‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 126 sur 343 · PYOHÉMIE ET DES ÉTATS QUI S'EN RAPPROCHENT · texte numérisé non relu

PYOHÉMIE ET DES ÉTATS QUI S'EN RAPPROCHENT

PAR FRANCIS DELAFIELD

Professeur adjoint de pathologie et de médecine pratique au collège des médecins et des chirurgiens, service

médical du collège de Colombie, New- York (1).

PYOHÉMIE

Nomenclatare.

n 7 a déjà longtemps que Ton sait que les malades atteints de plaies, soit accidentelles, soit chirurgicales, peuvent présenter un état général plus ou moins grave. On a désigné cet eut sous différents noms : pyohémU^ septicémie^ 9epiie(hpyohémie, ichorrhémie ^ fièvre inflammaiatre, fièvre chirurgicale, fièvre traumaiiqitef fièvre ntpjpurative, infection purulente. Cependant ces termes ne sont pas employés toujours dans le même sens par les différents auteurs. Tout f abord on a eu de la tendance à réunir tous ces états en un seul. Depuis 1848 cependant, les termes pyohémie et septicémie s'appliquent à deux états différents. Aujourd'hui les opinions BODt divisées.

Billroth définit la septicémie « une maladie, généralement aiguë, due à la pénétration des diverses substances putrides dans le sang, et, •joute-t-il, on pense qu'elles agissent comme ferments et modifient la constitution du sang au point qu'il ne peut plus remplir son rôle ph^fsiologique. » La pyohémie est « une maladie que l'on croit produite par la pénétration

(1) Traduit par le D' Paul Rodet.

du pus ou de ses éléments constituants dans le sang. »

Hueter dit : « La fièvre septicémique est produite par la pénétration de produits putrides dans le sang. Use peut que ces produits putrides soient de différentes sortes et qu'en conséquence il y ait diverses variétés de septicémie. » Il définit la pyohémie de la façon suivante : c< La fièvre pyohémique se développe à la suite de l'introduction dans le sang des éléments constituants du pus, globules ou sérum. Le pus peut pénétrer directement dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques, ou bien il peut se former aux dépens d'un thrombus qui se détache par fragments, et est emporté dans le torrent circulatoire. » Il distingue la pyohémie simple de la pyohémie métastatique, il admet aussi une combinaison de septicémie et de pyohémie qu'il appelle septico-pyohémie.

Burdon Sanderson dit : a J'entends par septicémie un trouble général d'une durée limitée, produit par la pénétration dans le sang d'une certaine quantité de matière septique. Aussi doit-on la regarder non pas tant comme une maladie que comme une complication, différant de la pyohémie, non seulement parce qu'elle n'est pas nécessairement en rapport avec un I processus local, mais aussi par ce fait impor-

FRANCIS DELAFIELD. — PYOIIÉMIE.

tant qu'elle ne présente pas une marche déterminée. La pyohémie est un processus malin qui poursuit son chemin vers une terminaison fatale ; tandis que dans le cas de septicémie, tant que le poison générateur ne tend pas à se répandre dans Torganisme, il n*y a pas de raisons pour que le processus morbide ne marche pas vers la résolution, à moins quMl ne soit fatal d'emblée, ou qu'il n'y ait une infection secondaire provenant de la même source ou d'une autre origine. »

M. Savary, dans la discussion sur la pyohémie, qui eut lieu à la Société clinique de Londres, en i 874, réunit la septicémie et la pyohémie et les considère comme des degrés différents provenant du même poison.

Le Collège Royal des médecins de Londres définit la pyohémie c une affection fébrile qui aboutit à la formation d'abcès dans les viscères ou dans d'autres parties du corps. »

L'usage adopté aujourd'hui, c'est d'appliquer le terme pyohémie à ces cas où l'on observe des infarctus, des abcès et des inflammations locales; tandis que le terme septicémie sert plutôt à désigner les cas où l'on se trouve en présence des mêmes symptômes, mais où il n'y a pas de lésions.

Mais, comme le dit Kach, les mots pyohémie el septicémie, n'ont plus leur signification première. Car la pyohémie ne se développe pas, comme on le croyait autrefois, par la pénétration du pus dans les vaisseaux sanguins, de même que la septicémie ne consiste pas en une putréfaction du sang. On les a conservés comme des termes généraux qui désignent un certain nombre de symptômes appartenant probablement à diverses maladies. Dans ce chapitre, le mot pyohémie s'appliquera à toute la série des cas.

Nature de la pyohémie.

Trois théories sont en présence :

i° Le pus est résorbé, circule dans le sang et agit comme un poison.

2° Un poison chimique se développe aux dépens du pus et des autres matières des plaies, cl empoisonne l'économie.

3® Les micro- organismes, introduits ou développés dans la plaie, trouvent dans le sang et les tissus un milieu favorable et s'y multiplient.

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