ÉLÉPHANTIASIS DES ARABES. — SYMPTOMES
qu'elles se dissipent fréquemment de la même manière sans aucun traitement, comme si elles eussent été « charmées > . On peut employer un grand nombre de caustiques pour amener la destruction immédiate des verrues, et parmi eux on peut citer Tacide sulfurique concentré, les acides nitrique, chlorhydrique, chromique et la potasse caustique. 11 ne faut employer ces substances qu'avec beaucoup de précautions, s'assurer qu*elles n*ont aucun contact avec la peau qui entoure la verrue, ou qu*elles ne détruisent pas, dans une trop grande profondeur, les tissus malades, surtout aux environs désarticulations, l/emploi inconsidéré de ces substances peut donner lieu à des cicatrices vicieuses et des difformités irrémédiables. Il suffit^ en général,
d'une ou deux applications pour détruire une verrue. L'acide acétique glacial est beaucoup moins dangereux que les substances précitées, et il est généralement efficace. Ck)mme tous les autres liquides il doit être appliqué avec la pointe d'une baguette, mais il faut en faire des applications aussi répétées que le permet l'état de la peau : chaque jour, par exemple. Sur les verrues du cr&ne il réussit toujours, et une seule séance suffit pour en amener la disparition complète. Pendant dix à quinze minutes, on répète les applications, et la verrue se laisse alors détacher facilement au moyen delà baguette qui a servi à y porter l'acide. L'hémorrhagie qui se produit parfois à la suite de cette opération cède aisément à une compression légère.
ÉLÉPHANTIASIS DES ARABES fSyn. : Pac/tydermia ; Bucnemia tropica; Spargasis; Hypersarcosis ; MorbtiS Herculeus; Elephantopus; la Base ; Barbadôes leg; Cochin leg^ etc.)
Cet éléphantiasis des auteurs arabes n'a aucun rapport avec celui des Grecs {Eléphantiasis Graecorum) ou lèpre.
Il affecte principalement les extrémités inférieures et les parties génitales des deux sexes et, sous l'une et Vautre forme, il est fort 'commun dans les régions tropicales et subtropicales des deux hémisphères, bien qu'à titre d'affection rare on l'observe dans d'autres parties du monde. Il peut aussi affecter d'autres régions du corps, les membres supérieurs, les oreilles, les seins chez les femmes, etc.
Symptômes.
A la jambe, la maladie se montre tout d'abord sous la forme d'une inflammation érysipélateuse arec gonflement des glandes lymphatiques les plus voisines et troubles fébriles généraux. Les vaisseaux lymphatiques deviennent douloureux, on peut parfois les sentir à l'état de cordons durs remontant vers la racine du membre. La température de la région est augmentée. Par suite de l'obstruction due à Finflammation, le sérum et la lymphe transsudent, pénètrent les tissus cutanés et donnent ainsi lieu à un gonflement œdémateux. Au bout d'un certain temps, ces manifestations disparaissent, la partie revient en apparence à son état normal ; mais, en général, il reste un léger degré d'épaississement et de dureté du tégument. Tôt ou tard, une nouvelle inflammation érysipélateuse se reproduit dans le même point, suit la même marche et laisse la
peau un peu plus manifestement altérée. Après quelques accès de ce genre, le membre commence à prendre l'aspect impossible à méconnaître de l'éléphantiasis. Les accès d'érysipèle local continuent à reparaître, ils deviennent moins régulièrement périodiques et ne s'accom^ pagnent plus d'accidents fébriles généraux, mais le grossissement augmente d'une manière continue. L'épaississement débute, en général, dans le tissu cellulaire sous-cutané, mais il peut d'abord être limité, soit à la couche profonde, soit à la couche superficielle du chorion; toutefois, l'aspect extérieur de la maladie varie beaucoup suivant que les tissus superficiels de la peau sont ou ne sont pas atteints. Quand le mal les épargne, la surface peut paraître tout à fait lisse et brillante même sur les parties saillantes qui recouvrent de larges nodules. D'un autre côté, les papilles peuvent être démesurément allongées, rappelant l'aspect des verrues ou même celui des brins d'une brosse, ou forment d'énormes tubercules papillomateux. Les cellules pigmentaires du réseau de Malpighi peuvent se développer au point de donner une coloration brune ou noire à la surface cutanée, et les couches externes des cellules épidermiques peuvent s'accumuler en aussi grand nombre que dans l'Ichthyose (Ichthyosis cornea). Avec ou sans ces changements superficiels, les altérations essentielles ne continuent pas moins à se produire dans les régions profondes des tissus cutanés; elles consistent dans l'hypertrophie des éléments fibreux du chorion muqueux et des
JAMES C. WniTE. — MALADIES CHIIILIIIIÏICALES DR l.A PEAU.
couches Eous-culanêes. Sur une Iraitche de ce; parlies,clonl l'épaisseur est devenue énorme, oc obtient quelqueFois de bonnes coupes qui nicsurem de 10 à 13 cenlimèlres de hauteur : on rcn-
I conlre une substance blanciie, dure, lan!
gorgée de lymphe et de sérum. Dans les m
I du lissu fibreux de formalion nouvelle, q
' coiislLlue principalement lo
Mudance, des cellules du li.<su conjonclir.
