‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 65 sur 452 · AFFECTIONS SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS SYPHILITIQUES

Ce n'est que dans ces dernières années que les affections syphilitiques des bourses séreuses ont été l'objet d'une attention un peu sérieuse. Les écrits des auteurs qui, les premiers, ont reconnnu que les maladies vénériennes s'attaquent aux diverses membranes synoviales, ne nous permettent pas de déterminer si, dans les faits qu'ils rapportent, il s'agissait réellement de cas 4e syphilis, ou simplement de suites de la hlennorrhagie, parce qu'ils se servent uniquement du terme « vénérien « et ne font pas de distinction entre les deux affections. Fabre,

(1) Érichsen, Med, Times and Gazette, vol. XV, 1875, p. 476 et suivantes.

(2) Simon, Transactions of London Path. Society, vol. I, p. 153*

Swiedaur, Hunter (6) et Babington sont les pre- -

miers auteurs qui font mention de ce fait, que ,

certaines maladies des articulations se mon- ;,

trent dans la syphilis secondaire et tertiaire et, '

comme je le ferai voir tout à l'heure, ces affec- lions coïncident parfois avec des maladies des bourses séreuses voisines. Dupuytren et Âmédée

(IJ Hamilton, Principles and Practice of Surgeryt 1872, p. 469.

(2) Pritcbett, Trans. Lond, Path. Soe. , vol. U, p. 18^

(3) J. Heily, Australian Med, Joum, 1868, vol. XIU, p. 113à 115.

(4) Billrotb, Pathologie chirurgicale, p. 498, 499.

(5) Dollinger, Archiv /. klin. Chir., Bd XXII, p. 697, 1878.

(6) Hunter, Traité de la maladie vénérienne, irad. Richelot. Paris, 1859, 3< édition.

INFLAMMATIOiN SYPHILITIQUE.

reconnaissaient que la syphilis peut être

de maladies articulaires. Crocq (1) en :nt rencontré quelques cas, Richet (3),

Follin, Verneuil, Lancereaux et A.

ont publié des observations du môme cord nie que la syphilis puisse faire 9se qu'exercer son inQuence sur la es arthropalhies. Après une étude des nés présentés par l'affection syphili- \ membranes synoviales articulaires, (4) a décrit le premier les effets de la ur les gaines des extenseurs des doigts, plus lard (5), il fit remarquer que, dans s tertiaire, diverses bourses séreuses inées et tendineuses étaient le siège de

A. Fournier (6) a confirmé de la façon •mplète les données fournies par M. Ver-

W. Taylor (7) et^ E. L. Reyes (8), ont it publié une série de faits démonstrapeut trouver encore, disséminés dans 5 traités et dans les journaux, un petit de cas dont il sera question en temps i(9).

?«FLAMS1AT10^ SYPHILITIQUE.

mmalion syphilitique affecte les gaines ises, et plus fréquemment chez les par opposition à Tinflammalion blenique qui atteint plus souvent l'autre 5 bourses séreuses sous-cutanées, toutelissentétre aussi souvent affectées dans que dans l'autre, bien que les traumagissant quelquefois comme causes délies, cette égalité de répartition soit î plus apparente que réelle, puisque les i sont plus exposés que les femmes aux

met, Traité de thérapeutique des maladies

res. Paris, 1853.

ité des tumeurs blanches, etc., 1853.

het. Mémoire sur les tumeurs blanches

e rAcad, de méd., 185.3, t. XVII, p. 37).

neuil, Gaz. hebd. de médecine et de chirur-

. cit., 1873.

irnier, Note sur les lésioiis des gaines tendi-

\ans la syphilis secondaire {Gaz. hebd. de

de chir., 1868).

encan Journal of Med. sciences, 1876.

erican journal of Syphilography, etc., april 'chives of Dei'matology, janv. 1877, p. 169. ir beaucoup do détails contenus dans co chayez Chouet, De la syphilis dans les bourses . etc. Paris, 1874 ; et L. Moreau, Des affections ques tertiaires des bourses séreuses. Paris, 1873.

accidents de ce genre (i). Les gaines tendineuses le plus fréquemment affectées, sont celles du couturier, du demi-membraneux, du biceps crural et du biceps brachial. Parmi les bourses séreuses sous-cutanées, la bourse pré-rotulienne et celle de l'olécrâne sont le plus souvent atteintes. Ordinairement il préexiste chez le malade un certain degré de vice rhumatismal ou goutteux (2).

Ainsi que dans toutes les autres phases de la syphilis, la gravité de l'affection est en rapport direct avec la période de son développement. Ainsi, plus la syphilis sera avancée, plus les altérations pathologiques que Ton découvrira seront profondes. Dans la période secondaire, elles seront superficielles et bornées simplement à une congestion chronique ou, plus rarement, subaiguë des tissus séreux ou sousséreux, accompagnée ou non d'un épanchement séreux. Ces derniers phénomènes se produisent d'habitude dans la forme chronique et ne présentent aucun caractère qui les distingue de ce qui s'observe dans l'inflammation chronique simple. Lorsque Vépanchement est peu abondant, on peut déterminer de la crépitation en exerçant une certaine pression. L'inflammation syphilitique tertiaire des bourses séreuses parait être limitée à un très petit nombre de bourses séreuses, savoir : celle du biceps, la prétibiale, la prérotulienne, celles de la patte d'oie et quelques autres.

