‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 134 sur 343 · I. LA FIÈVRE TRALMATIQUE OU FIÈVRE PRIMITIVE DES BLESSÉS · texte numérisé non relu

I. LA FIÈVRE TRALMATIQUE OU FIÈVRE PRIMITIVE DES BLESSÉS

La fièvre iraumatique, ou mieux fièvre primitive des blessés, est la fièvre qui se développe dans les premières heures ou les premiers jours de la blessure, quelle qu'en soit l'origine traumalique ou opératoire.

Longtemps considérée comme une réaction nécessaire, les progrès de la science permettent aujourd'hui de la classer au nombre des accidents, il est vrai, bénins, que le chirurgien peut modérer et même supprimer.

Mais avant de discuter sur la nature de la fièvre traumntique, je crois utile d'en tracer un tableau clinique et d'en fixer la marche et les formes diverses.

La fièvre traumatique a une symptomatologie banale; elle débute rarement par un fHsson et atteint son maximum thermique du premier au quatrième ou cinquième jour. Ce maximum (Voy. Tracé n° I), ordinairement de 33», rar rement de 40<>, peut n'être que de 38«,5 ; il se maintient entre un et trois jours, quelquefois davantage ; puis il est suivi d'une décroissance graduelle, avec oscillations vespérales de peu d'étendue, quelquefois accompagnées d'une éruption d'herpès labial, de sueurs ou de diarrhée. Les symptômes généraux n'ont rien de caractéristique; perte d'appétit, constipation, céphalalgie, quelquefois subdelirium, abattement plus ou moins prononcé.

Le pouls est plein et rapide, mais il est grandement influencé par l'abondance de l'hémorrhagie résultant de la blessure.

Quant à des signes locaux du côté de la blessure elle-même, ce sont soit ceux de Tinflammation, soit ceux de la putridité.

Toute plaie, plus ou moins enflammée, s'accompagne forcément de fièvre, de même toute plaie récente, à la surface de laquelle existent des produits fétides, à quelque degré que ce soit. On peut donc, d'après l'aspect d'une plaie ou d'après l'odeur des sécrétions qui baignent une plaie récente, prédire l'existence de la fièvre; mais on peut encore mieux se baser sur l'existence de la fièvre pour soupçonner dans une plaie, soit un processus inflammatoire, soit un foyer putride. Les progrès réçdis^s ep çlûrur-

gie permettent, en effet, d'affirmer aujourdlnî que la fièvre traumatique est toujours une complication qui ne doit pas survenir, et qui n'ot pas plus nécessaire que Finflammation oa k putridité elles-mêmes.

Formes.

L'étude clinique permet de reconnaître trob types à la fièvre primitive des blessés, suifont son étiologie :

i'' Fièvre suscitée par une maladie inteicO' rente ou par un rappel de diathèse ;

2° Fièvre inflammatoire suscitée par rinflanmation de l'organe blessé ou d un organe voism;

3<> Fièvre traumatique proprement dite m» citée par l'absorption de la matière septiqu résultant du sphacèle moléculaire, et de la putréfaction commençant à la surface d'une pliie récente. •

1« Un homme autrefois atteint de fièvre intermitttente ou de rhumatisme articulaire fut une chute et se casse la Jambe ; un ou plusieurs jours après sa blessure, il est pris d'accès de fièvre franchement intermittents m bien il a un frisson, de la fièvre, du gonflement arec rougeur d'une ou de plusieurs articnlft* tiens, bref une attaque de rhumatisme articn* laire aigu ; voilà un type de fièvre par rappel de diathèse.

Un amputé est pris de pneumonie franche; voilà un exemple de fièvre suscitée par une msladie intercurrente.

I)nTi<; l'un et l'autre cas, la blessure a réveillé un étal pathologique endormi, ou bien l'eit conii«4iquée, à une période quelconque de son évolution, d'une affection aiguë ; mais la fièT» est en réalité indépendante du traumatisme luimême. Le principe morbide, causant direct6 ment la fièvre, ne provient pas de la lésion accidentelle et chirurgicale. C'est la diathèse endormie qui se réveille ou c'est une maladie nouvelle entée sur la blessure, à n*in)(K>rte quel âge de cette dernière.

2» Un homme bien portant fait une chute et se casse la jambe, fracture simple du reste; irrité par le transport ou des manœuvres malAdroites, le foyer de la fracture s'enflamme, le blessé a de la fièvre; c'est le type le plus purée

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