l'orifice de sortie de la balle.

2H octobre. — Douleurs continues au niveau de la blessure. Etat général assez bon. Cul-de-sac en avant du grand trochanter. Une incision verticale donne accès dans ce cul-de-sac et un tube à drainage est passé entre cette incision et l'orifice de sortie de la balle. Hémorrhagie légère quelque temps après cette petite opération; elle est arrôtée par la compression immédiate.

Encycl. de chirurgie.

24 octobre, — Peau chaude, cauchemars continuels.

25 octobre, — État général satisfaisant.

26 octobre. — Quelques débris d'étoffe sont chassés par les injections détersives; suppression d'un tube à drainage ; sensibilité des gencives. Juleps au chlorate de potasse.

Soir. — Le malade a eu des frissons dans la journée. Le sulfate de quinine est porté à la dose de 1 gramme en deux paquets.

27 octobre. — Peau chaude, 92 pulsations.; difficulté à ouvrir la bouclie, trismus, raideur dans le cou. Ln langue est dure^ ses muscles sont contractures ; la parole est gênée. On a peu insisté sur ce signe du tétanos survenant dès le début. Bain de vapeur d'une heure.

A quatre heures la contraction a un peu diminué. A dix heures du soir elle augmente.

28 octobre. — Nuit agitée, transpiration abondante. 104 pulsations ; élancements dans le membre malade. Les masséters sont durs; douleur au niveau de la région sus-hyoldienne. L'écartement possible des mâchoires est de 1 centimètre ; langue ferme. Suppression du chlorate de potasse et du sulfate de quinine. Deux bains de vapeur dans la journée, d'uYie heure chacun, 1 centigramme d'extrait thébaîque toutes les heures. Juleps avec 4 grammes d'extrait de quinquina. Bouillon.

Itd octobre, — Pouls faible, 124; trismus, contracture de la f^ce et de la langue ; rien dans les membres. Les plaies sont recouvertes de bourgeons charnus un peu violacés. Enlèvement d'un deuxième drain. Suppression des pilules de mercure.

Bain de vipeur d'une heure et demie; une pilule de 1 centigrammes d'opium toutes les heures, le soir en injections sous-cutanées 66 milligrammes de chlorhydrate de morphine ; les contractures sont moins prononcées ; le malade se plaint toujours ù^étuncements dans la caisse malade ; il éprouve de la gène et de la fatigue dans les reins.

30 octobre, — Le malade a pris depuis hier matin 43 centicrrammes d'opium. Les plaies sont en voie de cicatrisation. Transpirations très abondantes. 1(H) pulsations, les contractures sont peu prononcées, mais toujours existent des douleurs lancinantes s'accompagnant de spasmes des masséters; le malade s'est mordu la langue. Bain de vapeur prolongé, opium.

Soir. — A eu des envies de vomir dans la journée.

31 octobre. — A pris depuis hier matin 48 centigrammes d'opium, a vomi pendant la nuit; un peu d'abattement ; contractures des extenseurs du membre in rérieur gauche. En injections sous-cutanées au-dessus de la plaie, 66 milligrammes de chlorhydrate de morphine. Bain de vapeur, opium.

Soir. — Injections de 66 milligrammes de morphine. Immobilité complète du membre malade, contracture légère des extenseurs du côté droit.

l"" novembre, — A pris depuis hier matin 42 centigrammes d'opium, deux baiiift de vapeur.

Soir. — Contracture progressive des membres inférieurs et des muscles des gouttières vertébrales. Injection do morphine, 82 milligrammes.

NICAISE. — MALADIES CHIRURGICALES DES NERFS

2 novembre, — A pris depais hier matin 34 cenligrammes d'opium.

3 novembre. — A pris depuis hier matin 51 centigrammes d'opium. Rigidité des deux membres inférieurs; gène delà respiration; rien dans les membres supérieurs. Frictions avec un linimeni chloroformé. Deux bains de vapeur.

4 novembre. — A pris depuis hier matin environ .')0 centigrammes d'opiutn. Douleurs lancinantes vives pt fréquentes ayant leur point de départ dans les plaies les plus externes et s'accompagnant de spasmes énergiques dans les muscles du membre malade, et aussi d'une augmentation brusque de la contracture dans les autres points du corps. Cataplasmes laudanisés sur les plaies. Deux bains de vapeur.

Soir. — Injections de 124 milligrammes de mor-

pliine.

5 novembre. — A pris 42 centigrammes d'opium depuis hier matin. Elancements et spasmes fréquents dans le membre malade. Cataplasmes remplacés par des fomentations émollientes laudanisées. Un verre d'eau de Sedlitz.

