WILLIAM HUNT. — DEURIUM TRAUMATIQUE
délire généralement de caractère violent. Dans les érysipèles phlegmoneux, où, en outre de la peau, le tissu cellulaire est le siège d'inflammation et de mortification, le sang est évidemment chargé de matières septiques.Un délire, souvent furieux dès le début, n*est pas un fait rare. Si
Fissue doit être fatale, il se développe un état analogue à celui de la pyohémie, et, comme le malade devient de plus en plus faible, le trouble du cerveau se manifeste par un murmure indistinct et incompréhensible.
Les épilepliques^ atteints de traumatisme, ne
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TEMPÉRATURE
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Fig 28. — Tracé thermométriquo de L. J. âgé de 21 ans. Délire traumatique à la suite de brûlures saptricielles et profondes de la face, du cou, des avant- bras, des bras, des jambes et des pieds. Du 30 mai (second Jour), au 6 Juin (neuvième Jour), il y eut un délire calme pendant la Journée et furieux pendant U nuit, nécessitant l'emploi do moyens de coercition. Le 8 Juin, la raison était revenue. Le traitement consista dam radministration de 1,50 de bromure de potassium toutes les cinq heures, et 0,75 d'hydrate de chloral U Doit; pt 0,01 de morphine quand cola était nécessaire. Guérison.
sont pas, selon moi, plus exposés au délire que les autres. J'ai même observé des cas où Firritabilité cérébrale paraissait arrêtée et suspendue pendant quelque temps, par le fait de Taccident Pendant que j'écrivais cet article, il s*est présenté, dans mon service de Pennsylvania Hospital, un cas rare et curieux.
On reçut un homme pour un accident qui nécessita U désarticulation de l'épaule droite. Quelques
Jours après l'opération, on le trouva en pleine attaqnt do catalepsie. Les yeux ouverts et fixes, la tête immobile, ne répondant pas aux questions qu'on lui adressait. On souleva une Jambe qui resta rigide et suspendue en l'air. Même phénomène pour l'autre jambe et pour le bras gauche. Les membres restaient dans la position qu'on leur faisait prendre jusqu'à ce qu'on la fasse cesser. On put aussi ouvrir la bouche et lui faire prendre toutes les positions possibles. Le réflexe rotulicn était diminué, mais le réflexe scrotal était noiv mal. L'anesthésie était complète, les piqùras d'épingle
CAUSES DU DELIRE TKAUMATIQUE
6t les pincements restaient sans efTet. Pendant que j'étais dans la salle, on le vit tourner la tète, J*allai près de loi, il était éveillé, mais avait le délire. Ce déliro consistait surtout en illusion sur le lieu où il était. Il put nous raconter nettement comment Tacddeot lui était arrivé et nommer la ligne do chemin de fer qui en avait été le théâtre. Il se voyait en haut d'une perche, puis dans un cimetière, puis dans le bâtiment de la Compagnie d'assurances de Pennsylvanie, puis au faite d'un parapet. L'emploi qu'il occupait B*avait aucun rapport avec ces différents endroits. Il est possible que l'idée qu'il était dans le bâtiment do hCon]pag:nie d'assurances pouvait provenir de ce qu'on loi avait dit qu'il était à Pennsylvania Hospital. L'attaip» céda rapidement et le troisième Jour le malade était revenu à la raison. Il raconta qu'il avait été en proie à des rêves pénibles, mais il déclara, ainsi que u femme, que jamais auparavant il n'avait eu d'attaques de catalepsie, du moins d'après ce que tous deux pouvaient savoir.
Dans la fièvre hectique il n'y a pas de délire. Cette absence de délire est le grand signe qui permet de distinguer la fièvre hectique d'autres étals fébriles qui se présentent dans les affèctioDS chirurgicales ou autres. Pourquoi Tencéphale est-il à l'abri de la contamination dans la lèvre hectique, c'est ce qu'il est difGcile d'expliquer. Il y a un état fébrile continu avec exacerbation et, dans les tissus, des modifications pathologiques qui donnent naissance à des produits qui paraissent renfermer tous les éléments nécessaires à l'altération toxique du sang et par smte à celle des cellules si délicates de la substance corticale ; il y a une diarrhée qui épuise ; des douleurs atroces comme celles de l'arthralgie; des sueurs colliquatives et des irritations de la peau, à tous rendre fou, et malgré cela jamais dlmminence de délire. Ce fait est si généralement reconnu que quand le délire appanit chez un malade hectique, on trouvera une cause accidentelle quelconque, pour l'expliquer, leDe qa*an érysipèle intercurrent, et quand cdoi-ci aura suivi sa marche normale, la fièvre hectique reprendra son cours interrompu. Cette manifestation du délire ne peut pas être expliquée par l'hypothèse que les productions tuberculeuses oo autres analogues ne sont pas irrititives, car, dans la méningite tuberculeuse, quand la substance corticale est directement intéressée, il y a souvent un délire violent et conclu d'un caractère qui indique quelque chose ie particulier dans la cause qui Ta fait naître et V^ l'on ne peut pas simplement mettre sur le compte d'une hypérémie locale. La durée de cette maladie permet rarement le développement de la fièTre hectique. On prétend que, dans
la fièvre hectique, il n'y a pas de materie$ morbi venu du dehors, qui pénètre dans le sang, et que les déchets de tissus sont éliminés par les émonctoires avec une telle régularité et rapidité qu'il ne peut y ayoir accumulation de matières infectieuses dans la circulation. C'est une interprétation ingénieuse, mais qui n*est pas absolument satisfaiaante. On peut certainement invoquer à l'appui de cette théorie, que les causes qui donnent naissance à la fièvre hectique ont une origine locale et ne dérivent pas d'une infection antérieure du sang; en outre, que d'autres états fébriles, comme les septicémies, reconnaissent une origine spéciale qui vient généralement du dehors, sous forme de germes organiques ou de poisons animaux.
C'est dans les cas que nous venons de signaler en dernier lieu que l'on rencontre du délire, et leur nombre est probablement plus grand que celui de tout autre genre de maladie, aussi bien médicale que chirurgicale. Dans les logements mal ventilés où il y a agglomération de familles, les hôpitaux vicieusement contruits, les habitations de toute sorte qui présentent de mauvaises dispositions par rapport à l'écoulement des eaux, aux égouts, ainsi qu'à leur emplacement (comme les camps) ; partout etifin où il y a agglomération d'habitants dans des conditions défavorables, qui quelquefois sont favorables en apparence, s'il survient une maladie ou un traumatisme, c( le simple bon sens fera de suite pronostiquer une issue funeste, car la vitalité des globules sanguins est touchée par la corruption du milieu » . Dans ces derniers temps, on a fait un grand pas dans l'élude de la prophylaxie de ces maladies. Ce serait un tort de croire qu'elles disparattront définitivement, car les conditions de leur production se renouvellent sans cesse ou se reproduisent sur place quand on croyait en avoir triomphé. La pyohémie, la phlébite, les formes bâtardes d'érysipèle, la gangrène^ la pmtule maligne, le phagédénisme, le charbon ; certaines de ces maladies, qui, par leur nature même engendrent certains poisons du sang et produisent des états fébriles analogues à ceux de la fièvre typhoïde ou du typhus, peuvent être rangées dans cette catégorie. Elles sont avec raison classées comme poisons du sang ou septicémies et quand elles se développent dans une certaine proportion, elles donnent, toutes sans exception, naissance au délire. Ce délire présente quelquefois un caractère actif, mais la plupart du temps il est passif. Quand il est actif, les méninges sont probablement le siège d'une inflammatioa locale qui