‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 105 sur 343 · TRAITEMENT DU SHOCK · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU SHOCK

seconde» le patient est calme et endurant ou bien hargneux, irritable, se plaignant continuellement La première de ces formes est habituellement influencée par Tâgc, la seconde par le sexe. La jeunesse est toujours pleine d'espoir ; la femme supporte bien mieux la douleur (i).

Traitement du ahock.

Bien qu'il ne semble pas probable, dans Tétât actuel de nos connaissances, que l'on puisse empêcher complètement le shoclî de se produire surtout quand Ton considère les cas heureuse omit exceptionnels de mort subite, cependant sa gravité peut être évidemment atténuée, en tant qa'elle résulte d'opérations et non seulement dans les cas de maladie de longue durée, où une amputation peut devenir obligatoire et où l'état de santé du malade peut avoir été déjà atteint par le séjour au lit ou d'autres conditions, mais aussi dans des opérations telles que l'enlèfement de tumeurs, la lithotritie, quand le patient, en tant que l'on peut s'en assurer, est dans on état de santé tout à fait satisfaisant et où l'organisme ne s'est pas ressenti de souffrances continues. C'est une très bonne chose que de préparer le malade en l'habituant au diaogement de vie, aux personnes et aux choses qui l'entourent; les soins pendant l'opération oot aussi une influence — arrêter une hémorrhigie, garantir du froid quand le malade est sur la table d'opération, opérer aussi rapidement qae possible. Jusqu'à quel point l'usage des anesthésiques peut-il empêcher le shock, c'est une question qui sera traitée en même temps que celle de leur utilité (Easley et Mac Guire recommandent, comme moyen préventif du sbock, la quinine à haute dose).

Dans le traitement d'une personne atteinte d'un shock grave après un traumatisme, la première chose à faire c'est de dégager le cou et la poitrine» afin de favoriser la respiration et de placer le corps dans une position inclinée, la tête aussi bas que possible; un oreiller est loin d'être toujours utile. Naturellement on devra de suite rechercher toutes les sources d'hémorrhagie, mais l'hémorrhagie est rare, du moins pendant le shock. Et, avant toute chose, il faut n'importe comment maintenir la température du corps le plus près possible du degré normal : en même temps qu'il y a un arrêt de la circulation, il y a une chute de la température ; on chauffera le lit et la chambre, on placera autour

(I) Savofy, loc. cit.

du patient des couvertures chaudes et des bouteilles d'eau chaude, on frictionnera les extrémités. On a recommandé (et Hunter de Philadelphie s'en est bien trouvé) de placer le malade atteint de shock dans un bain chaud, à la température d'abord de 36<> qu'on portera graduellement à 43®. En laissant le patient dans un bain de ce genre pendant un quart d'heure la température du corps s'est élevée de 3o<>,5 à 37<*, les respirations sont tombées de 36 à 20 par minute et la peau froide et visqueuse est devenue chaude et sèche. Quand le cœur donne des signes d'affaiblissement, on se trouvera parfois mieux de faire sur la surface du corps, surtout sur les régions cardiaques et épigastriques, des frictions avec de la flanelle chaude ou avec des éponges exprimées aussi chaudes que possible. Une irritation substitutive plus énergique que celle-ci est d'une utilité contestable, quoique assurément des sinapismes et des vésicatoires appliqués aux extrémités peuvent, par l'irritation des nerfs sensitifs, amener une légère augmentation de la pression sanguine. Les vomissements opiniâtres seront avantageusement combattus à l'aide de sinapismes appliqués sur le creux de l'estomac.

Dans les cas graves de shock on ne doit pas rejeter les stimulants, 11 est évident qu 'un malade peut guérir sans qu'on y ait eu recours, mais quiconque a jamais vu la rapidité avec laquelle la (àce devient violacée ou qui a senti le pouls battre plus fort, après l'administration d'une petite quantité d'alcool, ne sera pas convaincu de l'utilité de leur emploi.' La dose varie avec chaque individu, mais ne doit jamais être forte ; si la réaction s'annonce bien, et continue de même, il en faut très peu; si c'est le contraire et que 30 à 60 grammes d'eau-de-vie ne produisent pas d'effet, il est probable que cet agent n'est pas absorbé par Testomac et qu'une quantité plus forte n'aboutirait qu'à amener des vomissements. Dans ce cas ou quand la déglutition est abolie, on peut avoir recours à des lavements contenant une faible quantité d'eau-de-vie, ou aux injections hypodermiques d'alcool ou d'éther (1), bien que, il faut l'avouer, d'habitude sans grand espoir. Puis, quand la réaction s'est déclarée franchement, ce n'est pas une preuve que les stimulants sont d'un grand secours; une nourriture fortifiante est urgente, mais il faut veiller sur le pouls et, s'il présente des signes de faiblesse, administrer un peu d'eau-de-vie,

(1) Verneuil, Journal de médecine et de chirurgie pratiques y mars 1S&7.

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