TRAITEMENT DE I/OIGNON
:ère, tels que répaississement de la tête de l'os métatarsien, la formation d'exostoses sur ses bords, la résorption fréquente du cartilage s' accompagnant de l'éburnation des os sousjacents, etc., sont, selon toute probabilité, la conséquence d'une arthrite rhumatismale. D'autres altérations importantes à noter et qui sont dues sans aucun doute à la déformation, sont l'allongement du ligament latéral interne, le raccourcissement correspondant de l'externe. Cela est si marqué que, d'après E. Smith, la rupture de ce dernier ligament se produit avant la réduction de la déformation, môme sar le cadavre. Le tendon extenseur du gros ortc'dest luxé en dehors à un degré variable. Les tendons du court fléchisseur et de l'abducteur sont également placés plus en dehors qu'à l'état normal.
Traitement de roignon.
De ce qui vient d'être dit des causes de l'oignon, il résulte évidemment que le traitement doit viser par-dessus tout à la suppression de la compression. Ce but ne saurait être mieux atteint que par l'usage de chaussures longues et aisées, en ayant soin cependant de les chobir suffisamment serrées au cou-de-pied pour que les orteils n'en touchent pas l'extrémité, car autrement leur largeur ne ferait qu'ajouter au mal. Le bord interne de la portion de. k semelle qui correspond aux orteils doit être droit comme dans les chaussures dites waukenpkast et la semelle aussi large, sinon plus large à ce niveau que la partie du pied à laquelle elle correspond. Les chaussures à compartiments spéciaux pour les orteils sont également utiles quand les petits orteils sont déformés. Tant que les axes des orteils déviés ne sont pas revenus à leur direction normale, les angles saillants que forment les articulatioDs déformées restent exposés à une pression qui les irrite. Quand le gros orteil seul est intéressé, le moyen le plus simple pour le ramener dans la direction normale est de lui réserver un compartiment séparé dans la chaussure. On appliquera pour la nuit Tappareil suivant : on se procurera une bande de linge fort ou de toile souple qu'on placera sur k tarse et le métatarse, et qu'on fixera en la laçant solidement sur cette portion du pied. Sur son bord interne, on aura disposé une étroite coulisse destinée à recevoir un morceau de ressort d'acier d'un demi-pouce de large et d'uDe conrtitire sigmoïde telle qu'il puisse par
sa convexité s'adapter à la concavité du tarse et du métatarse, tandis que sa concavité faisant face à l'articulation métatarso-phalangienne empêchera toute compression {{). L'articulation sera protégée par de l'emplâtre de savon appliqué sur un morceau d'amadou ou de feutre souple. Après avoir lacé la bande et placé le morceau d'acier dans sa gaine, il suffira, pour achever le pansement, de glisser autour de l'orteil et de l'extrémité terminale libre du morceau d'acier une large bague de caoutchouc d'une épaisseur et d'une longueur telles qu'il ne puisse y avoir de douleur. Ce simple petit appareil peut être recommandé même pour la journée comme pansement permanent, il est tout aussi efOcace que ceux de Bigg ou de Sayre, il peut en outre être préparé chez soi et nécessite tout au plus le concours d'un forgeron.
L'emploi d'un de ces moyens peut réussir même dans les cas les plus graves. Si le mal persiste, on peut recourir avec avantage à la section sous-cutanée du ligament latéral externe, ou des tendons de l'abducteur ou du court fléchisseur du pouce ou de tous les trois à la fois.
