DE L'OIGNON
oignon peut être défini une bourse séreuse
a douleur sourde à la face postérieure du Ulon 9a?ent parfois les adultes, mais plus frcquemes enfants de cinq à quinze ans, et qui s'augpar rexercice, est due, d'après Barwel, à l'inlUon de cette bourse.
irritée et, par conséquent, distendue, placée sur l'articulation tarsienne, métatarso-phalangienne ou sur une articulation phalangienne, qui se trouve elle-même déformée. Cette bourse séreuse peut être normale ou accidentelle. La peau qui la recouvre est fréquemment le
i4-2 CHARLES B. NANCREDE. — BLESSURES ET MAL. DES BOURSES SÉREUSES. [»
siège d'un cor, elle est tout au moins fortement épaissie. En réalité, plusieurs auteurs (t) pensent qu'il y a toujours une bourse séreuse dans tous les cas anciens et négligés de cors.
Les oignons se développent d'ordinaire sur les articulations métatarso-phalangiennes du gros ou du petit orteil. L'affection est généralement amenée par des chaussures d'une forme mal appropriée à celle du pied et qui tend à ramener tous les orteils, le gros principalement, vers l'axe central du pied. Si, de plus, la chaussure est trop courte et les talons élevés, la déformation est plus inévitable encore. En fait, une chaussure de cette dernière espèce, fûtelle d'une forme convenable, est par elle-même une cause très puissante de formation d'un oignon. Le grand axe normal de chaque orteil coïncide avec celui du métatarsien correspondant, et ce dernier prolongé en arrière passe par le centre du talon, de telle sorte que, dans l'état normal, le gros orteil est légèrement incliné en dedans plutôt qu'en dehors. Lorsque le poids du corps porte sur le pied, les orteils doivent s'étaler, les bords contigus du premier et du second sont séparés par un intervalle très distinct, le second et le troisième sont plus rapprochés l'un de l'autre, mais non en contact, et le troisième et le quatrième euxmômes ne se touchent pas d'ordinaire. Si donc les doigts sont comprimés à leur extrémité terminale par une chaussure étroite, le poids du corps portant sur un plan incliné, comme il arrive lorsque les talons sont élevés, le pied ne s'étale que dans la seule région où cela est possible, c'est-à-dire au niveau des articulations métatarso-phalangiennes. Quant à celle du gros orteil elle fait un angle saillant en dedans. Les autres orteils sont dès lors contraints de subir divers degrés de flexion, ou de flexion d'une seule articulation coïncidant avec l'extension des deux autres, position qui favorise la production d'oignons au niveau des angles saillants. La peau qui couvre ces articulations saillantes devient épaisse et cornée ; la bour.^e séreuse normale ou accidentelle qui les protège se développe et l'oignon se trouve constitué.
Aston Key explique la déformation du gros orteil de la manière suivante : chez les jeunes gens et les personnes délicates, et comme conséquence de longues stations debout ou de marches prolongées, le muscle tibial antéricuy, de l'action duquel dépend principalement le maintien de la voûte plantaire, s'affaiblit, et par
(1) Cryant, ov. cit.,, p. US.
suite, le segment antérieur du pied tend à tourner en dehors. Ce mouvement, par la position anormale qui en résulte pour la tête de l'astragale, rejette le poids du corps sur le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur qui cède. Le pied du malade s'aplatit ainsi et, par suite de la rotation en dehors du segment anlérienr du pied, le poids du corps se trouve reporté sur la portion interne de la face plantaire, ce qni, en général, oblige le gros orteil à se porter obliquement en dehors. Cela explique pourquoi les gens des classes inférieures de la société présentent souvent les formes les plus graves de l'oignon, car, bien qu'ils ne portent pas de chaussures étroites, ils en portent qui sont courtes et mal faites et ils sont obligés de se tenir debout d'une façon continue.
La tendance au développement de Toignoa est quelquefois héréditaire; chez cette sorte de malades, des chaussures même bien faites ne réussissent pas toujours à empêcher le ma). L'oignon est inconnu chez les races sauvages qui ne portent pas de chaussures.
Symptômes.
Le premier symptôme de l'oignon est l'apparition d'un point sensible au niveau de l'une des articulations qui ont éprouvé une certaine déformation et qui sont devenues saillantes. Bientôt la partie grossit, par suite de l'épanchément qui se produit dans la bourse séreuse normale située à ce niveau, ou par suite delà formation d'une bourse séreuse accidentelle. La maladie peut rester stalionnaire à ce degré, et le malade peut n'éprouver d'autre incommodité que quelques élancements ou quelques \ douleurs. Souvent la bourse séreuse n'est pas assez ample pour protéger les parties profondes, elle subit des retours répétés d'inflammation, caractérisés par des douleurs pulsatiles violentes dans la partie malade, accompagnées de chaleur marquée, de rougeur et de gonflement des téguments. La bourse séreuse se troure distendue par de la sérosité et, si l'inflammation n'est pas enrayée à ce moment, la suppuration se produit, des ulcères incommodes lui succèdent et deviennent assez souvent le point de départ de la gangrène sénile. Le pus ne reste pas toujours conflué dans la bourse séreuse, il s'inflltre dans les tissus environnants. On observe en même temps des troubles généraux très marqués.
Certaines altérations qu'on avait considérées comme le résultat d'oignons de mauvais carac-