SYMPTOMES ET LÉSIONS DE LA PYOHÉMIE
combiaer dans un même cas. Tous les chirurgiens connaissent les symptômes. Au boul de quelques jours, parfois mais jamais au delà de deux ou trois semaines a^ës que le malade a subi le traumatisme, il se développe un mouvement fébrile, des . sueurs, des frissons, une grande prostration, une émacialion rapide, des Yomissements, de la diarrhée, du délire et de l'ictère. La langue devient sèche et noire, le pouls s'accélère et s'affaiblit et le malade meurt épuisé. (L'irrégularité et l'absence de périodicité des frissons, et les grandes variations de la température qui oscille de 6^ à 7* peuvent être considérées comme des éléments sérieux de diagnostic.)
L'examen nécroscopique de ces malades donne des résultats très variables :
i* 11 y a des cas où l'on ne trouve pas de lésions.
2* n y a des cas caractérisés par une décomposition très prompte, les poumons, l'estomac, les intestins et les reins sont congestionnés ; le sang est extra vase dans les séreuses ; les follicolea isolés et agminés de l'intestin grêle sont gonflés, ainsi que la rate ; les cellules du foie et des reins sont atteintes par la dégénèresoeuce.
3* U y a des cas où l'on trouve des inflammatîoos localisées. Les parties le plus souvent enflammées sont les articulations, le tissu cellulaire qui les environne, les plèvres, le péricarde, le péritoine, la pie-mère et le tissu cellulaire de tout le corps. Ces inflammations locafisées sont de nature purulente excepté dans les séreuses où les produits inflammatoires peuvent être fibrineux.
4* U y a des cas où les veines au voisinage de la plaie renferment des thrombus ramollis et puriformes ; U n'y a pas d'infarctus dans les viscères, mais quelquefois des inflammations localisées des jointures et des séreuses.
5* Dans d'autres cas les veines contiennent des thrombus; il y a des infarctus et des abcès viscéraux; les inflammations des articulations et des séreuses peuvent se rencontrer en même I temps ou Cure défaut Les thrombus se forment dans les veines qui avoisinent la plaie, on en InMive cependant quelquefois dans les veines qui sont éloignées, d'autres fois, bien qu'il y ait des infarctus et des ' abcès, on ne peut trouver I des thrombus. Les veines peuvent être distendues par les thrombus ou seulement ne contenir ^quelques caillots. Les thrombus ont l'aspect de la fibrine qui a été coagulée depuis Vidqae temps» ils sont d'une texture grossière,
granuleuse, blanchâtre, rougeâtre ou Iruitée ; quand ils ont une couleur rougeftlre, ils peuvent être en partie ramollis et d'une consistance liquide gluante ; ou bien ils peuvent être ramollis, jaunâtres, puriformes, mélangés de micrococcus, ou bien ils se putréfient et il s'y forme des bactéries et des gaz. Weigert a décrit de petits thrombus, adhérents aux parois veineuses où l'on ne trouve que des bactéries. 11 y a d'habitude des modifications inflammatoires dans les parois des veines qui renferment le thrombus surtout si celui-ci se ramollit.
Des portions de thrombus ramolli peuvent se détacher, être entraînées dans le torrent circulatoire et enfin aller se loger dans le territoire d'une artère ou dans les capillaires. Elles peuvent alors agir mécaniquement en empêchant la circulation du sang ou bien se comporter commodes agents irritants en faisant naître une zone inflammatoire autour d'eux. C'est de ces thrombus puriformes et bactéritiques que dérivent les embolus infectieux, Vembolus mécanique produit ce que l'on appelle les infarctus surtout dans les poumons, la rate et les reins. Ces infarctus sont petits, cunéiformes, situés ordinairement à la surface du viscère et présentent une large base. Ils sont d'une couleur rouge sombre ou décolorés au centre, ou blancs ou ramollis. Les infarctus rouges sont produits par la congestion des vaisseaux sanguins et l'infiltration du sang dans les tissus.
L'infiltration et la congestion sont le fait de la réplétion veineuse et d'une modification dans les parois des vaisseaux (Cohnheim) ou bien d'un apport sanguin effectué par les vaisseaux collatéraux et qui ne se retrouve pas repris par les veines (Litten). Les infarctus blancs sont des portions de tissus qui subissent lentement des modifications nécrobiotiques à la suite delà suppression de leur apport sanguin (Litten).
Les embolu$ infectieux produisent des abcès de différentes dimensions. On les rencontre principalement dans les poumons et le foie, mais on peut aussi les trouver dans le cerveau, le cœur et les autres viscères. Leur forme est irrégulière, globulaire et ils peuvent siéger dans toutes les parties d'un viscère.
Les portions de thrombus qui se détachent doivent naturellement passer dans le cœur droit et de là dans les poumons. On s'est toujours demandé comment ces fragments de thrombus pouvaient se frayer un chemin dans le système aortique, surtout dans ces cas où l'on ne trouve pas d'infarctus ou d'abcès dans les poumons.
FBANGIS DELAFIELD. - PYOIIÉMIE.