Ici les parois du sac sont épaissies et tapissées par une fausse membrane. Dans certains cas, il se produit une induration fibroïde, la bourse séreuse augmente de volume et, dès le début, se présente sous la forme d'un nodule dur, indolent, lent à se développer. Parfois, il y a une dégénérescence gommeuse particulière des parois qui amène un effacement complet de la cavité du sac. Dans ce cas, aussi bien que dans celui qui a été précédemment décrit, où l'inflammation survient, soit spontanément, soit à la suite d'un traumatisme, la mortification en masse se produit souvent. Les gommes, si le traitement spécifique ne lès fait pas disparaître, passent par toutes leurs périodes de formation, de ramollissement et d'ulcération.

Raisonnant par analogie, puisque ces lésions ont été observées dans les articulations et puisque les sensations qui indiqueraient un état semblable ont été perçues dans des bourses sé-

(1) Chouet, op. cit., p. 7 et 8.

[1] Mauriac, Leçons cliniques sur les maladies véné" rienneSf Paris, 1883.

reuses malades, l'état gommeux peut n'être pas atteint, mais des plaques élastiques, indurées, ovoïdes, situées dans les tissus séreux ou subséreux et dans les tissus fibreux adjacents, peuvent se développer. M. Verneuil et d'autres auteurs out décrit des cas d'hypertrophie fungoïde, auxquels il a été fait allusion déjà, et qui affectent certaines bourses séreuses, telles que celles des tendons abducteurs, qui sont alors enveloppées dans une masse de granulations. Les parois du sac peuvent être détruites et les articulations voisines ouvertes. Cette forme d'hypertrophie des bourses séreuses ne peut ôtre diagnostiquée qu'en remarquant que le liquide extrait par ponction est sanguinolent et rempli de particules flottantes.

Forme subaiguè. — C'est une affection excessivement rare, que l'on rencontre parfois au début de la période secondaire. 11 peut y avoir des symptômes généraux, il peut également n'y en avoir aucun. Il existe une légère tuméfaction, avec rougeur de la peau, si la bourse séreuse est superficielle. La douleur est ordinairement très marquée et parfois violente, elle est provoquée par la pression ou par le mouvement. 11 y a plus ou moins de gêne dans les mouvements de la partie. Il n'y a que peu d'épanchementet l'on peut percevoir la crépitation lorsque le tendon joue sur la bourse séreuse. La durée du mal est ordinairement de sept à huit jours, mais les récidives sont fréquentes et l'affection est susceptible de passer à la forme chronique.

Forme chronique. — Elle est beaucoup plus commune que la précédente et spéciale à la période secondaire. Sa marche est remarquablement lente et la symétrie des lésions s'observe très fréquemment. Les symptômes locaux sont les mêmes que dans toutes les autres hypertrophies chroniques des bourses séreuses, sauf que les corps hordéiformes n'y ont jamais été observés. La durée de la maladie varie de sept à dix mois. L'épanchement décroît pour reparaître ensuite, et cela sans cause appréciable. M. Alfred Fournier a fait remarquer qu'on observe parfois une forme abortive; un examen attentif de pareils cas montre, dit-il ; 1° que lu douleur a un siège défini, spécial et très circonscrit; 2° que ce siège correspond au passage d'un tendon ; 3° que la pression exercée en ce point donne lieu à une douleur plus ou moins aiguë ; 4<* que cette douleur se manifeste soit dans les mouvements actifs, soit dans les mouvements passifs.

Diagnostic.

Les affections syphilitiques des bourses séreuses se produisent le plus souvent dans la période tertiaire et, bien qu'on les observe parfois dans la syphilis secondaire, leur caractérisation réclame un examen d'autant plus attentif des divers points de diagnostic, — dont j'emprunte l'extrait résumé suivant à Alf. Fournier, — qu'il n'existe souvent aucun signe incontestable de syphilis :

1® Le souvenir d'une lésion primaire ;

2» La fréquence relative de ces maladies chez les syphilitiques, surtout chez les femmes;

3^ L'association des lésions de bourses séreuses avec d'autres manifestations secondaires ou avec les gommes de la période tertiaire;

'k^ La symétrie des lésions, bien que ce signe n'ait rien d'absolu ;

5® La présence possible d'autres lésions syphilitiques incontestables ;

6® Le développement de la maladie en même temps que d'autres lésions et sa subordination à l'évolution générale de la diathèse ;

7* L'absence de toute autre cause possible ;

8» L'échec des traitements habituels, et les prompts effets du traitement spécifique.

Le début de ces affections est insidieux, et elles suivent une marche chronique. Les symptômes sont souvent intermittents et, par-dèssus tout, la douleur et l'épanchement, quand ils existent. Il y a également des exacerbations nocturnes très marquées de la douleur.

Au traitement général antisyphilitique, il faut ajouter le traitement local : la compression et les vésicatoires, par exemple. Ces moyens amènent un prompt soulagement.

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