Soir. — Plusieurs selles involontaires, les muscles pectoraux et abdominaux sont contractures, la respiration est gênée : elle est diaphragmatique. La morphine est remplacée par la narcéine, diaprés les conseils de M. Cazalis, cette dernière exposant moins aux vomissements. Le malade a pris tous les jours du vin, du bouillon, 4 grammes d'extrait do quinquina et aussi parfois de la viande crue râpée, mélangée au bouillon.

6 novemb'e. — A eu du délire dans la nuit, 120 pulsations, éruption sudorale sur tout le corps, gène dans les mouvements des membres supérieurs, déjections involontaires. Injection de CG milligrammes de narcéine au-dessus de la plaie; frictions sur les membres avec un Uniment cliloroformé; frictions laudanisées sur le membre malade.

7 novembre. — A pris depuis hier matin 43 centigrammes d'opium et i:t3 milligrammes de narcéine. La contracture est à peu près générale : quatre ventouses scarifiées à la nuque. Pour augmenter encore la sudation que l'on a clierciié ix maintenir à un déliré élevé, on ordonne la potion suivante :

Eau 1 25 gr. 00 cent.

Tartre stibié 0 01

Sirop 30 00

Soir. — Injection de lia milligrammes de narcéine.

8 novembre. — Le malade a pris depuis hier matin 54 centigrammes d'opium, et 133 milligrammes de n>ircéine. La nuit a été très mauvaise, délire continuel, plusieurs déjections involontaires. Pouls 108 ; langue sèche.

La cicatrisation des plaies a toujours marché très régulièrement.

Soir. — Gène assez marquée de la respiration. Injection de 133 milligrammes de narcéine.

9 novembre, — A pris depuis hier matin 6.1 centigrammes d'opium. A huit heures et demie du matin,

au moment où il buvait quelques ciilkrées de b Ion, le malade est pris tout à coup €^ iccH de focation pendant lequel il tuccombe yraqie iia diatement.

L'examen cadavérique n*a porté q« m blessure, le trajet était complètement o^Ssêi cicatrisation était parfaite.

Remarques, — Avant do rappeler les réfleÛMi j'ai fait suivre cette observation, réstmoos é l'histoire de notre malade.

Un jeune homme de 19 ans, d*one bonne co tion, syphilitique depuis trois mois environ, est par une balle qui lui fait à a caisse gaod plaie en séton, sans léser aucun organe m (os, artère, ou nerf volumineux). Uu tabe k d est placé dans le trajet, et des injections dé et désinfectantes sont faites régalièrement d< par jour, tout le temps que le drain reste eo la plaie marche assez régulièrement vert U ci tion.

Depuis le deuxième jour Tétat général le n bientôt le malade a des rêves continuels : il as d^appétit; la langue est mauvaise

Le huitième et le neuvième jour il éprot douleurs dans le membre malade.

Le douzième jour il est pris de friuoBi qii renouvellent pas.

Le treizième jour on observe dn trisais e raideur dans le cou. Les muscles de U ksft contractures et diu's.

A partir de ce jour jusqu'au 9 novembre, e'«ftjusqu'au vingt-sepiième jour de la bkuore, quatorzième jour du tétanos, les contractam culaircs ont suivi une marche lente, nuis progi

La contracture a atteint les muscles éléuu la mâclioire inférieure, ceux de la langue, de que, du membre inférieur gauche, des pi vertébrales, du membre inférieur droit, des a des parois abdominales et des parois pect enfin, à un degré moins élevé, les mnscles dei bres supérieurs.

La contracture n*a presque jamais été ponsi^ loin; les mâchoires s'écartaient tonjoars de 1 mètre au moins, et rarement on a clé dius U site de maintenir l'écartement au moytn d'à chon placé entre les dents. Dans les derniers j respiration était diaphragmatique, mais il d] aucune menace d'asphyxie. En un mot 1 eut do éuit tel que MM. Uicord, Cazalis, Richelot ptt ont bien voulu le visiter, pensaient qae l'on ] espérer une guérison.

Le malade est mort subitement le qoatorxièfl de son tétanos, au moment où on le faisait hoir une cuiller, sa tète reposant sur Toreiller.

Un seul mode de traitement a été suivi : le i a pris tous les jours un ou deux bains de vap a été maintenu constamment en transpiration dante, il prenait parla bouche 30 à 60 ceoti|n d'extrait thébaîque par jour, de plus je loi bàm injections sous-cutanées au-detf M de lapUk»' avec une solution de chlorhjdnla de

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