L'explication ordinaire c'est que des portions de thrombus sont assez petites pour passer à tra* vers les vaisseaux pulmonaires et arriver ainsi dans le cœur gauche ; et que, dans d'autres cas, il se forme des thrombus secondaires dansles poumon^d'où se détachent des fragments qui passent dans le cœur gauche, n est également possible que de petites agglomérations de bactéries traversent les poumons et arrivent dans le cœur gauche.
11 est de règle, de trouver des abcès dans les différentes parties du corps, quand on ne rencontre pas de thrombus dans les veines £t que, dans les cas où l'on constate des thrombus veineux, on ne trouve des infarctus que dans les poumons. Généralement des bactéries et des micrococcus existent dans les plaies, les thrombus puriformes et les abcès. Pendant la vie, le sang parait tantôt en contenir, tantôt ne pas en renfermer.
Traitemant de la pyohémia.
11 semble que l'on doive se borner à un traitement simplement préventif. Tout traitement est inutile quand les symptômes sont tout d'un coup très développés. A la vérité la guérison peut arriver, mais elle parait bien plutôt résulter de la puissance de résistance du malade que de toute espèce de traitement.
(D'après l'éditeur, celte opinion fataliste n'est pas justifiée. Bien que des cas aigus depyohémie se terminent par la mort malgré tout traitement, bien que la puissance de résistance du malade soit certainement d'une importance capitale au point de vue de la guérison, cependant, dans les subaigiis et chroniques on doit tenter quelque chose pour empêcher l'issue d'être fatale. On doit autant que possible améliorer les conditions hygiéniques du patient, porter toute son attention du côté de l'alimentation. On aura recours aux stimulants — on donnera toutes les heures 16 à 30 grammes d^eau-de-vie ou de vin — on se trouvera également bien d'administrer l'ammoniaque et l'essence de térébenthine. Mais le remède le plus actif est la quinine que l'on donnera à larges doses — de 0,05 à 0,25 toutes les heures — et que ^ Ton associera à de petites quantités de digitale et d'opium.)
C'est une des conquêtes de la chirurgie moderne, de prévenir en grande partie ces formes de pyohémie et de diminuer la mortalité après les traumatismes et les opérations. Les succès obtenus tiennent à deux causes : 1<* Les améliorations rapides que l'on a introduites dans la
manière d'opérer, de soigner les malades et dans l'hygiène des hôpitaux; 2<> l'emploi local de l'acide phénique.
La première caua% a été un grand progrès qui est dû aux efforts de la plupart des chimgiens. Sir JaiAes Paget estime que, pendant sa pratique chirurgicale de 30 ans, la mortalité après les opérations chirurgicales a baissé de 15 pour 100 à moins de 5 pour iOO simplement par celte cause.
L'usage de l'acide phénique en application locale revient tout entier à M. Lister, qui adopta cette méthode de pansement comme le résultat d'une théorie sur la palhogénie de la pyobémîe, basée sur trois hypothèses : 1<^ Le processus inflammatoire local et les troubles fébriles généraux consécutifs aux traumatismes sont dos àli putréfaction des liquides sécrétés par les plaies. 2<» Cette putréfaction est produite par le déf^ loppement de micro- organismes. 3® Ceux-ci a^ rivent sur la plaie par l'intermédiaire de Tair. Aussi le but du traitement c'est de détruire les organismes déjà existant dans la plaie et d'empêcher les germes contenus dans l'air de pénétrer dans la plaie pendant ou après une opération. Pour arriver à ce but, H. Lister a imaginé un système de pansement basé sur l'emploi de l'acide phénique. Ce système, ainsi que le décrit M. Mac Cormac, quand il est employé dans (oa ses détails, se pratique de la façon suivante :
Qaand on va faire une opération, les partiea fouines doivent être rasées, puis lavées avec une solntifli d'acide phénique à S pour 100. Les divers temps ds Topération sont exécutés dans une atmosphère phérnquée produite par de la vapeur mêlée d'one solotÎQa phéniqnée à 5 pour 100. Len éponges, les mansdi chirurgien et celles des aides sont nettoyées dans me solution à 5 pour 100 avant et pendant ropération.Lii instruments sont conservés plongés dans nne sohitki phéniquée à 3 pour 100 que l'on peut aussi employa pour laver la plaie et les éponges. Tous les points saignants doivent être recherchés avec soin ot l'Itèmorrhagie arrêtée, soit par la torsion, le catgut oa h soie phéniquée et les fils de ligature seront coupes court.
Les sutures doivent être profondes et superficielles, les premières faites avec un fil métallique, les seooodes avec du^catgut. Toutes les surfaces de Ii ptM doivent être amenées en contact. On introduira des tubes à drainage afin de donner issue au sémm. Ds seront enlevés dès qu'ils no serviront plus à rien. Ajtfèi avoir placé un nombre suffisant de tubes, on en cot- i pera l'extrémité au niveau de la surface cutanée etea / appliquera sur la plaie une couche de protectîfe.ie- / dessus de celle-ci on place plusieurs couchei defua r phéniquée, imbibées dans une lOhitiOB à 3,1 F- ^ r
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