‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 103 sur 343 · PRONOSTIC DU SHOGK. — RÉACTION · texte numérisé non relu

PRONOSTIC DU SHOGK. — RÉACTION

considéré comme une manirestation extrême et générale de cet arrêt de Tin flux nerveux dont la physiologie nous a appris à connaître les conséquences, quant à ce qui touche certains organes ? n est donc extrêmement probable que la plupart des conséquences, pour ainsi dire accessoires, des traumatismes dont les rapports immédiats avec la lésion ne sont pas apparents, relèvent d'une cause tout à fait analogue à cela, et c'est surtout vrai pour les lésions des centres nerveux et pour les symptômes qui éclatent tout d'un coup, puis disparaissent graduellement.

Une excitation puissante appliquée à un nerf sensitifpeut se substituer complètement à un stimulus plus faible. Lorsqu'on laisse béant le canal spinal, Firritation des racines postérieures n'est pendant quelque temps suivie d'aucun effet. Après une section de la moelle, quand les réflexes ont reparu et que Tan i mal a recouvré la santé, malgré la persistance de la paraplégie, si Von fait une seconde section un peu plus baut, il n'y aura d'a£fectées que les parties du corps qui reçoivent leur innervation de la portion de moelle située au-dessus de la section primitive, montrant ainsi que c'est seulement par la voie nerveuse que l'influence du shock peut se faire sentir. Dans les expériences de ce genre (i), les membres inférieurs, n'ayant plus aucune connexion avec la portion de moelle qui a subi le dernier traumatisme, ne présentent aucune diminution de l'excitabilité réflexe ni aucun des symptômes du shock, mais seulement une contraction des vaisseaux sanguins, secondaire et dépendant de l'abaissement de la pression générale. Dernièrement, Lewisson (2) a établi, par l'expérimentation, qu'il est possible, chez la grenouille, de suspendre Taction des centres réflexes par l'irritation des nerfs sensitifs, que, si llrritation est assez forte, cette suspension peut s'étendre aux mouvements volontaires et qa'enfin, chez le lapin, en écrasant les reins, rutérus, la vessie ou les intestins on abolit l'influence du système nerveux sur les extrémités inférieures, l'action paralysante persistant pendant quelque temps après l'irritation et d'autant plus que la violence a été plus grande. Il est possible que ces résultats, d'une importance capitale en cette question, soient le fait de l'anémie spinale; cette opinion serait confirmée par des expériences de Brown Sequard (3), qui

(l)Golti, Pflùger't Archiv, 1875.

(2) Cité par Fischer, loc, cit.

(3) Brown Seqaard, Archives aénérales de médecine, »• série, t. Vm, 1856.

montra que la contraction des vaisseaux de la pie-mère spinale s'observait après des traumatismes des viscères de l'abdomen, comme lorsqu'on applique une ligature sur le hile du rein ; mais ces expériences présentent tant de difficultés et ont été répétées par difi'érents observateurs avec un succès si faible que Vulpian le considère comme douteux, si toutefois les conclusions sont justifiées. En résumé, les conséquences d'un traumatisme peuvent atteindre directement les centres nerveux ou bien faire sentir leur retehtissement sur eux d'une façon indirecte par l'effet qu'elles produisent sur des organes éloignés (surtout ceux de l'abdomen), et elles peuvent produire chez les animaux un état qui, si l'on tient compte de la différence d'organisation cérébrale, présente un tableau symptomatiquc absolument semblable à celui que nous appelons shock, et qui trouve en physiologie non seulement une analogie très grande dans les effets produits sur la circulation par l'irritation directe ou réflexe de certains nerfs, mais même présente cet effet comme un de ses symptômes les plus marqués. En somme le shock est un exemple de paralysie réflexe dans le sens le plus strict du mot, une suspension des réflexes atteignant toutes les fonctions du système nerveux et non limitée au cœur et aux vaisseaux.

Pronostlo du shock. — Réaction.

Le shock peut être mortel en l'espace de quelques secondes, comme dans le cas cité plus haut, ou, comme cela arrive souvent, après des traumatismes graves et embrassant une large surface; le malade peut s'affaisser graduellement, après un temps plus ou moins long, sans qu'il soit possible de le sauver. Cependant, si la réaction se fait à une période convenable, et plus elle se fera attendre plus le danger sera grand, on ne devra pas bannir toutes les craintes que cette cause avait fait nattre; quelquefois, il est vrai, la guérison se fait graduellement et sans interruption ; mais souvent sa marche est beaucoup moins uniforme en raison des fluctuations plus ou moins alarmantes qui se produisent; d'autres fois, quand tout paraît marcher progressivement vers la guérison, tout d'un coup le cœur s'arrête, comme s'il avait épuisé la force qu'il tenait en réserve, et le malade meurt tout à fait comme dans l'asphyxie secondaire.

Il est difficile de fixer le moment précis où la réaction commence. Selon Furneau Jordan elle arrive de très bonne heure, d'après cette opinion qu'il y a dans le shock d'abord une di-

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