Lorsque c'est l'un des orteils, autres que le gros et le petit, qui se trouve aflecté (comme dans la difformité connue sous le nom d'orteil en marteau)y le simple expédient qui consiste à passer une bande de sparadrap adhésif, d'environ un pouce de large, d'abord sur l'orteil déformé, puis sous les orteils normaux, suffira souvent pour faire disparaître la difformité. Il est bien entendu que c'est la face non couverte d'emplâtre qui doit reposer sur l'orteil difforme, de façon à ce que ce soit au contraire la face adhésive qui s'applique aux orteils voisins, lesquels sont destinés à servir de points d'appui pour remettre en place l'orteil déformé (2). Lorsqu'on constate un commencement d'aplatissement du pied ou un pied plat confirmé, il faut interdire rigoureusement toute station dcbouL Une tige d'acier sera fixùe à la semelle de la chaussure. Les muscles affaiblis seront stimulés par les frictions, le massage ou l'électricité et, si ces moyens ne réussissent pas, on emploiera, suivant la méthode de Barwell, un tube de caoutchouc pour venir en aide aux muscles affaiblis et maintenir la forme du pied (3).
Comme moyens adjuvants et palliatifs, len-
(1) Un acier de corset peut servir au besoin.
(2) Ashton, lUed. Times and Gaz, 18S?. N. S. vol. V, p. 282.
(3) Voy. Sayre, Orthopédie Surgery, p. 84, 85.
Ui CHARLES B. NANCREDE. - BLESSURES ET MAL. DES BOURSES SÉREUSES. [40
lèvement de Tépidcrme épaissi pratiqué avec précaution, la protection des parties sensibilisées au moyen d*emplâtre de savon appliqué sur du cuir, employé soit sous forme d'anneau pour éviter toute pression, soit en enveloppe continue, doivent être essayés. Ces procédés unis à l'usage de chaussures convenables, le repos, des applications émollientes continuées pendant plusieurs jours et suivies, si l'inflammation s'est complètement dissipée, de badigeonnages à la teinture d'iode, un simple vésicatoire ou une pommade au bi-iodure de mercure (Ok',60 pour 30 grammes) suffiront souvent pour guérir les cas de peu de gravité, o"ù il n'y a qu'une légère déformation. S'il y a beaucoup de liquide épanché, sans inflammation concomitante, une ponction sous-cutanée et la discision du sac suivie de compression avec ou sans badigeonnages d'iode, constituent un excellent moyen pratique.
Lorsque Toignon est le siège d'une inflammation aiguë, le repos dans la position horizontale, le pied élevé, et l'application d'un pansement humide, adoucissant, constituent le meilleur traitement. Si la suppuration s'y produit, une large incision sera pratiquée de bonne heure; Chez les vieillards et les personnes dont la nutrition laisse à désirer et chez qui la gangrène et les suppurations dangereuses se produisent assez souvent, il ne faut pratiquer les incisions qu'avec beaucoup de prudence. Cœsar Hawkins déclare que dans les cas mêmes où, dans un oignon suppuré, l'os se trouve mis à découvert, la guérison
peut être obtenue en employant l'acide nitrique. Il enlève aussi largement que possible le cor superposé, dilate Torifice de la bourse séreuse et y applique l'acide avec t»récaution une ou deux fois. Lorsque le mal avoisine une articulalion, il faut agir avec beaucoup de précaotion ; si l'os est dénudé, il faut le toucher franchement, mais prudemment avec l'acide. Ce moyen activera la séparation de la partie nécrosée et l'os se couvrira probablement alors de granulations saines.
Des applications stimulantes, telles que le cerat résineux (1), etc., combinées avec l'usage de l'opium et des stimulants à l'intérieur, sont plus sûres, s'il reste des ulcérations indolentes etdes suppurations, que l'ouverture du sac. Chéries jeunes sujets et chez les adultes, la bourse séreuse peut être ouverte ou excisée, mais cela ne peut être fait qu'à titre de ressource extrême, et seulement en prenant, si cela est possible, toutes les précautions antiseptiques. Quelquefois, la suppuration s'étend à Tarticulation voisine et en amène la destruction ainsi que la carie plus ou moins étendue des os. Si, après avoir essayé du repos, d'un drainage bien fait et de pansements appropriés, on n'obtient pas la guérison par anitylose, je conseille vivement l'amputation du métatarsien dans la continuité, mon expérience personnelle m'ayant conduit à concevoir une opinion peu favorable de l'excision de l'articulation malade, bien que cette opération ait été pratiquée avec succès par Kramer, Pancoast et autres.