C. W. MANSELL-MOULIN. - SHOCK ET EMBOLIE GRAISSEUSE
fluence nerveuse est douteuse et le mécanisme musculaire des parois, inconnu); cependant, en mesurant la tension à l'aide d'un manomètre, on a trouvé qu'après cette section, la diminution de tension n'était jamais égale, et, dans la plupart des cas, jamais moitié aussi grande que celle qui se produit dans les cas d'hémorrhagie si les symptômes sont comparables par leur gravité à ceux d'un cas ordinaire de shock (1)! En vérité la tension artérielle est si loin de tomber au-dessous du degré indispensable au maintien de la vie, que les animaux sur lesquels on a pratiqué cette section bilatérale ont recouvré complètement la santé, les centres locaux se chargeant de remplir la fonction dont le bulbe et la moelle ne peuvent plus s'acquitter, et les vaisseaux reprennent graduellement leur calibre et leur tonicité normale (2).
D'après ces expériences, on est autorisé à demander que les recherches soient poussées plus loin. A. Fischer est probablement dans le vrai en établissant que, dans le shock, il y a une paralysie de tout le système vaso-moteur, celle des nerfs splanchniques, en raison de leur distribution particulière, étant la plus marquée. Comme on a montré que les vaisseaux relèvent du môme centre nerveux, il faut admettre que ce fait est possible ; et on peut ainsi expliquer d'une façon logique (malgré la stagnation du sung veineux dans les capillaires) cette lividité de la peau et de toutes les parties exposées à la vue, si diiférente de la pâleur, couleur de cire, de l'hémorrhagie. Il y a des faits qui prouvent que, dans certains cas, différentes parties d'un système vasculaire peuvent être affectées à divers degrés. Dans ses expériences, Goltz a trouvé que quelquefois le cœur était beaucoup plus atteint que les vaisseaux, d'autres fois c'était l'inverse que l'on observait, les conditions étant apparemment identiques; et peut-être pourraiton invoquer quelque chose d'analogue pour expliquer la congestion extrême qui se fait dans la portion d'intestins située au-dessus d'un étranglement, comparée avec ce que l'on observe audessous.
Il est à craindre que cette théorie, que Fischer a adoptée intégralement, et que l'on doit considérer comme un progrès énorme sur les idées d'autrefois, ne puisse être admise, comme tout à fait suffisante. On ne peut pas regarder comme exceptionnelles les lésions de la moelle cervicale qui ne sont pas immédiatement suivies de mort;
(1) Tappeiner, loc, cil,
{'i) Asp, Ludwig's Arbeitejij 1867.
car tandis que le cœur est atteint par le shock général il y a une paralysie absolue de tous les nerfs vaso-moteurs du corps, y compris la tète et les extrémités supérieures ; cependant, bien que ce shock soit incontestablement quelquefois très grave, dans la majorité des cas il n'est pas la cause de la mort; il y a môme plusieurs observations constatant le maintien de la vie avec une paralysie complète du mouvement et deU sensibilité dans toutes les parties situées audessous de la lésion, la tension artérielle normale étant rétablie et maintenue, comme c'est l'habitude, par les voies périphériques et peutôtre par cette portion du .grand centre qui réside dans la moelle. On ne peut pas non plus arguer que la tension vasculaire est tout d'an coup rétablie, môme partiellement, par cette portion du centre vaso-moteur spinal situé audessous de la lésion ; car c'est un fait bien connu, d'après les expériences sur les animaux, que môme après la simple section de la moelle, aucun mouvement réflexe ne peut être provoqué pendant quelque temps dans aucun nerf dépendant de la portion sectionnée. En outre, Weir Mitchell (!) a rapporté une observation de laquelle il conclut que la variété des phénomènes cérébraux du shock témoigne d'une modification moins constante dans ses effets que la simple variation dans la quantité du sang.
On ne doit pas non plus considérer comme peu probable l'opinion que le pouvoir spécial d'arrôt, auquel tous les tissus nerveux participent et qui est probablement mis en jeu dans les actes nerveux de môme nature, au lieu de ne faire que produire indirectement les symptômes du shock par son action sur le système vasculaire, peut ôlre l'agent direct et immédiat qui exerce son influence sur les nerfs d'où dépendent la sensibilité, le mouvement et la volonté aussi bien que sur ceux dont l'action porte sur les parois des vaisseaux. Cela ne fait pas l'ombre d'un doute que, comme conséquence d'une lésion, le mouvement moléculaire, qui constitue l'influx nerveux, puisse être atteint, ou même interrompu dans certains centres d'où relèvent le cœur et le système vasculaire ; est-il donc impossible que la paralysie de la sensibilité et du mouvement et l'affaiblissement de l'action réflexe, au lieu d'être simplement des effets secondaires produits par l'intermédiaire de lacir culation, ne soient dus, en tout ou en partie, à un obstacle apporté au mouvement moléculaire dans d'autres centres, et que le shock doive être
(1) Weir Mitchell, New-York medêetUJawnêl, IK^
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