|>Le derme est Ëolidcmeiit uni aux tissus suus-
Wlancs, les limites analomiques normales en
■lélant absolument eiïucées. Les uils^eaun san-
guins sont dilatés el leurs parois époi
La mnludie utTecle également le lisau
jonclif qui environne les muscles sous-jt
et, dans les cas ancien?,
ÉLÉPHANTrASiS DES AHAbES. — SVMPTOMES.
t. Les muscles ont suLi la dégËnérescence ^seuse et leurs fibres soDt rorlement épuUi. Par suite de l'hyperlrophie du périoste, de |iiib}tnnce osseuse nouvelle s'est produite, et
c'est de cette façon que se constitue l'ankjlose des orliculatioiis. La maladie se conliiiue ainsi pendant des années, et le niemLre ocijuierl des dinieiisionB considérables, mesurant dans quel-
n [Godard]. Fig. 19i. — tJéplianliMis du si
(Archives de méilecine narale, !.. XXV, p. 3Î9).
'CU 90 ceuLîmèlres de circonférence au- Ita du genou et C.bO & la cuisse, Ces prous démesurées pcuveut donner naissance \ Ibnle d'accidents secondaires : les plis tu deU peau, séparés par des sillons pro- .potTCnt devenir le siège d'uocczéMiu cause
parle frollement, et une influrnmalion érysipôlateuse peut en résulter. Des ulcères, des abcès, la gangrène du membre peuvent se produire, un écoulement intarissable de Ijmphe peut épuiser le malude, les nerfs peuvent élre comprimés au point de déterminer d intenses névralgies, des
16 JAMES G. wAlTE. - MALADIES CHIRURGICALES DE LA PEAC. |f|
maladies osseuseB peuvent se développer, ou $um, soit des tumeurs ipottgrimiet oiucuIiki bien encore le poids énorme de la tumeur et ou des tumeurs sanguinet caventeuta. les malaises qu'elle cause peuvent ft eux seuls outre du tissu conjonctif dur et gélatÎDeni amener la dépression des forces du patient.
Au\ paKIes génitales, les progrés de la maladie ne s'accompagnent pas d'ordinaire des sjmptOmes inflammatoires, paroxystiques et caractéristiques qui se montrent dans les premières périodes, lorsqu'elle aiïecte les memtires inrërieurs. Elle 'lébule insidieusement, le plus ordinairemcuit par le clitoris ou le scrotum, à moins qu'e£ n'attaque en premier lieu les lèvres ou lepénis. Le scrotum, principalement, se transforme peu à peu en une énorme tumeur, qui pend entre les genoux, entraîne la peau de l'abdomen et celle de la région inguinale, en formant un étroit pédicule, et ensevelit dans sa masse le pénis, dont la position ne se reconnaît plus qu'à un étroit canal infundibuii forme qui conduit au méat urinaire et par lequel l'urine s'écoule au dehors. Ou a enlevé de pareilles tumeurs qui, dans quelques cas, pesaient jusqu'à leâ livres (fig. 791, 702et 793). Le clitoris atteint également, en cas analogue, des dimensions énormes et pend en masse globuleuse jusqu'audessous des genoux [flg. 794).
Le tissu conjonctif de nouvelle formation est beaucoup plus mou dans les variétés génitales que dans les crurales, et la maladie a été désignée sous le nom d'EUphaatiasis mollis, à cause de l'aspect gélatineux qu'elle présente à la section.
Une autre variété de l'affection a reçu les noms A'Elephantiasis teleangiectodes, Ikrmatolysis, ou Cutis pmdula. Des portions considérables de peau semblent trop amples pour les parties qu'elles recouvrent et pendent en replis épais ou en masses globuleuses. Au toucher, ces lambeaux pendants peuvent être durs ou mous, ils ' sont en partie compressibles. Ces hypertrophies, ou ces néoplasmes, suivant les idées différentes que s'en font les anatomistes, sont regardées comme toujours congénitales et comme primitivement constituées par du tissu conjonctif vasculaire, elles peuvent conserver, pendant toute la vie, leur volume et leurs caractères originaires ou se transformer en une hypertrophie éléphantiasique du tégument et s'étendre à de vastes surfaces. On les voit pendre quelquefois jie toute la longueur du bras, en partant de l'épaule et du dos, à la façon du fanon de la vache. Souvent les parties d'où se détachent ces tumeurs sont atrophiées. Suivant que le tissu conjonctif ou que le tissu vasculaîre domine, ces tumeurs prennent les caractères, soit du .
Fig. "194. Eléphanliasia de U valve.
en forme la masse et des vaisseaux sanguins de nouvelle formation, il existe encore dans ces tumeurs des espaces lymphatiques très follement dilatés.
Le3causeBderÉJéphantiasi9desArabes,quiest une affecUoQ endémique, ne sont pas Connues, malgré les nombreuses théories qui ont été présentées pour les expliquer : parmi ces dernières, la plus récente, qui a été depuis très peu de lempi Imaglnie dans l'Inde, admet que la maladie est due à k présence, dans la circulation, de Pilaires